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« 28 Septembre – Adresse à la nation : Redevenons de bons Guinéens »

Guinéennes et guinéens,

Mes très cher(e)s compatriotes,

Le fil conducteur d’une nation, ce qui maintien une nation en vie, c’est son histoire. Une nation qui perd le fil conducteur de son histoire, une nation qui n’est plus consciente de sa propre histoire, voilà une nation perdue et vulnérable. Parce que c’est sur la force de son histoire que l’on peut bâtir un meilleur avenir, alors l’histoire de notre nation, la nation guinéenne, il faut en être conscient, ne jamais l’oublier ni la négliger.

Mesdames et messieurs,

L’histoire de notre nation n’est pas l’histoire de n’importe quelle nation. L’histoire de la nation guinéenne est l’histoire d’une nation précurseur, d’une nation digne et d’une nation libre. Cela, il faut en tout temps, quelques soient les péripéties, en être conscient. C’est ce que nous sommes véritablement. Rien et nul ne peut changer cela.

En ce 28 Septembre 2014, nous voilà 56 années après le NON historique qui forgea la destinée de notre nation. En votant NON au référendum d’autodétermination du 28 Septembre 1958, non seulement notre nation s’est élevée au-dessus d’un monde déshumanisé pour envoyer un « message de portée universelle » à tous les peuples du monde qui aspiraient à la liberté et à la dignité, mais de plus, le 28 Septembre 1958 naissait véritablement le « Rêve Guinéen ».

Le « Rêve Guinéen » est ce pacte originel scellé en 1958 par les divers peuples qui composent notre nation. Le « Rêve Guinéen » traduit l’Audace, le Courage, l’Humanité, la Dignité et l’Unité avec laquelle les peuples de la Guinée ont fait le choix, non seulement de reprendre leur destin en main, mais de plus, de proclamer haut et fort au monde entier leur souscription au principe universelle des droits de l’homme qui dit que « les Hommes de toutes les races et de tous les continents naissent libres et égaux en droits et devoirs ».

Ce « Rêve Guinéen » fut un immense espoir pour l’ensemble des peuples colonisés et opprimés en Afrique et dans le monde. Le « Rêve Guinéen » fut ci-flamboyant qu’il délivrera seulement deux années plus tard, notamment en 1960, l’ensemble des peuples de l’Afrique de l’Ouest du statut dégradant et humiliant de « colonisé ». La Guinée sera le quartier général de toutes les luttes de libération en Afrique et au-delà. Le « Rêve Guinéen » fut donc, incontestablement, une extraordinaire force libératrice pour son époque. Voilà ce que nous sommes, une nation précurseur, audacieuse, courageuse, humaine, digne, libre et universelle. Cela, il faut en tout temps, quelques soient les péripéties, en être conscient, en être fiers et ne jamais l’oublier ni le négliger.

Guinéennes et guinéens,

Mes très cher(e)s compatriotes,

Nous voilà donc 56 années après le NON historique du 28 Septembre 1958. Au cours de ces 56 années, comme tout peuple qui décide de reprendre en main son destin, nous avons subi les rudes épreuves de l’exercice d’auto-gouvernance et nous avons commis des erreurs, beaucoup d’erreurs. Au fil des années, toutes les vertus historiques de notre nation ont cédé la place à la corruption, l’égoïsme, la cupidité, la loi du plus fort, l’ethnocentrisme et la haine de l’autre. Aujourd’hui, nos infrastructures publiques les plus élémentaires, à savoir l’école de la république, la santé publique, l’eau potable et l’électricité, le transport public, sont tous défaillants. De plus, non seulement près de 85% de nos populations rencontrent des difficultés à se nourrir au jour le jour, mais de plus, il n’existe plus aucune perspective pour la jeunesse guinéenne qui croule sous le poids de la précarité, du chômage, et des trafics de stupéfiants. Au cours de ces 56 années, la pauvreté s’est profondément installée au sein de notre nation et nos populations en souffrent énormément. Au moment même où je m’adresse à vous, notre nation est frappée de plein fouet par la pire épidémie de toute son histoire. Depuis le début de l’année 2014, une fièvre hémorragique provoquée par le virus Ébola amoche dangereusement nos populations. À ce jour, selon le dernier bilan de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’épidémie d’Ébola a provoquée plus de 648 morts en Guinée et ce n’est certainement pas encore un bilan définitif. Les conséquences sociales et économiques de cette épidémie s’annoncent encore beaucoup plus désastreuses que le bilan humain. Aujourd’hui, la Guinée est un pays mis en quarantaine par ses voisins, par les investisseurs, et par la communauté internationale.

Guinéennes et guinéens,

Mes très cher(e)s compatriotes,

Il vaut mieux le dire maintenant, depuis le NON historique du 28 Septembre 1958, notre nation n’est jamais descendu aussi bas et elle n’a jamais été autant mal qu’aujourd’hui.

Quelque part, nous sommes amenés à penser que cette souffrance profonde que traverse notre nation n’est autre que le prix à payer pour toute nation qui décide d’être maître de son destin. Certes, il y a une part de vérité en cela. Il est aussi vrai que commettre des erreurs est inhérent à la nature humaine. Cependant, commettre une erreur et continuer à reproduire la même erreur, encore et encore durant 56 années, cela est de l’ordre d’une faillite totale de perspectives et de vision pour l’avenir de notre nation. Après 56 années d’expérience d’autogouvernance, il ne faut chercher nulle part ailleurs les véritables raisons de la souffrance profonde de notre nation si ce n’est dans les mauvais choix institutionnels, politiques et économiques que nous avons faits depuis le 28 Septembre 1958.

Et comme toujours, en pareilles circonstances, lorsque ça va mal, lorsque la souffrance est à son comble, des esprits malins cherchent toujours à opposer les uns aux autres pour tirer profit de la division de notre nation. Oui, alors que notre nation est au plus mal, il y a des individus dont le cœur est trop étroit pour supporter de voire toutes nos formidables ethnies vivre en harmonie et surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés. Il y a des individus pour lesquels la haine de l’autre est plus forte que l’amour de notre nation. Aujourd’hui, ce sont ceux-là le frein au progrès de notre pays et la principale menace à notre nation. Ils sont présent dans toutes les formations politiques et au plus haut sommet de l’État. Ils dictent et décrètent des lois injustes contre le peuple. Ils gouvernent sans rendre compte au peuple. Et ils sont prêts à déchirer notre formidable nation pour tout simplement satisfaire leurs intérêts personnels.

Ils sont prêt à déchirer notre nation, mais c’est parce qu’ils sous-estiment le pacte originel qui lie nos peuples. Ils ont oublié que nous avons enduré ensemble 56 années dans le meilleur comme dans le pire; ce n’est donc pas aujourd’hui, et ce n’est certainement pas pour quelques individus cupides, que nous allons rompre le formidable pacte qui nous lie. Il est absolument faux, il n’y a pas de bons guinéens et de mauvais guinéens. Il y a tout simplement des Guinéens qui n’arrivent pas à se comprendre sous l’épreuve d’une terrible souffrance exploitée par des individus corrompus, haineux, égoïstes, cupides et très étroits d’esprit.

Guinéennes et guinéens,

Mes très cher(e)s compatriotes,

56 années après le NON historique du 28 Septembre 1958, il n’y a aucun doute, notre nation rencontre effectivement un sérieux problème. Alors, la question qui se pose à toute la nation aujourd’hui est de savoir, en pareilles situations, que faire? Comment faire, en cette période de rudes épreuves, pour que la « force de l’amour » triomphe de la « haine de l’autre » en Guinée?

En effet, mesdames et messieurs, lorsqu’une nation se voit paralysée, lorsqu’elle peine à aller de l’avant, lorsqu’elle est au plus bas et perd tous ses repères, en ce moment la meilleure chose à faire est de revenir à ses fondamentaux. Les fondamentaux de notre nation c’est le pacte originel scellé le 28 Septembre 1958 par les différents peuples qui composent notre nation. Les défis socioéconomiques et politiques auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui exigent de notre nation quelle donne le meilleur d’elle-même. Comme le peuple du 28 Septembre 1958 a réussi à le faire, il revient donc aujourd’hui à notre Génération de trouver l’Audace, le Courage et la Force, non seulement d’effacer nos divergences politiques et ethniques, mais aussi, de redonner un nouveau sens au « Rêve Guinéen ».

Redonner un nouveau sens au « Rêve Guinéen » revient aujourd’hui pour notre Génération, au-delà de nos appartenances politiques et ethniques, à nous défaire des lois asservissantes et dictatoriales qui divisent notre nation, qui entraînent la paupérisation de nos populations dans la pauvreté, et qui freinent considérablement le progrès socioéconomique et démocratique de notre pays; Redonner un nouveau sens au « Rêve Guinéen » consiste pour notre Génération à poser l’acte de rédemption de notre nation.

Le « Rêve Guinéen » est née suite au référendum du 28 Septembre 1958; l’acte de rédemption de notre nation consistera donc en l’organisation d’une grande CONSULTATION NATIONALE à l’issue de laquelle se tiendra un RÉFÉRENDUM populaire sur une Constitution qui, non seulement consacrera la DIVERSITÉ ETHNIQUE comme la principale richesse de notre nation, mais aussi, qui garantira la fondation sur nos terres de Guinée d’une NOUVELLE RÉPUBLIQUE Plurielle, Inclusive, Moderne, Juste, Équitable, Sans abus de pouvoir, et à la hauteur des défis socioéconomiques qui s’imposent à notre nation. Cet acte de rédemption, c’est-à-dire la grande consultation nationale suivie du referendum populaire, sera l’occasion unique pour notre nation, après 56 années d’errance, de réfléchir enfin ensemble, non plus sur la manière de nous diviser comme ne cessent de le faire les politiciens à travers des élections, mais plutôt, sur la manière de vivre harmonieusement ensemble.

Guinéennes et guinéens,

Mes très cher(e)s compatriotes,

Aujourd’hui plus que jamais, j’invite chacun de vous à refuser la division politique et ethnique, à rejeter la haine de l’autre, et à cultiver l’amour du prochain dans vos foyers et au-delà. Quelques soient les défis auxquels nous sommes confrontés, je vous invite à être courageux, audacieux, ambitieux et Digne, c’est ce que vous êtes réellement : des Guinéens! Je vous appel à un renouveau et à redonner un nouveau sens au « Rêve Guinéen ». Je vous invite à poser l’acte de rédemption de notre nation en appelant à la tenue de cette Consultation nationale à l’issue de laquelle se tiendra un référendum populaire pour une Nouvelle République Plurielle au sein de laquelle la principale richesse de notre nation sera notre formidable diversité ethnique et culturelle. Ce n’est pas à l’impossible que je vous appelle. Le peuple du 28 Septembre 1958 a réussi à le faire, il n’y a pas de raisons qu’on ne puisse pas à nouveau réussir cette œuvre.

Vive le Peuple du 28 Septembre 1958!

Vive le Rêve Guinéen!

Vive la Guinée!

Je vous remercie de votre aimable attention.

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG

Tag(s) : #Société-Guinée