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Radio-Canada / Dette grecque : Athènes et ses partenaires européens concluent un accord

À Bruxelles, la Grèce et les ministres des Finances de la zone euro ont conclu un accord pour prolonger de quatre mois le plan d'aide international dont bénéficie le gouvernement grec depuis 2012.

Le représentant des 19 pays de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, estime que cet accord est un pas dans la bonne direction pour rétablir la relation de confiance entre la Grèce et la zone euro.

« Nous nous engageons à offrir tout notre soutien à la Grèce [...] en autant qu'elle honore ses promesses. » — Extrait du communiqué de Jeroen Dijsselbloem

Pour sa part, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a estimé que l'issue des négociations était la preuve que des élections pouvaient changer la donne en Europe. Il a ajouté qu'il avait évité « des mesures récessionnistes ». « Il y a certains partenaires qui continuent de nous regarder avec suspicion. C'est pour nous un défi », a conclu M. Varoufakis.

D'inévitables réformes

En vertu de cet accord, le gouvernement grec devra soumettre dès lundi une liste de réformes à la Banque centrale européenne, au Fonds monétaire international et à la Commission européenne.

Si cette troïka l'accepte, les ministres des Finances de la zone euro amorceront ensuite des discussions aussi tôt que mardi. Pour que l'accord entre en vigueur, la Grèce devra ensuite obtenir le feu vert de ses partenaires européens et de leur parlement respectif.

En plus de procurer à la Grèce une aide financière prolongée qui l'empêchera de tomber en défaut de paiement, l'accord permettra au pays de toucher la dernière tranche de 7 milliards d'euros qui doit encore lui être versée.

Que l'accord soit entériné ou pas, la Grèce demeurera aux prises avec de sérieux ennuis d'ordre économique et financier pour encore un moment. L'économie du pays a rétréci du quart de sa valeur dans les cinq dernières années et le taux de chômage est de plus de 25 %.

Le temps pressait

Les 19 pays membres de l'Eurogroupe étaient sous pression pour trouver un terrain d'entente. Car à défaut d'une entente, la Grèce risquait de se retrouver à court d'argent - dès la fin de mars, selon des experts. Cela aurait pu entraîner son retrait de la zone euro et plonger l'économie du Vieux Continent dans une période d'incertitude.

Le nouveau gouvernement grec, dirigé par le premier ministre Alexis Tsipras, affirme depuis des semaines qu'il veut en finir avec les mesures d'austérité. Mais ses partenaires, l'Allemagne en tête, exigaient qu'Athènes continue d'assainir ses finances publiques et de mener les réformes structurelles auxquelles elle a consenti en échange de prêts de 240 milliards d'euros.

L'Allemagne, premier créancier de la Grèce avec 50 milliards d'euros, jouait gros dans ce dossier, puisqu'une éventuelle sortie du pays de la zone euro aurait pu avoir un impact non négligeable sur ses finances.

Vendredi, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a souligné qu'Athènes ne recevrait plus d'aide financière tant que le plan d'aide ne serait pas mené à terme. « Les Grecs auront sans doute du mal à expliquer l'accord à leurs électeurs », a-t-il ajouté.

De lents progrès

Jeudi, Athènes avait fait un pas important en se disant prête à accepter la « supervision » de la troïka - l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international. Elle s'était de plus engagée à s'abstenir de « toute action unilatérale » qui saperait ses objectifs budgétaires.

Le gouvernement grec, issu de la gauche radicale, a d'ailleurs reporté le vote au Parlement de sa première loi sociale, originalement prévu pour vendredi.

Il réclamait en échange une certaine « flexibilité » permettant de revenir sur les mesures d'austérité les plus douloureuses.

« La Grèce a fait tout ce qui était possible pour que nous parvenions à une solution mutuellement bénéfique, fondée sur le principe d'un double respect : respect du principe des règles de l'UE comme des résultats électoraux des États membres », avait affirmé M. Tsipras dans un déclaration écrite faite à Reuters en prévision de la rencontre.

M. Tsipras soutenait que l'Europe était confrontée à une « décision politique historique ».

Pas de sortie de la Grèce de la zone euro

Selon le magazine allemand Der Spiegel, la Banque centrale européenne prépare des plans d'urgence en cas de sortie de la Grèce de la zone euro. Au terme d'un déjeuner de travail avec Angela Merkel tenu à l'Élysée avant la rencontre de Bruxelles, le président Hollande avait cependant dit qu'il n'était pas au courant d'un tel scénario.

« La Grèce est dans la zone euro, la Grèce doit rester dans la zone euro et la position de la France est que tout soit fait pour que, du côté grec et du côté européen, il puisse y avoir une plus forte cohésion encore de la zone euro. » — François Hollande, président de la France

Les Grecs se préparaient également au pire. Selon un banquier interrogé par l'agence Reuters, ils ont retiré environ 1 milliard d'euros des banques, de crainte que leur gouvernement n'impose un contrôle des changes.

Les négociations sur la dette grecque sont aussi suivies de près aux États-Unis, où le secrétaire au Trésor, Jack Lew, a appelé au compromis, de crainte qu'une rupture du dialogue ne vienne plomber l'économie mondiale.

Source: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2015/02/20/001-grece-financement-eurogroupe.shtml

Tag(s) : #Europe