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LaPresse.ca - Attaque terroriste à Tunis: 22 morts, dont 20 touristes

Vingt-deux personnes dont 20 touristes ont été tuées lors de l'attaque du musée du Bardo mercredi à Tunis, a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mohamed Ali Aroui.

«Il y a 22 morts, dont 20 touristes sud-africains, français, polonais et italiens», a indiqué le porte-parole sans préciser le nombre de morts par nationalités. Selon lui, 42 personnes ont été blessées.

Cette «attaque terroriste», selon le ministère de l'Intérieur, touche le pays pionnier du Printemps arabe qui, contrairement aux autres États ayant vécu des mouvements de contestation en 2011, a jusqu'ici échappé au chaos et à la répression.

«L'opération est terminée», a annoncé le porte-parole du ministère, Mohamed Ali Aroui, vers 15 H 00 GMT (11 h 00 heure de Montréal), soit environ quatre heures après le début de la crise.

«17 touristes de nationalités polonaise, italienne, allemande et espagnole ont été tués», a déclaré le premier ministre Habib Essid. Un policier et un civil tunisiens sont également morts, de même que deux assaillants.

«Il y a une possibilité, mais pas de certitude, (que les deux assaillants tués) pourraient avoir été appuyés par deux ou trois éléments et nous menons de vastes opérations de recherches pour identifier ces deux ou trois terroristes», a-t-il ajouté.

Le ministre de la Santé Saïd Aïdi a fait état de 38 blessés, dont des ressortissants de France, d'Afrique du Sud, de Pologne, d'Italie et du Japon dans l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

«Désastre»

De son côté le chef de l'État Béji Caïd Essebsi a assuré que les autorités faisaient tout pour éviter qu'un tel «désastre» se reproduise.

«Les autorités ont pris toutes les mesures pour que de telles choses n'arrivent plus», a-t-il dit à l'AFP après avoir rendu visite aux blessés à l'hôpital Charles-Nicolle de Tunis. «J'espère qu'avec les moyens dont nous disposerons nous deviendrons plus performants».

Les assaillants, vêtus d'uniformes militaires, ont ouvert le feu sur les touristes alors que ces derniers descendaient de leurs bus puis ils les ont pourchassés à l'intérieur du musée, situé à proximité du Parlement, a relaté le premier ministre.

Une employée du musée, visiblement paniquée, a témoigné avoir entendu des «tirs intensifs aux alentours de midi. «Mes collègues ont crié: 'Fuis, fuis, il y a des tirs'«, a raconté à l'AFP Dhouha Belhaj Alaya. «Nous nous sommes échappés par la porte de derrière avec des collègues et des touristes».

«Panique énorme» au Parlement

Dans le Parlement, mitoyen du musée, la «panique» était «énorme» lorsque les coups de feu ont retenti, a relaté la députée Sayida Ounissi sur Twitter. La fusillade est intervenue «en pleine audition des forces armées sur la loi antiterroriste», en présence du «ministre de la Justice, de juges et de plusieurs cadres de l'armée». Les travaux ont ensuite été suspendus.

Rome a indiqué que deux Italiens avaient été blessés et une centaine mis en sécurité par les forces de l'ordre. Certains touristes voyageaient avec le croisiériste Costa, dont un bateau faisait escale dans le port de Tunis.

La France a fait état de quatre ressortissants blessés. La Pologne pour sa part cherchait à confirmer que quatre Polonais étaient parmi les morts.

«Le terrorisme touche aujourd'hui - et ce n'est pas un hasard - un pays qui représente l'espoir dans le monde arabe. L'espoir de paix, l'espoir de stabilité, l'espoir de démocratie. Cet espoir doit vivre», a déclaré le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

Son homologue américain John Kerry a condamné «avec la plus grande fermeté» l'attaque «terroriste».

Pour Mohsen Marzouk, le conseiller politique du président tunisien, l'attaque «vise notre économie» en allusion à l'importance du secteur du tourisme. «Mais il ne faut pas que nous laissions ce coup nous affecter. Et je suis sûr que le monde gardera sa confiance en nous».

Mouvance djihadiste

Depuis la révolution de janvier 2011 qui a chassé du pouvoir le président Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie a vu émerger une mouvance jihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et militaires, selon les autorités.

Liée au réseau Al-Qaïda, la Phalange Okba Ibn Nafaâ est considérée comme le principal groupe jihadiste de Tunisie actif à la frontière avec l'Algérie.

De 2000 à 3000 Tunisiens combattraient par ailleurs dans les rangs des djihadistes en Syrie, en Irak et en Libye. Cinq cents autres djihadistes tunisiens sont pour leur part rentrés au pays, selon la police, et sont considérés comme une des plus grandes menaces pour la sécurité.

Des Tunisiens combattant avec le groupe État islamique (EI) ont par ailleurs menacé leur patrie ces derniers mois. Selon l'EI, un Tunisien a participé à l'assaut contre un hôtel dans la capitale libyenne en janvier (9 morts), et un autre a mené un attentat suicide à Benghazi (est libyen).

«Tout à coup, des coups de feu, et une statuette est tombée»: sous le choc, des témoins de l'attaque de mercredi contre le musée du Bardo, à Tunis, racontent leur terreur.

«Nous étions environ 50 personnes (dans l'une des salles du musée), parmi nous des enfants», a dit à l'AFP une touriste française d'une cinquantaine d'années qui a préféré rester anonyme.

«Tout à coup, nous avons entendu des coups de feu, et une statuette est tombée. Tout le monde a crié: "Des tirs! Des tirs!" et nous nous sommes cachés dans un pavillon, puis l'armée nous a évacués», a-t-elle ajouté alors qu'elle s'apprêtait à quitter le musée dans un véhicule de son agence de voyages.

Une autre touriste française, Fabienne, a raconté à la chaîne française BFM TV, pendant l'assaut, être enfermée dans l'une des salles du musée avec d'autres touristes et leur guide.

«On n'a rien vu mais ils devaient être plusieurs. C'était impressionnant, il y a eu plusieurs rafales (...). On a peur qu'ils viennent d'un coup et qu'ils nous tuent. C'est très impressionnant», a-t-elle dit.

Une Tunisienne habitant tout près du musée a de son côté raconté à l'AFP qu'elle venait d'arriver devant chez elle lorsqu'elle a entendu les tirs.

«Je me suis approchée, et j'ai vu des gens ensanglantés sur le gazon, l'armée qui accourait...», souffle-t-elle, en disant avoir «très peur».

Témoignant de la violence de l'assaut, l'un des autocars à bord desquels les touristes sont arrivés était criblé de balles, selon un journaliste de l'AFP sur place.

D'après le premier ministre tunisien Habib Essid, c'est en effet alors que les touristes descendaient des véhicules que les assaillants, armés de Kalachnikovs et vêtus selon lui d'uniformes militaires, ont tiré sans discernement.

«Les touristes ont fui vers le musée et les terroristes les ont poursuivis», a déclaré M. Essid.

Dix-neuf personnes ont été tuées dans l'attaque, dont un agent des forces spéciales tunisiennes et 17 touristes de nationalités polonaise, italienne, allemande et espagnole. Les deux assaillants ont été abattus et «deux ou trois» possibles complices étaient recherchés, a ajouté le premier ministre.

Une employée du musée qui est mitoyen du Parlement, Dhouha Belhaj Alaya, a décrit la panique qui s'est emparée des personnes présentes.

«Vers midi, nous avons entendu des tirs intensifs. Mes collègues ont crié: "Fuis, fuis, il y a des tirs!Nous nous sommes échappés par la porte de derrière avec des collègues et des touristes, et on nous a fait entrer dans le Parlement» mitoyen, a-t-elle raconté, visiblement sous le choc.

Beaucoup de témoins de l'attaque ne pouvaient encore parler de leur calvaire.

Dans une chambre de l'hôpital Charles-Nicolle, trois femmes légèrement blessées, dont deux Françaises, étaient entourées de psychologues et de médecins.

Visiblement affectées, elles ont refusé de relater l'attaque mais ont exprimé leur soulagement d'être saines et sauves.

«Je préfère être là où je suis maintenant que là où j'étais tout à l'heure», a dit l'une d'elles à l'AFP.

«S'il vous plaît, je ne peux pas parler», disait de son côté aux journalistes devant l'hôpital une touriste italienne d'une soixantaine d'années.

Plusieurs centaines de Tunisiens ont commencé à se rassembler mercredi soir à Tunis pour dénoncer l'attaque au musée du Bardo.

Réunis face au théâtre de l'avenue Habib Bourguiba, artère principale du centre-ville, des manifestants de tous les âges brandissaient des drapeaux tunisiens, scandant des slogans hostiles aux «terroristes».

«La Tunisie est libre, les terroristes dehors», «Dégager les terroristes est un devoir», «Avec mon âme et mon sang, je te défendrai drapeau», ont-ils notamment repris en choeur.

Les manifestants chantaient aussi à intervalle régulier l'hymne national tunisien.

Source: http://www.lapresse.ca/international/afrique/201503/18/01-4853246-attaque-a-tunis-22-morts-dont-20-touristes.php

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