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Radio-Canada / La peine capitale pour l'ex-président égyptien Mohamed Morsi

L'ancien président d'Égypte Mohamed Morsi, destitué par l'armée en juillet 2013, a été condamné samedi à la peine de mort avec une centaine d'autres accusés, dont des dirigeants des Frères musulmans.

L'islamiste Mohamed Morsi, premier président élu démocratiquement en Égypte en 2012, purgeait déjà une peine de 20 ans de prison pour son implication dans le massacre de manifestants de l'opposition durant sa mandature d'un an.

Quelques heures après l'annonce du verdict au Caire, deux juges, un procureur et leur chauffeur ont été tués par balle dans le nord de la péninsule du Sinaï, dans la première attaque contre des magistrats dans cette région. Cela semble être la première réaction violente au verdict rendu au Caire.

Lorsqu'il était au pouvoir, Morsi a été accusé d'être une marionnette aux mains des Frères musulmans. Les crises se sont succédé, et un an après son élection, le 30 juin 2013, des millions d'Égyptiens sont descendus dans la rue pour réclamer son départ.

L'ingénieur de 64 ans a été destitué quelques jours plus tard par l'ex-chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi. Une répression sanglante des manifestants pro-Morsi et des Frères musulmans s'en est suivie.

Morsi s'était pourtant affiché comme le garant des idéaux démocratiques de la révolte de 2011 contre Hosni Moubarak, déclenchée par la jeunesse libérale et laïque du pays.

Un verdict dénoncé

Samedi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la condamnation à mort de l'ex-président, considérant que le pays était revenu à l'« Égypte antique ». Le gouvernement islamo-conservateur de M. Erdogan, alors premier ministre, était un proche soutien de Morsi après son élection à la tête de l'Égypte en 2012.

Une alliance islamiste d'opposition dirigée par les Frères musulmans a pour sa part encouragé les Égyptiens à renverser la « bande de traîtres et d'usurpateurs » d'ici le 3 juillet, date du second anniversaire du renversement de Morsi.

Amnistie internationale (AI) a dénoncé les verdicts, qui surviennent après plusieurs sentences collectives critiquées par les groupes de défense civile et l'Occident. AI a demandé une reprise du procès, affirmant que toutes les preuves présentées contre Morsi et les autres accusés étaient inadmissibles parce que leur détention, avant leur procès, était illégale.

Source: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2015/05/16/001-mohamed-morsi-peine-mort-capitale-ex-ancien-president-egypte.shtml

Tag(s) : #Maghreb