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Guinée - Révision constitutionnelle: L'ex-ministre Papa Koly Kourouma entre aussi dans le débat

Dans une interview accordée récemment par un journal en ligne, l'ex-ministre de l'énergie de la Guinée reconnaît que la constitution actuelle fut adopté et décrété dans un contexte d'exception sans aucune consultation du peuple. Il reconnaît même que ce sont les acteurs politiques entre-eux qui se sont entendu pour procéder ainsi.

Après 6 années de lutte continue contre la constitution oppressive dictée et décrétée le 13 mai 2010, au sein de la LDRG, nous sommes aujourd'hui de plus en plus ravis que la Vérité commence à resurgir malgré l'intention de l'establishment politique d'enterrer ce débat. Dans son interview, l'ex-ministre a reconnu que le peuple ne connaît pas comment fonctionne une république et qu'il revient aux initiés, notamment les leaders politiques, d'expliquer à leurs militants les principes de fonctionnement d'une république. Le fait de reconnaître cela augmente le poids de la responsabilité de tous les acteurs qui ont participé aux manigances qui ont conduit à la rédaction et à décréter cette constitution oppressive contre le peuple de Guinée. Les accusations de haute trahison sont de plus en plus avérées.

Par ailleurs, l'ex-ministre affirme qu'il serait impossible de remettre en cause la légitimité de cette constitution oppressive dictée et décrétée contre le peuple sans pour autant remettre en cause la légitimité du Président de la République. Mais ceci est une affirmation qui ne tient pas debout. Dans une société, le peuple est le seul souverain. Le peuple a "majoritairement" élu un Président de la République. Ce Président élu par le peuple à une légitimité beaucoup plus forte qu'une constitution rédigée à huit-clos et décrétée par un général d'armée putschiste contre le peuple de Guinée. De plus, l'article 2 de cette même constitution rédigée à huit-clos et décrétée contre le peuple dit que: "La souveraineté nationale appartient au Peuple qui I'exerce par ses représentants élus ou par voie de référendum. Aucun individu, aucune fraction du peuple, ne peut s'en attribuer l'exercice". Alors, il va de soi que, non seulement les acteurs qui ont usurpé la souveraineté du peuple pour rédiger la loi suprême de la nation sont coupables de haute trahison, mais de plus, les lois qu'ils ont rédigé et décrété ne portent aucune légitimité. Et c'est à ce titre qu'au sein de la LDRG, au cours des 6 dernières années, nous n'avons jamais cessé de réclamer l'abolition des lois oppressives dictées et décrétées contre le peuple de Guinée. De même, nous réclamons l'ouverture d'une grande consultation nationale participative pour la rédaction d'une Constitution contenant les 9 garde-fous du Projet Nouvelle République, et l'adoption de cette Constitution par Référendum populaire. Une Constitution adoptée comme il le faut sera sous la protection du peuple et de l'armée. Elle ne fera jamais l'objet de tripatouillage constitutionnel.

Au cours de ces années de lutte, en tant que Président de la LDRG, j'ai effectué 280 km de marche pénible, j'ai accompli 33 rudes journées de jeûne personnel et j'ai récolté à ce jour 889 signataires, issus de toutes les sensibilités politiques et sociales, pour la pétition pour la Nouvelle République. Celles et ceux qui estiment ce sacrifice que nous avons consenti depuis plus de 8 années n'est que du vent, alors je les invite à continuer à ignorer la Vérité en espérant que le mensonge triomphera pour toujours en Guinée. Pour ma part, je continu la lutte pour que la Vérité triomphe en Guinée. J'y crois plus que tout et je n'ai aucun doute que la Vérité triomphera très bientôt. Le peuple de Guinée va se défaire des lois oppressives dictées et décrétées contre lui, et se doter d'une Nouvelle République à la hauteur de ses aspirations démocratiques et des défis auxquels il est confronté en ce 21ème siècle.

J'invite donc l'ex-ministre Papa Koly Kourouma à aller dans le sens de la Vérité et de l'histoire. La constitution dictée et décrétée le 13 mai 2010 est la principale cause de l'instabilité politique, de la crise de confiance, et de la continuité de la mauvaise gouvernance en Guinée. Aujourd'hui, il est beaucoup plus urgent et utile d'organiser une grande consultation nationale sur la rédaction d'une constitution que d'organiser des élections. Je n'ai jamais cessé de le dire, et je le répète à nouveau: dans le contexte actuel, toute élection, aussi minime soit-elle, ne fera que diviser notre nation sur des lignes ethnocentristes. Il faut donc changer d'abord le contexte avant de continuer à organiser des élections. Les élections divisent le peuple, alors que la rédaction d'une constitution qui dépasse les intérêts et les ambitions individuelles nous rassemble. En espérant que l'ex-ministre joindra sa voix à notre campagne pour une Révision Constitution urgente en Guinée.

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG