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rfi - Armes chimiques en Syrie: Paris demande des sanctions

Une enquête de l'ONU désigne l'armée gouvernementale syrienne et le groupe Etat islamique comme auteurs de plusieurs attaques chimiques commises en 2014 et 2015 en Syrie. Du chlore et du gaz moutarde ont été utilisés. C'est la première fois que les responsabilités sont ainsi établies. Les Etats-Unis exigent que les auteurs « rendent des comptes ». La France estime que « le Conseil de sécurité doit prendre ses responsabilités ».

Selon nos informations, la France envisage qu'une résolution soit présentée au Conseil de sécurité des Nations unies suite à l'enquête sur les attaques chimiques en Syrie. Un texte qui pourrait toutefois se heurter au veto de la Russie, alliée de Bachar el-Assad.

« Dans la mesure où la Syrie est membre de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) depuis quelques dizaines de mois, normalement cette enquête et cette conclusion documentée, indubitable et fiable, devrait conduire le Conseil de sécurité à une résolution qui pourrait et qui devrait mettre en œuvre un certain nombre de sanctions à l’égard du régime syrien, puisque la convention d’interdiction des armes chimiques s’applique aux Etats et non pas aux entités subétatiques », explique Olivier Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et spécialiste des armes chimiques.

Ayrault dénonce « une abomination »

Pour l'instant, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, dénonce « une abomination qui met en lumière le rôle accablant joué par le régime de Damas dans la détérioration de la situation ».

Et à propos de l'attaque chimique attribuée au groupe Etat islamique, la France affirme que les jihadistes et le pouvoir de Bachar el-Assad font preuve d'une même abjection lorsqu'il s'agit de terroriser et massacrer la population syrienne.

Du point de vue français, la question des armes chimiques en Syrie est particulièrement sensible. Il y a tout juste trois ans, une attaque au gaz sarin faisait plusieurs centaines de victimes près de Damas. Américains, Britanniques et Français se préparèrent alors à frapper le régime de Bachar el-Assad, mais après les volte-face de Londres et de Washington, l'opération fut annulée. Une séquence à laquelle les dirigeants français font depuis régulièrement référence pour expliquer la poursuite du bain de sang en Syrie et l'émergence du groupe Etat islamique.

« Nous avons maintenant la preuve (...) que le régime syrien a utilisé des armes chimiques », a déclaré François Hollande, ce jeudi 25 août. « L'organisation de l'Etat islamique (Daech) a utilisé aussi des armes chimiques sans doute analogues à celles du régime. » La France a demandé jeudi une réponse ferme du Conseil de sécurité de l'ONU, dont elle est un membre permanent.

Jeudi 25 août, la Russie a annoncé qu'elle allait se concerter avec les Etats-Unis sur la réponse à apporter à un rapport des Nations unies concluant à l'usage d'armes chimiques par le régime syrien et le groupe Etat islamique.

Le chlore, un produit industriel courant

Dans le détail, le régime de Bachar el-Assad aurait procédé à deux attaques au chlore dans la province d'Idleb. Le chlore est un produit toxique industriel qui a de nombreuses applications, comme le précise le chercheur Olivier Lepick : « De nombreux Français l’utilisent pour désinfecter leur piscine. C’est un produit que l’on peut trouver très facilement, qu’il est très aisé de fabriquer et donc il est quasiment impossible de dénier à l’Etat syrien la possession de chlore d’autant plus que cette substance ne figurait pas dans l’arsenal officiel chimique syrien. C’est donc un produit de grande utilisation industrielle qui peut être détourné à des usages militaires et qui peut être mortel dans le cadre de ces deux attaques ont l’a vu identifiées et imputées au régime syrien.»

Les jihadistes auraient, eux, utilisé du gaz moutarde dans la province d'Alep, un agent « beaucoup plus pernicieux et plus toxique », toujours selon Olivier Lepick. « C’est à la portée de chimistes de bon niveau et c’est une possibilité qui n’est pas à exclure, à savoir, une capacité endogène à l’Etat islamique de fabrication de ce gaz moutarde. »

« L’autre hypothèse, ajoute le spécialiste, c’est que l’organisation se soit procurée ou ai mis la main sur des stocks résiduels irakiens ou syriens puisque cet agent figurait dans l’arsenal irakien et syrien officiel et dans leur programme chimique militaire respectif. »

Source: http://www.rfi.fr/moyen-orient/20160825-armes-chimiques-syrie-paris-demande-sanctions-conseil-securite

Tag(s) : #Moyen et Proche Orient