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« An 58 de la Guinée : Reprendre en main notre destin de liberté, de dignité et de fierté »

Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

Il y a des moments dans la vie des peuples et des nations où le plus important n’est pas de toujours se demander ce que « nous allons devenir ». Quelque fois, le plus important est de se rappeler « Qui nous sommes ». « Qui sommes-nous ?». Cela semble tellement évident et anodin, pourtant, non seulement lorsque la complexité et les urgences du quotidien prévalent il n’est pas toujours évident de se rappeler qui nous sommes, mais de plus, ce n’est pas du tout anodin parce que c’est ce que nous sommes qui trace le chemin de notre avenir. En oubliant ce que nous sommes, nous nous exposons à la corruption des mœurs et devenons sujet de toutes les dérives morales. En oubliant qui nous sommes, nous mourrons et disparaissons à tout jamais. Savoir qui nous sommes c’est être conscient de notre passé; c’est être conscient de nos forces et faiblesses; et c’est savoir d’où nous venons. En sachant véritablement « Qui nous sommes », non seulement nous serons beaucoup plus en mesure de faire face aux multiples défis sociaux et économiques auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, mais de plus, nous aborderons l’avenir avec beaucoup de sérénité.

Mes très compatriotes,

Nous sommes le Peuple de Guinée. Je veux vous parler du peuple de Guinée, celui que je connais et que j’admire. Je dois commencer par dire que nous ne sommes ni un peuple supérieur ni un peuple inférieur : nous sommes un peuple comme tous les autres. Nous sommes un peuple qui a un passé, un présent, et qui aspire à un avenir. La particularité de notre récit national est que, comme d’autres peuples ailleurs et à certaines époques, le Peuple de Guinée s’est aussi distingué par son choix à une époque déterminante de l’histoire et de la destinée des peuples d’Afrique.

Ce fut un dimanche du 28 Septembre 1958. Ce jour-là n’était pas un jour comme les autres car le Peuple de Guinée avait rendez-vous avec l’histoire. Invité à se déterminer sur son avenir dans la continuité coloniale ou à recouvrir sa liberté, ce dimanche-là, dans une grande dignité, malgré l’inconnue du lendemain, nous avons choisi sans aucune ambiguïté la Liberté. Nous venions alors de donner naissance au « rêve Guinéen » : cette formidable idée selon laquelle « tous les hommes sont nés libres et égaux en droits et devoirs, et que chaque peuple est libre de choisir sa propre destinée ».

Mes très chers compatriotes,

La liberté! La Liberté! De toutes les œuvres de l’homme, il n’y a rien, absolument rien de telle que la Liberté. Voilà ce que nous sommes : le Peuple de la Liberté et de la dignité. Nous sommes le Peuple qui a été choisi pour porter ce message Universelle à une époque où l’homme africain était à peine considéré comme un demi-être; à une époque où l’homme africain, sous le poids de plusieurs décennies de colonisation, doutait de ses propres capacités à s’autogouverner; à une époque où des millions de peuples à travers le monde rêvaient de, mais ne pouvait jamais s’imaginer vivre un jour, la liberté. Le « rêve Guinéen » fut ci retentissant et flamboyant que, seulement deux années plus tard, il délivrera l’ensemble des peuples de l’Afrique francophone du joug de la colonisation dégradante et déshumanisante. La Guinée sera le quartier général de toutes les luttes de libération en Afrique. Des combattants de la liberté de tous les horizons, d’Algérie en Afrique du Sud, de l’Angola à la Guinée-Bissau, de l’Amérique Latine à l’Asie, tous trouveront en la Guinée la patrie de la Liberté.

Mes très chers compatriotes,

Voilà ce que nous sommes : le peuple de la liberté, de la fierté et de la dignité. Il n’est pas une injure à autrui que de proclamer haut et fort ce que nous sommes. Il est aussi vrai qu’il a toujours existé des révisionnistes qui ont voulu détourner les vérités historiques à leur avantage. Mais quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, cela ne changera en rien ce que nous sommes. Nous sommes le peuple de la liberté, de la dignité et de la fierté africaine. Voilà ce que nous sommes.

Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

Mieux que n’importe quel peuple, nous, le peuple de Guinée, avons appris que la Liberté est un lourd fardeau à porter. Depuis le 28 Septembre 1958 jusqu’à nos jours, nous avons traversé de douloureuses épreuves. Nous avons commis beaucoup d’erreurs de gouvernance. La misère nous frappe profondément. La corruption gangrène profondément notre société et nos institutions. Le Guinéen est devenu l’ennemi du Guinéen. Et la Guinée occupe le bas de tous les indicateurs de développement économique et humain. Aujourd’hui, la misère est telle que certains guinéens sont mêmes convaincus que le peuple du 28 Septembre 1958 à eu tort de choisir la liberté. Autrefois phare du continent, aujourd’hui, nous, le peuple de Guinée, nous sommes indigne de notre passé. Nous sommes devenus la boue du continent.

Mes très chers compatriotes,

Le bons sens veut que tout peuple qui choisit la liberté et décide de se lancer dans l’exercice d’auto-gouvernance commette des erreurs. Je l’ai déjà dit, la Guinée a commis toutes sortes d’erreurs au cours des 58 dernières années, et nous devons avoir le courage et la patience d’assumer toutes les conséquences de notre choix historique. Cependant, il y a une grande différence entre commettre des erreurs et répéter encore et encore les mêmes erreurs. Après 58 années d’erreurs commises par multiples régimes et gouvernements, voici depuis très longtemps que j’estime que c’est maintenant assez pour nous permettre de tirer les bonnes leçons afin d’enclencher un cercle vertueux de gouvernance. Aujourd’hui, la Guinée a accumulé suffisamment d’expérience. Elle possède les ressources, ainsi que des hommes et des femmes capables d’engager des actions publiques efficaces pour redresser le pays et redonner de l’élan à notre marche en avant vers notre destinée de liberté, de dignité et de fierté.

Après 58 années, nous n’avons plus aucune excuse. Si rien n’avance chez nous c’est qu’il y a un sérieux problème de leadership. Si rien n’avance chez nous c’est parce que, au lieu de considérer le pouvoir public et l’État comme des moyens d’action pour améliorer les conditions de vie du peuple, l’élite politique guinéenne en fait un enjeu d’abus de pouvoir, d’oppression, de répression, de prestige personnel et d’enrichissement illicite. C’est celle-là la Vérité. La cacophonie politicienne pour savoir qui va prendre la place de l’autre à trop duré. Il ne suffit plus de changer les hommes, à présent il est temps de changer le système corrompu qui nous empêche d’avancer. Cinquante-huit-années après la proclamation de notre indépendance coloniale, tout le défi pour notre Génération est là : « Doter la Guinée d’une Nouvelle République contenant des institutions suffisamment fortes pour mettre un terme aux abus de pouvoir, pour parfaire notre union nationale, pour garantir la bonne gouvernance, et pour contraindre les acteurs politiques à faire de la politique de manière responsable et utile à notre nation. »

Mes très chers compatriotes,

Pour reprendre en main notre destin de liberté, de dignité et de fierté, nous sommes capables de doter la Guinée d’une Nouvelle République. Je sais que le poids de la misère pèse très lourd sur nos épaules. Je connais le désespoir et le sentiment de fatalité répandu au sein des masses populaires. Je suis conscient des divisions ethniques qui prévalent entre filles et fils de la Guinée. Je sais aussi que les vieux appareils politiques ont pris une bonne partie du peuple en otage. Je sais et je suis parfaitement conscient de tout cela.

Il est évident que doter la Guinée d’une Nouvelle République moderne, juste, équitable et sans abus de pouvoir alors que les forces réactionnaires et anti-réformistes font la loi au quotidien n’est pas un projet simple et facile. Je le sais parfaitement. Mais je suis là aujourd’hui encore pour vous rappeler « Qui nous sommes ». N’oubliez jamais qui nous sommes. Je suis là pour ressusciter en chacun de nous le « rêve Guinéen ». Si nous avons pu trouver la force et la détermination de nous sortir du joug de la colonisation, nous allons trouver la force et la détermination de doter la Guinée de cette Nouvelle République pour reprendre en main notre destin de liberté, de dignité et de fierté.

Je vous invite à vous détourner des querelles politiciennes qui ne vous offrent que deuil et désolation pour vous joindre au Mouvement pour la Nouvelle République. Moi je sais qui nous sommes, je sais de quoi nous sommes capables, je sais comment nous allons y arriver, et je vous fais confiance. Je vois un meilleur avenir pour la Guinée et j’y crois plus que tout. Pour cette Nouvelle République, j’ai déjà accompli 33 rudes journées de jeûne, j’ai effectué 208 km de marche pénible, et j’ai récolté à ce jour 965 signataires issus de toutes les sensibilités politiques et ethniques de notre nation. Et, croyez-moi, je ne m’arrêterai pas tant et aussi longtemps que le Changement ne sera pas une réalité sur nos terres de Guinée. Moi, je crois en d’autres forces. Je crois en la force de la Vérité et je crois en la conscience du peuple de Guinée. Je sollicite votre soutien et votre confiance, nous allons le faire Ensemble!

Guinéennes et guinéens,

À l’occasion de 58ème anniversaire de notre indépendance coloniale, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter, à vous ainsi qu’à votre famille et à vos proches, une très bonne fête d’indépendance. Quelques soient les défis de l’heure, soyez fier de ce que nous sommes : le Peuple de la liberté, de la dignité et de la fierté africaine.

Merci de votre aimable attention.

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG

Tag(s) : #Société-Guinée