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Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

Le 22 Septembre 2016, vue l’ampleur que prenaient les tensions sur les modalités de la tenue des prochaines élections communales et locales, le pouvoir et l’opposition ont entamé un dialogue politique. Ce dialogue politique était censé ramener la sérénité entre partis et trouver des solutions aux blocages liés à la tenue des prochaines élections. Au bout de 3 semaines de négociations, le 12 Octobre, les protagonistes sont arrivés à un consensus et ils ont signé un accord ouvrant la voie à l’organisation des élections communales et locales au cours du premier semestre de l’année 2017. En soi, nous sommes d’accord, le dialogue et les accords entre partis politiques pour la tenue apaisée d’élections ne sont pas de mauvaises choses. C’est même une très bonne chose. C’est une preuve de maturité politique et de responsabilité des acteurs qui ont initié et participé à cet exercice.

Cependant, comme ce fut le cas pour les accords politiques d’Août 2015, ce nouvel accord politique aussi renferme des éléments qui remettent en cause sa pertinence morale et sa viabilité démocratique. En Mai 2010, les acteurs politiques avaient fait décréter n’importe quelle constitution contre le peuple pour aller vite aux élections présidentielles. En Août 2015, ils avaient imposé des délégations spéciales au niveau de toutes les collectivités territoriales du pays pour aller vite aux élections présidentielles. Et, cette fois-ci encore, avec l’accord du 12 Octobre 2016, pour aller aux élections communales le plutôt possible, ils ont préféré priver les populations à la base du droit de choisir leurs administrateurs directs en imposant les chefs de quartiers et de districts sur toute l’étendue du territoire national.

Comme lors des accords politiques d’Août 2015, suite aux accords du 12 Octobre 2016, au nom de la LDRG, qui est la frange indépendante de la société civile guinéenne, j’ai initié une Consultation Citoyenne pour avoir l’avis des populations sur le contenu de cet accord. Autant les citoyens ayant participé à la consultation sur les accords d’Août 2015 avaient rejeté l’idée d’imposer des délégations spéciales, autant le panel de citoyens ayant participé à la Consultation citoyenne sur les accords du 12 Octobre ont rejeté à 80,5% l’idée d’avoir des chefs de quartiers et de districts imposés par les partis politiques.

Mes très chers compatriotes,

J’ai déjà eu à le souligner à d’autres occasions, et il me semble utile de le répéter à nouveau ici : « la démocratie est un tout. Soit elle existe pour tous ou alors elle est totalement absente ». On ne peut pas réclamer des élections transparentes en imposant au peuple ses dirigeants. On ne peut pas vouloir la démocratie pour soi et la nier aux autres. On ne peut avoir les vertus de la démocratie et prêchant la dictature contre le peuple. C’est ce paradoxe et ce non-sens que j’appelle le syndrome de « l’amour fatal de la démocratie ». Les acteurs politiques aiment tellement la démocratie pour eux-mêmes qu’ils sont entrain de la tuer pour le peuple. C’est ce syndrome de « l’amour fatal de la démocratie » que les acteurs politiques ont attrapé suite à la disparition du Général Lansana Conté en Décembre 2008 qui fait que, depuis lors, la Guinée tourne en rond dans un cercle vicieux qui commence par des dialogues, puis des accords, puis la méfiance, puis les tensions, et enfin la violence avec son lot de dégâts matériels et humains devenus insupportables. Puis, on reprend à zéro : dialogue, accord, méfiance, tension et violence. Ainsi de suite sans jamais s’en sortir. Sans jamais connaître de véritables progrès. Et on ne s’en sortira jamais ainsi!

Guinéennes et guinéens,

On ne s’en sortira jamais ainsi tant et aussi longtemps qu’on ne sera pas prêt à admettre et à faire face à la seule vérité qui vaille : si à chaque année on est obligé de dialoguer en dehors de tout cadre institutionnel pour trouver des accords qui sont plus forts et qui violent la constitution, c’est bien parce que cette constitution décrétée le 13 mai 2010 en Guinée ne fonctionne pas. La vie politique, sociale, économique, et même la gouvernance publique en Guinée, continuent à exister et à s’exercer en dehors de la constitution décrétée en Mai 2010 en Guinée. Cette constitution n’est qu’une grosse superstructure qui oppresse le peuple, qui encourage la confusion, qui permet les abus et qui fabrique la violence. C’est celle-là la vérité. Et c’est cette vérité que, au nom de la LDRG, je n’ai jamais cessé de proclamer au cours des 8 dernières années.

Pour mettre un terme à ce syndrome de « l’amour fatal de la démocratie » et sortir de ce cercle vicieux, il faut non seulement admettre cette vérité, mais il faut surtout traiter le problème à la source. C’est-à-dire : « doter la Guinée d’une nouvelle Constitution légitime qui puisse ramener l’exercice de la vie politique, sociale, économique, ainsi que la gouvernance publique, dans les institutions d’une Nouvelle République moderne, juste, équitable et sans abus de pouvoir ». C’est celle-là l’unique solution, et c’est le sens de ma lutte.

Dans cette lutte qui dure depuis 8 années, vous le savez désormais, je suis déjà fortement engagé et je donnerai tout. J’ai consenti 33 rudes journées de jeûne, j’ai accompli 208 km de marche pénible, et j’ai récolté à ce jour 989 signataires issus de toutes les sensibilités politiques et ethniques de notre nation. Il faut considérer ce sacrifice comme un début, car je ne m’arrêterai pas tant et aussi longtemps qu’on continuera à imposer au peuple des délégations spéciales et ses chefs de quartiers; tant et aussi longtemps que la constitution oppressive décrétée contre le peuple ne sera pas abolie, et tant que cette Nouvelle République moderne, juste, équitable et sans abus de pouvoir ne verra pas le jour sur nos terres de Guinée. Aujourd’hui encore, j’invite l’ensemble de mes compatriotes à se joindre au Mouvement pour la Nouvelle République : nous avons besoin du concours de chacun et de chacune d’entre vous. Vous l’aurez compris, ceci n’est pas le combat contre un pouvoir ou contre une opposition. C’est le combat d’une Génération pour une cause qui dépasse chacun d’entre nous. Signez et faites signer la Pétition pour la Nouvelle République, nous sommes proches de la victoire et je sollicite votre soutien.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG

Tag(s) : #Politique-Guinée