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Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

La fin d’une année et le début d’une autre est toujours un moment important pour dresser le bilan de l’année écoulée et tirer les leçons utiles pour la nouvelle année. C’est en dressant le bilan et en tirant les leçons utiles, années après années, de manière constante, que les gouvernements se disciplinent et que les pays progressent. Que ça soi sur le plan social, économique ou démocratique, l’année 2016 fut une année très intéressante pour la Guinée.

 

1-Sur le plan social : l’année 2016 avait commencé sur une note très négative. En effet, le précédent gouvernement venait de prendre la décision de faire payer les pauvres populations le laxisme budgétaire dont il a fait preuve tout au long de l’élection présidentielle qui venait de se clôturer. Notamment en augmentant les taxes sur les denrées de premières nécessités. La lutte sociale fut donc rude au niveau du mouvement syndical pour préserver le pouvoir d’achat des populations. Cette lutte sociale à laquelle la LDRG a pris part de manière très active a pu aboutir au gel du prix du carburant à la pompe tout au long de l’année 2016.

 

Les autres faits marquants sur le plan social au cours de l’année 2016 furent les explosions de violences sociales aux quatre coins du pays. Que ça soi pour manque d’électricité par endroits, pour insalubrité dans d’autres endroits, contre l’insécurité par-ci, ou contre les délégations spéciales par-là, tout au long de l’année 2016, nous avons observé une résurgence de violences sociales qui dénotent sans aucun doute d’un ras-le-bol généralisé contre lequel le gouvernement sera fortement invité à apporter des réponses adéquates au cours de l’année 2017 pour éviter une généralisation et la faiblesse continue de l’État.

 

Finalement, sur le plan social, la principale bonne nouvelle est sanitaire. En effet, c’est en 2016 que l’OMS a déclaré officiellement la Guinée hors surveillance sanitaire du virus Ébola. De plus, en cette fin d’année 2016, l’OMS déclare que les essais cliniques effectués en Guinée pour un vaccin développé par un laboratoire Canadien est efficace à 100% contre le virus Ébola. Rajouté à la dotation de la Guinée, grâce à la coopération Franco-Guinéenne, d’un laboratoire de dépistage de l’Institut Pasteure de France, ce sont là les plus belles nouvelles sur le plan social au cours de l’année 2016 tant l’épidémie Ébola a causé du mal à notre nation. Mais cette épidémie a aussi révélé la résilience de notre nation face aux chocs les plus féroces.

 

2-Sur le plan économique : l’année 2016 avait également commencé sur une note très négative, notamment à cause des grands déséquilibres macroéconomiques provoqués par le laxisme du gouvernement précédent et des autorités monétaires durant la période électorale. En dépit de ces grands déséquilibres, la LDRG fut de ceux qui ont gardé l’espoir de voir un rééquilibrage de la situation économique au cours de l’année 2016 suite à la nomination d’un nouveau premier ministre, et d’un gouvernement, assez compétent pour relever le défi. Et nous n’avons pas eu tort d’être optimiste. Sur le plan macroéconomique, le nouveau gouvernement, au prix de décisions souvent impopulaires, a réussi à rétablir la situation. Le rapport publié par le FMI en novembre 2016 sur la Guinée l’atteste éloquemment. La croissance économique fut de 5,2% au cours de l’année 2016 avec une perspective à 7% en 2017. Donc, d’une année à l’autre, la situation macroéconomique de la Guinée s’est nettement améliorée. Cela est à mettre au crédit du Président de la République et son gouvernement.

 

Par ailleurs, s’il est vrai que les grands équilibres macroéconomiques ont été rétablis au cours de l’année 2016, cependant, il apparaît que le rétablissement de ces équilibres s’est fait au détriment des investissements publics. Il est très utile de rappeler que la Guinée n’est pas un pays industrialisé où la politique économique est censée se résumer à minimiser l’intervention de l’État. Tout au contraire, les besoins en infrastructures de bases sont gigantesques en Guinée. Dans ce contexte, ce n’est pas seulement de la rigueur que nous attendons du gouvernement. Nous attendons à la fois de la rigueur et de l’investissement public pour doter la Guinée des infrastructures nécessaires pour élever le pays vers la prochaine phase de son cycle de développement. En plus de la création d’emploi pour les jeunes, le défi qui est donc posé au gouvernement pour l’année 2017 est d’amorcer de grands investissements publics sans remettre en cause les grands équilibres macroéconomiques retrouvés. Et lorsque le Président de la République évoque la nécessité de décupler la capacité d’absorption de l’État, rajouté au plan d’investissement à l’échelle nationale en infrastructures routières tel qu’énoncé lors du Conseil des ministres du 22 décembre 2016, cela prouve que nous sommes sur la bonne voie. À ce stade, c’est exactement ce qu’il faut faire.

 

Sur le plan économique, le seul élément qui vient ternir le tableau est l’étalement, tout au long de l’année 2016, de cas de corruption au plus haut niveau. En cette fin d’année, c’est même un ex-ministre des mines de la Guinée, qui conseillait jusque récemment le gouvernement actuel, qui a été épinglé pour corruption aux USA. Il est vrai que, en matière de gouvernance, la Guinée vient de très loin. Il est aussi vrai qu’avec ce nouveau gouvernement nous observons une amélioration nette de l’intégrité dans la gouvernance publique. Mais c’est très insuffisant. La Guinée est encore perçue comme étant le pays le plus corrompu de la sous-région. Nous souhaitons donc voire le Président de la République et son gouvernement s’inscrire, en 2017, de manière beaucoup plus énergique contre le phénomène de la corruption en Guinée. Il ne suffit pas de dénoncer publiquement la corruption, il faut surtout adopter une loi anti-corruption sévère et veiller à son application stricte.

 

3-Sur le plan démocratique : il y a aussi eu de bonnes et de mauvaises nouvelles. Parmi les bonnes nouvelles, il faut saluer le fait que le Président de la République ait compris que le plus important n’est pas, quel que soit l’étendue de son pouvoir, d’ignorer ou de ridiculiser ses adversaires politiques. Le plus important, c’est ce qu’il va réaliser et laisser derrière lui. Cette prise de conscience, quelle soi tactique ou temporaire, a eu un impact considérable dans la vie démocratique guinéenne au cours de l’année 2016. Cela a permis de décrisper le climat politique, d’ouvrir un dialogue politique pour la tenue apaisée des élections locales, et d’honorer la fonction de Président de la République.

 

Finalement, sur le plan démocratique, deux signaux négatifs ont été envoyé en 2016 en Guinée. Premièrement, malgré le Rapport accablant de la mission d’observation électorale de l’Union Européenne sur les précédentes élections présidentielles, aucune réforme d’envergure de la commission électorale guinéenne n’a été entreprise. La CENI reste encore une structure éminemment politique qui est incapable de respecter les délais et d’organiser des élections crédibles et transparentes. Cette CENI est la principale source d’instabilité politique en Guinée. Tant et aussi longtemps qu’elle ne sera pas dépolitisée et confiée à des personnalités indépendantes et compétentes de la société civile, la Guinée ne connaîtra pas une stabilité politique durable. La stabilité politique durable est un ingrédient indispensable pour le développement socioéconomique d’un pays. Si les élections locales prévues en 2017 sont un nouveau test pour la CENI, au sein de la LDRG nous n’attendons aucune surprise sur ce plan. La CENI décevra à nouveau. Voilà pourquoi nous continuerons sans aucun doute notre campagne pour une CENI indépendante des partis politiques. Sur le plan démocratique, le signal le plus inquiétant vient cependant de l’une des clauses de l’accord politique d’Octobre 2016 qui prévoit de tuer littéralement la démocratie locale en Guinée en imposant aux populations locales leurs chefs de quartiers et de districts. Ceci va à l’encontre de tous les principes et de toutes nos aspirations démocratiques. La démocratie locale renforce les capacités des populations locales à planifier et à gérer leur propre développement. Priver les populations locales de démocratie locale, c’est les priver de développement local. Lorsqu’il existe de fortes contraintes matérielles ou financières à la tenue des élections locales, la solution ne consiste pas à tomber dans la facilité en empruntant des raccourcis. Le progrès consiste à faire preuve d’imagination pour trouver coûte que coûte les ressources nécessaires pour la tenue de ces élections. Au sein de la LDRG, nous refusons catégoriquement d’accepter de telles pratiques en Guinée. Nous l’avons fait savoir dès la signature de cet accord politique et nous comptons lutter contre ces abus jusqu’à ce que les politiciens guinéens reviennent à la raison : la mission de nos élus locaux n’est pas de compter des bulletins de vote et d’acheminer des urnes. Leur mission est avant tout une mission de développement local.

 

Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

La première remarque qui se dégage du bilan de l’année 2016 est que, comparée à la fin de l’année 2015, il y a eu quelques bonnes nouvelles sur les multiples plans social, économique et démocratique qui nous permettent d’entamer la nouvelle année 2017 le cœur relativement apaisé. Au cours de l’année 2017, sur tous ces plans, la LDRG sera un acteur constructif tant et aussi longtemps que les intérêts des populations seront prioritaires. Nous serons à la hauteur de notre rôle de force de proposition par excellence dans l’environnement sociopolitique guinéen. Mais nous ne laisserons rien passer. À chaque fois que des abus se manifesteront, nous les dénoncerons d’où qu’ils viennent. Nous assumerons avec honneur notre mission d’éclaireur et de chevalier infatigable du peuple.

 

Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

À l’orée de cette nouvelle année 2017, il ne me reste plus qu’à vous adresser, au nom de la LDRG, à vous, ainsi qu’à tous les êtres qui vous sont chers, mes meilleurs vœux de nouvel an 2017 : santé, succès, amour, paix, bonheur et prospérité pour tous.

 

Merci de votre aimable attention.

Encore une fois, bonne année 2017!!

 

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG

LDRG - Adresse à la nation: Bilan 2016 et perspectives 2017 pour la Guinée
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