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Dès l'annonce de la conclusion d'un accord cadre de $20 milliards entre la Chine et la Guinée, au nom de la LDRG, j'avais salué cette bonne nouvelle qui offre de nouvelles perspectives à l'économie guinéenne. Après avoir lu les grandes lignes de l'accord-cadre, et survolé l'interview accordé par le ministre d’État chargé du partenariat public-privé sur ce sujet, mes convictions quant au bien fondé de cet accord se retrouvent renforcées.
 
Cet accord, s'il est appliqué avec bonnes intentions par la partie guinéenne, peut être un excellent levier financer et de développement économique pour le pays. Il minimise les sommes à mobiliser par le gouvernement pour des projets d'investissement qui nécessiteraient d'énormes levées de fonds, et il garanti un volume d'investissement stable sur 20 ans. Certes, les taux de financement ne sont pas concessionnels, mais si la fourchette se situe entre 4% et 6%, c'est raisonnable. Ça ne semble pas non plus être un accord léonin qui cède toutes les mines du pays pour des croquettes. Les risques de dérapages sont atténués par l'approche projet-par-projet qui permet aux deux parties de faire régulièrement un état des lieux de l'évolution de l'accord avant de passer au prochain financement. Cette garantie s'en retrouve renforcée par le droit de regard de l'Assemblée nationale pour chaque projet à réaliser.
 
Cela dit, puisque rien n'est jamais parfait, il est important de souligner à nos yeux les principales faiblesses de cet accord. Premièrement, à moins que cela soit indiqué ailleurs, mais il n'existe aucune clause qui comporte un volet recrutement et formation de la main-d'oeuvre locale. Deuxièmement, certes nous ne doutons pas des compétences des entreprises chinoises, mais aucune clause ne nous garanti que le système d'adjudication qui sera utilisé sera au meilleur rapport qualité-coût. Finalement, pour un accord de $20 milliards, il est très curieux, et certainement une grande faiblesse, qu'aucun montant de ce financement ne transite au sein des banques locales en Guinée ou au sein de la Banque centrale de la Guinée. Cela réduit fortement l'effet multiplicateur de ce financement pour l'économie guinéenne. Nous invitons donc les principaux artisans de cet accord à s'employer à lever les zones d'ombre restantes sur cet accord. Les critiques de la LDRG ne permettront que de renforcer l'accord.
 
Mamadou Oury Diallo
Président de la LDRG
Accord cadre Sino-Guinéen d'un financement de $20 milliards: Le verdict de la LDRG
Tag(s) : #Economie-Guinée, #Guinée, #Guinea