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Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

À l’occasion du nouvel an 2018, au nom de la LDRG et de l’ensemble des membres et sympathisants du Mouvement, il me revient l’insigne honneur de vous présenter mes meilleurs vœux de nouvel an 2018. Pour chacun d’entre nous, l’orée d’une nouvelle année suscite toujours des espoirs de voir nos vœux les plus chers se réaliser. Que l’année 2018 soi cette année d’accomplissement pour chacun d’entre nous et nos proches.

Mes très chers compatriotes,

L’orée d’une nouvelle année est aussi l’occasion de jeter un regard sur l’année écoulée pour s’apercevoir de ce qui a bien été et de ce qui n’a pas bien été; mais surtout de tirer les leçons nécessaires pour corriger le tir pour la nouvelle année. Comme les années précédentes, l’an 2017 fut pour la Guinée une année fort intéressante sur les multiples plans sociaux, économiques et politiques.

Sur le plan social : il est nécessaire de se baser sur des d’indicateurs objectifs pour dresser le bilan. En effet des données récentes révèlent qu’en 2017 encore 60% de la population guinéenne vivait en-dessous du seuil de pauvreté. Alors qu’en 2012 c’est 55% de la population qui était concernée. De même, en matière de développement humain, 2017 n’a pas non plus été l’année du progrès dans la mesure où la Guinée s’est située au rang de 183ème sur 188 pays au monde. Ces deux indicateurs (augmentation de la pauvreté et régression en matière développement humain) suffiraient à caractériser l’année 2017, mais en réalité la situation sociale en 2017 en Guinée fut beaucoup plus catastrophique que cela. En effet, l’accumulation des déchets sur les voiries urbaines a atteint un point où une dizaine d’individus a été tué dans un éboulement de déchets dans la banlieue de Conakry. De même, l’accès à l’eau potable et à l’électricité ne s’est ni stabilisé encore moins améliorée en 2017. L’insécurité devient grandissante sur les routes comme dans les centres urbains. Désormais, non seulement nous assistons au phénomène de kidnapping d’individus vacant à leurs affaires quotidiennes, mais de plus, le lynchage et la justice populaire gagne du terrain partout sur le territoire national. De même, les révoltes sociales dans les zones minières ont provoqué des morts et paralysé pour quelques jours les activités d’exploitation minière à Boké. L’assaut orchestré par le Président de la République contre les médias indépendants et les syndicats n’est pas non plus un indice rassurant. Finalement, la crise sociale qui s’est dressée en toile de fond tout au long de l’année 2017 en Guinée fut la crise du système éducatif. D’abord la grève des enseignants en février 2017 à provoqué une paralysie de l’enseignement et entraîné 7 morts par balles réelles, dont une femme enceinte. Puis, la grève des enseignants chercheurs en novembre 2017 a à nouveau provoqué la paralysie de l’enseignement et entraîné la mort de 3 élèves par balles réelles. Enfin, la décision du gouvernement, pour des raisons très obscures, de ne plus envoyer les étudiants de cycles supérieurs dans les établissements privés en Guinée donne le coup fatal et disqualifie totalement le système éducatif du pays.

Sur le plan social, en 2017, le seul aspect qu’on pourrait qualifier de sensiblement positif vient de la santé publique. En effet, dans ce domaine, le gouvernement à réussi à renforcer le système national de prévention et de prise en charge des maladies et des situations d’urgence sanitaire. De plus, six campagnes de vaccination de masse contre la poliomyélite ont été lancé avec une couverture vaccinale supérieure à 95%. Ça c’est une réussite.

Sur le plan économique et de la gouvernance : l’année 2017 aura connu à la fois des avancées et des reculs. Au titre des avancées, il faut souligner une bonne performance dans la gestion budgétaire du pays qui s’est caractérisée par une meilleure mobilisation des recettes fiscales, une progression maîtrisée des dépenses publiques, et un financement budgétaire net quasi-nulle par la banque centrale. De même, il faut souligner une croissance économique à la hausse tirée principalement par l’augmentation de la production minière. Les réserves internationales de devises à la Banque centrale se sont reconstituées à 2,5 mois d’importations et le taux d’inflation se maintient en-dessous de deux chiffres.

Cependant, ces indicateurs économiques positifs en cache d’autres beaucoup moins reluisants. Il s’agit notamment du creusement du déficit public à hauteur de 32% du PIB. Ce déficit ne pose pas encore un problème majeur dans la mesure où il est financé par des investissements étrangers directs en provenance du secteur minier. Mais pour combien de temps cette ingénierie financière tiendra-t-elle? De même, en dépit d’une croissance économique dynamique, le secteur privé guinéen est toujours hors-jeu car, non seulement il n’a pas accès au crédit, mais de plus, la piètre qualité des infrastructures de base bloque son développement. Il faut rappeler qu’en matière de fourniture d’électricité et d’infrastructures routière, la Guinée est loin derrière ses voisins du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Libéria et de la Sierra Leone. De même, sur l’indice de la qualité des infrastructures du Forum Économique Mondiale, la Guinée occupe le rang de 122ème sur 137 pays. Se rajoute à cela le phénomène de la corruption qui n’a pas faibli en 2017. Ni le gouvernement ni le Président de la République n’en font une priorité. Pourtant la corruption est le plus grand handicape au développement économique de notre pays.

Sur le plan politique : l’année 2017 aura aussi connu des épisodes importants. Parmi les épisodes positifs, il faut souligner le changement à la tête de l’organe en charge de l’organisation des élections et l’annonce par la nouvelle équipe de la CENI de la date des élections locales pour le 4 février 2018. Parmi les épisodes négatifs, il faut souligner le recours souvent injustifié aux marches et manifestations politiques à la moindre divergence entre l’opposition et la mouvance présidentielle. Ces marches se terminent généralement avec des morts et une impunité garantie aux coupables de répression. Ce recours intempestif à la rue pour résoudre la moindre divergence politique dénote de la faiblesse continue des institutions de notre pays.

Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

Sur le plan social, économique et politique, voilà tout dressé le bilan de l’année 2017. Nous avons vu que sur le plan social, c’est la paupérisation à tous les niveaux qui a prévalu en 2017. Nous avons vu que sur le plan économique, la structure de l’économie guinéenne n’a pas changé : on se retrouve toujours avec une économie fortement dépendante de l’exploitation minière et très exposée aux chocs des cours des matières premières. La diversification de l’économie est paralysée par la corruption et la piètre qualité des infrastructures qui ne donnent aucune chance au secteur privé. Le chômage des jeunes va grandissant d’année en année sans aucune perspective reluisante.  Sur le plan politique, c’est encore et toujours la même histoire de rue n’apportant que répression, deuil et désolation pour les populations guinéennes. À cette allure, à quoi s’attendre pour l’année 2018?

Dans la loi de finance 2018 voté récemment par l’Assemblée nationale rien ne laisse présager des chocs sociaux et économiques positifs de nature à inverser les tendances observées en 2017. Les seuls espoirs socioéconomiques pour 2018 reposent sur la concrétisation de l’accord-cadre de $20 milliards conclu avec la Chine, le succès du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES), et la reprise d’un programme de financement avec le FMI pour relancer les projets d’infrastructures tout en améliorant la gouvernance économique du pays. Cependant, il ne faut pas écarter le fait que les années 2018, 2019 et 2020 sont des années électorales en Guinée, et que la question du 3ème mandat est dans tous les esprits. En période électorale, comme nous l’avons observé par le passé, ce ne sont pas la raison et l’objectivité qui guident les politiques du gouvernement. Ce qui me laisse penser qu’il y a peu de chance que les espoirs socioéconomiques que suscitent l’accord avec la Chine et le PNDES se concrétisent véritablement en 2018.

Qu’à cela ne tienne, s’il y a une chose qui est certaine, c’est que tout au long de l’année 2018, mon Mouvement, la LDRG, va continuer à s’implanter politiquement sur le terrain, à nouer des alliances avec les forces progressistes du pays, et à incarner et porter l’espoir du changement radical auquel aspire depuis fort longtemps les populations guinéennes.

Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

Au regard de bilan de l’année 2017, il est vrai que les perspectives pour 2018 ne sont pas toutes reluisantes. Les quelques espoirs socioéconomiques en vue sont menacés par l’instabilité politique qui s’annonce. Mais cela ne doit en aucun cas vous décourager ou réduire vos aspirations pour une Guinée moderne, unie, juste, équitable et sans abus de pouvoir. Vous pouvez toujours compter sur la LDRG pour vous dire la vérité, et dire la vérité à n’importe quel camp politique. Je vous invite également à vous joindre au Mouvement pour la Nouvelle République : nous sommes une force d’amour, une force de proposition, le refuge de tous les hommes intègres qui refusent de composer avec le système de corruption qui prévaut depuis des décennies en Guinée. C’est notre heure qui s’annonce et nous devons être prêt à assumer nos responsabilités historiques.

Encore une fois, au nom de la LDRG et de l’ensemble des membres et sympathisants du Mouvement, je vous souhaite mes meilleurs vœux de nouvel an 2018 : santé, longévité, succès, prospérité, amour, bonheur, paix et quiétude.

Merci de votre aimable attention.

Mamadou Oury Diallo

Le Président

Tag(s) : #Société-Guinée, #Politique-Guinée, #Guinée, #Evènements-LDRG