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Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

Il est exaltant de se lancer sur de grands projets qui coûtent des milliards de dollars, tels que la construction de grands hôtels partout à Conakry, la construction des barrages de Kaléta et de Souapiti, la construction de zones économiques spéciales, l’extension du port de Conakry, l’exploitation accélérée des mines de bauxite, d’or et de fer, ou encore le projet d’exportation de l’électricité dans la sous-région. Tout ceci est très exaltant! Mais à quoi servent tous ces gigantesques projets si les conditions de vie des populations ne cessent de se dégrader jour après jour :

  • À quoi servent tous ces gigantesques projets si 76% des femmes qui donnent naissance en Guinée accouchent encore à la maison?
  • À quoi servent tous ces gigantesques projets si, au cours de l’accouchement en Guinée, seulement 30% des femmes ont recours à un personnel médical qualifié?
  • À quoi servent tous ces gigantesques projets si 15% des enfants âgés de moins de 5 ans en Guinée sont atteints de malnutrition chronique?
  • À quoi servent tous ces gigantesques projets si 35% des enfants de moins de 5 ans, et 50% des personnes âgées, attrape régulièrement des maladies courantes en Guinée, telles que la diarrhée, le choléra, la fièvre typhoïde, le paludisme, etc. ?
  • À quoi servent tous ces gigantesques projets si moins de 30% de la population à accès à la santé en Guinée?

Pourtant l’accès à la santé est non seulement un besoin primaire indispensable pour tout être humain, mais de plus,  c’est un droit social légitime pour les populations guinéennes. Pourquoi serions-nous donc capables de construire de grands hôtels et de grands barrages tout en étant incapables de garantir l’accès à la santé à nos populations? Pourquoi?

 

Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

C’est parce que tout ceci ne fait aucun sens, et parce que nous refusons de nous résigner à ce non-sens, que la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée (LDRG) à, non seulement observé ce qui se fait de mieux ailleurs, mais de plus, nous avons cherché, recherché et trouvé la solution pour garantir une couverture santé universelle à l’ensemble de la population guinéenne.

 

LE PROGRAMME SANTÉ POUR TOUS : Il est vrai qu’il existe déjà en Guinée quelques régimes d’assurance maladie, notamment la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) ainsi que quelques assureurs privés. Cependant, ces régimes ne couvrent que le secteur formel qui est loin d’être représentatif du monde du travail en Guinée. Avec le programme « Santé pour Tous » voulu par la LDRG, grâce à la généralisation des Mutuelles de santé, l’objectif est de couvrir à la fois le secteur informel (95% de la population active), ainsi que la population rurale qui est généralement abandonnée à elle-même.

 

Le système des Mutuelles de santé : le cœur du programme « Santé pour Tous » voulu par la LDRG repose donc sur les Mutuelles de santé. La mutuelle de santé est caractérisée par : la cotisation des participants, la solidarité des membres, la mutualisation des risques, et la subvention pour les personnes les plus pauvres et vulnérables.

 

Le système des Mutuelles de santé voulu par la LDRG comprendra 3 niveaux opérationnels : les mutuelles de région, les mutuelles de Commune et de Préfecture, et enfin les Cellules locales. Plus concrètement, les Cellules locales joueront un rôle de sensibilisation auprès des populations de leur localité, notamment dans les Quartiers et les CRDs. Elles informeront les populations locales de l’importance d’adhérer à la Mutuelle de Santé, et elles aideront les populations dans leur démarche d’adhésion. Les populations qui décident d’adhérer à la mutuelle de santé payeront les frais d’adhésion au niveau de la Mutuelle de Santé de leur Commune/Préfecture. Une fois admises, les populations qui souhaitent se faire soigner dans un poste de santé de leur quartier/CRD, ou dans un centre de santé de leur Commune/Préfecture, ou dans un hôpital de référence de leur région n’auront plus qu’à payer un montant forfaitaire symbolique au poste de santé, au centre de santé, ou à l’hôpital. Le reste des frais de traitement sera entièrement couvert par leur mutuelle.

 

La couverture des soins de santé par les mutuelles : les mutuelles de santé couvriront tous les services de traitement et les médicaments de leurs adhérant. Parmi les traitements et services qui seront couverts par les Mutuelles, y figurent :

 

  • Les soins curatifs (consultations, suivi des maladies chroniques, réhabilitation nutritionnelle) ;
  • Les accouchements de toutes sortes ;
  • Les prises en charge du paludisme grave, de la fièvre typhoïde et de la fièvre Ébola;
  • Les examens de laboratoire (goutte épaisse, hémoglobine, examen direct des selles et des urines) ;
  • Les soins et chirurgie dentaire ;
  • La chirurgie en général ;
  • L’accès aux prothèses et aux orthèses dont la valeur ne dépassera pas le plafond déterminé par les Mutuelles ;
  • Les hébergements aux centres de santé ;
  • Les médicaments génériques qui figureront sur la liste du Ministère de la Santé ;
  • Les soins préventifs (vaccinations, suivi de la croissance des enfants de moins de cinq ans, consultation prénatale, planification familiale) ; et
  • Tous les autres actes médicaux qui seront déterminés par Arrêté ministériel.

Mes très chers compatriotes,

J’ai la totale conviction qu’en combinant le régime d’assurance maladie offert par la CNSS et les assurances privées avec les mutuelles de santé comme je viens de le définir, nous arriverons à étendre considérablement le taux d’accès à la santé et le taux de consultation médicale pour les populations guinéennes. L’objectif sera d’arriver à un taux de couverture de 50% de la population sur un horizon de 3 ans, et de 97% de la population sur un horizon de 5 ans. C’est ainsi que des pays comme le Rwanda, en l’espace de 10 ans, sont arrivés à une couverture maladie de près de 100% de leur population.

 

Cependant, j’entends déjà la critique. Je suis très conscient qu’il ne suffit pas de concevoir un projet pour qu’il se réalise de lui-même. Voilà pourquoi, pour être sérieux, il est nécessaire d’aborder la question liée aux préalables indispensables à la réussite du programme « Santé pour Tous ». À savoir : les structures organisationnelles existantes et le mécanisme de financement.

 

Les structures organisationnelles : par structures organisationnelles, il faut d’abord entendre :

  • L’existence de collectivités locales fonctionnelles et proches des besoins des populations à la base : force est de reconnaître que l’état actuelle de la décentralisation en Guinée est lamentable. Les fonctions dévolues à nos collectivités locales sont d’abriter des urnes, de compter des bulletins de votes, et de transporter des urnes. Cette ère de l’irresponsabilité sera immédiatement révolue avec un gouvernement dirigé par la LDRG. Nous avons déjà publié une réforme de l’État et de l’administration publique dont l’une des composantes est la nouvelle politique de décentralisation qui obéit parfaitement aux principes de représentativité, de participation citoyenne et d’orientation vers les besoins des populations. Parallèlement à la mise en œuvre de cette nouvelle politique de décentralisation, un gouvernement dirigé par la LDRG dotera chacune de nos 8 régions administratives d’une mutuelle de région, chacune de nos préfectures et communes de mutuelles de préfecture et de commune, et chaque CRD et Quartier de Cellules locales conformément au plan établi dans le programme « Santé pour Tous ».
  • L’existence d’un réseau cohérent d’établissements de santé à l’échelle nationale : en l’état actuel, le système de santé publique en Guinée est quasi-inexistant avec un conflit de compétence et d’attribution à tous les niveaux. Pour que le programme « Santé pour Tous » puisse pleinement être opérationnel et efficace, le système de santé publique en Guinée doit être structuré et cohérent. Notamment, les services de santé doivent correspondre aux divisions administratives conformément à la politique de décentralisation. Ainsi, dans chaque quartier et CRD il y aura des Postes de santé qui s’occuperont des consultations médicales et du traitement des maladies primaires ; dans chaque commune et préfecture il y aura des Centres de santé qui sont un peu plus spécialisés que les Postes de santé et qui s’occuperont du traitement de maladies non traitables au niveau des postes de santé; finalement, dans chaque région administrative il y aura des Hôpitaux de référence nationale spécialisés et chargés de traiter les cas non traitables au niveau des Centres de santé.

Ainsi, sur le plan purement organisationnelle et technique, l’implantation des mutuelles de santé se fera donc parallèlement à la mise en œuvre de la nouvelle politique de décentralisation et à la réorganisation du système de santé publique en Guinée.

 

Le mécanisme de financement : au sein de la LDRG, nous ne croyons pas aux vertus de la gratuité. Autant nous privilégions l’initiative individuelle partout où c’est nécessaire, autant nous sommes convaincu que l’État n’a pas de ressources illimitées. Voilà pourquoi le système des mutuelles de santé voulu par la LDRG sera conjointement financé par la cotisation des participants et l’État guinéen à travers un Fonds de Solidarité pour la Santé Universelle (FSSU) qui sera exclusivement dédié à cette fin.

 

La cotisation individuelle pour les populations sera de 40,000.00GNF par an. Au cours des 5 premières années, chaque participant ne payera que 50% de cette cotisation (20,000.00GNF) à la Mutuelle. Les autres 50% seront pris en charge par le FSSU. L’adhésion à la Mutuelle peut se faire sur une base individuelle ou familiale. La seule catégorie de la population pour laquelle l’adhésion sera gratuite est les personnes âgées de 60 ans et plus à cause de leur vulnérabilité. En plus de la cotisation annuelle, afin de pouvoir bénéficier des soins de santé, quelques soient les niveaux de traitement et de soins requis, les participants n’auront plus qu’à payer un montant forfaitaire de 10,000.00GNF au niveau des Postes de santé, 12,000.00GNF au niveau des Centre de santé, et 8% du coût total des hospitalisations au niveau des hôpitaux de référence. Le reste des frais de traitement seront entièrement couverts, d’une part, par les Mutuelles de santé et, d’autre part, par l’État guinéen à travers le FSSU. Le rôle du FSSU sera de : combler les déficits des Mutuelles pour veiller à la stabilité financière du système.

 

Durant sa phase d’implantation, d’après nos évaluations comparatives, le programme « Santé pour tous » coûtera $21 millions par an à l’État. Il est utile de remettre ce montant en perspective : $ 21 millions par an, en considérant que la Guinée compte une population assurable de 11 millions d’individus, cela voudrait dire que le financement du projet « Santé pour tous » coûterait à l’État une contribution de $2 par an pour chaque citoyen guinéen. Donc, pour des hommes d’État responsables qui aiment leur peuple, une contribution annuelle de $2 par citoyen pour garantir la santé et le bien-être de la nation n’est pas une équation impossible.

 

De plus, le programme « Santé pour Tous » voulu par la LDRG ne doit en aucun cas être perçu comme une énième tentation à l’État providence. Tout au contraire, il doit être perçu comme un investissement susceptible, non seulement d’améliorer le bien-être des populations, mais aussi, de fournir à l’économie guinéenne une population en bonne santé tout en prévenant des chocs sanitaires, comme le virus Ébola, susceptibles de paralyser tout le pays. De plus, le programme « Santé pour tous » sera un grand bassin d’emplois qui drainera l’innovation et la croissance au niveau local. Ce programme est donc un catalyseur susceptible d’avoir plusieurs retombées sociaux et économiques positifs.

 

Guinéennes et guinéens,

Mes très chers compatriotes,

Tout au long de cette adresse, après avoir exposé le non-sens qui consiste pour nos gouvernants à se lancer dans de gigantesques projets alors que les conditions de vie de l’écrasante majorité de nos populations ne cessent de se dégrader, j’ai partagé avec vous le programme « Santé pour tous » de la LDRG destiné à donner accès à la santé à l’ensemble de nos populations. Ce programme repose sur les Mutuelles de Santé. Il doit être accompagné d’une nouvelle politique de décentralisation et d’une restructuration de notre système de santé publique. Son mécanisme de financement combine une contribution annuelle symbolique et le paiement d’un montant forfaitaire symbolique pour bénéficier des traitements, avec une subvention garantie par l’État à travers le FSSU. Ce programme coûtera à l’État une contribution annuelle de $2 pour chaque citoyen guinéen.

 

Mes très chers compatriotes,

La réalisation d’une telle réforme requiert un leadership convaincu, compétent et totalement dévoué à l’intérêt général. Elle requiert des leaders qui aiment leur peuple et leur nation. C’est ce leadership que je veux pour la Guinée. C’est ce leadership qu’incarne la LDRG. Nous ne pouvons plus attendre. Je sollicite votre soutien. Ensemble, tout devient possible!

 

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG

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