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Il y a une chose qui est unanime en Guinée depuis l'avènement des civils au pouvoir en 2010: il faut tout faire pour ménager l'armée. Le Président Alpha Condé et ses différents gouvernements mettent les bouchées doubles. Les officiers de l'armée ne connaissent pas la sévère crise socio-économique qui frappe de plein fouet le reste de la population. Alpha Condé peut en effet compter sur un nouveau premier ministre qui sait se taper la poitrine et ramener de l'ordre au pays. Kassory Fofana est même capable de bloquer le salaire de nos enseignants. Par contre, quiconque se hasarde à jouer avec les salaires des soldats aura à faire à Alpha Condé et son premier ministre. Les soldats et les officiers de l'armée ne déboursent même pas un franc pour se procurer le sac de riz pour lequel les enseignants galèrent à mort ces jours-ci en Guinée. De même, vous aurez certainement entendu parler du projet de logements sociaux depuis l'arrivée de Kassory à la primature. Ces logements sociaux sont d'abord pour l'armée. Pourtant, Alpha Condé et Kassory s'en moquent de raser sans dédommagement les habitations des pauvres populations des quartiers de Démoudoula à Conakry. Alpha Condé et Kassory ne sont pas les seuls dans le concours de cirage des bottes de l'armée. Il faut aussi compter sur le ministre de la défense et celui de la sécurité qui ne ménagent aucun effort pour se rassurer que l'armée et la police ne manquent pas d'équipements. Les discours du ministre de la défense impressionnent même les amiraux de l'armée américaine que Alpha Condé a faillit inviter lors du défilé ridicule organisé dans un stade de Conakry à l'occasion du 60ème anniversaire de l'indépendance de la Guinée.

Après tout ce cirage de bottes, les citoyens que nous sommes devraient au moins s'attendre à une meilleure sécurité pour nous et nos biens. Tout au contraire, l'insécurité n'a jamais été aussi présente en Guinée. Nous assistons même désormais à des kidnapping. L'impunité étant la règle, les tires à balles réelles contre des civils exerçants leurs droits fondamentaux et le pillage de magasins de commerçants sont devenus monnaie courante. Des organismes internationaux comme Human Rights Watch et Amnesty International pointent du doigt les dérapages de l'appareil sécuritaire du régime de Alpha Condé et de Kassory Fofana. Le dernier exemple en date est celui de la tentative d'assassinat du Chef de file de l'opposition lors d'une simple mission d'encadrement d'une marche pacifique.

Alors oui, nous sommes le 1er novembre, la fête de l'armée guinéenne. Il est vrai que, grâce à l'assistance des partenaires de la Guinée, une bonne partie de l'armée guinéenne devient républicaine et professionnelle. Nous la saluons, nous l'encourageons et nous la souhaitons bonne fête au nom du sacrifice consenti sous le drapeau national. Mais il ne faut plus hésiter à dire clairement qu'une autre partie de l'appareil sécuritaire (armée, police et gendarmerie) du régime de Alpha Condé et de Kassory Fofana se comporte en milices, en gangsters et en voyous. Alpha Condé et Kassory Fofana font le parie qu'en cirant les bottes de cette partie malsaine de l'armée, ils pourront se maintenir au pouvoir en dépit de la volonté du peuple de Guinée. Voilà pourquoi, aujourd'hui, en ce 1er novembre, au nom de l'ensemble des membres et sympathisants de la LDRG, j'en appelle à la partie républicaine et professionnelle de l'armée guinéenne: Ce qu'un Chef des armées attends des officiers supérieurs et des officiers de l'armée, c'est, en tout temps, un état précis de la sécurité intérieure et extérieure par rapport aux menaces internes et externes. Ce que des officiers supérieurs et des officiers d'armée attendent d'un Chef des armées, ce sont des commandements clairs et précis. La première qualité d'un bon officier supérieur est de faire exécuter avec précision un commandement. Un Chef de l'Etat cesse d'être le Chef des armées à partir du moment où il commande à l'armée d'intervenir pour défendre ses intérêts personnels au détriment de l'intérêt de la nation. Le bon officier doit en tout temps, même en plein sommeil, faire preuve de "bon jugement"; c'est-à-dire, avoir en tout temps la capacité intellectuelle de distinguer l'intérêt de la nation de l'intérêt particulier d'un individu susceptible de faire peser une menace sur la sécurité nationale. 

L'illustration la plus éloquente du bon jugement militaire nous vient du Chef d'état-major des forces armées du Burkina-Faso lors de la révolution populaire de 2015. Alors que l'unité de la garde présidentielle était prête à tout prix à défendre le Président Blaise Compaoré contre la nation du Faso, le Chef d'état-major des forces armées du Faso, faisant preuve d'un jugement sans faille, à immédiatement intimé à l'unité de garde présidentielle de baisser les armes car, à cet instant précis, c'est le pouvoir du Président Blaise Compaoré qui représentait la plus grande menace à la sécurité du Burkina Faso. Bien entendu, toutes proportions gardées, l'armée du Burkina Faso n'est pas l'armée guinéenne; Et le Burkina Faso n'est pas la Guinée. Mais ceci est une bonne illustration du bon jugement militaire.

Le Président Alpha Condé et Kassory Fofana souhaitent imposer à notre nation le choix entre "l'ordre" et "le désordre". Ils assimilent le désordre à l'expression démocratique, au pluralisme et à la liberté d'expression lorsque ce n'est pas à leur avantage. Ils assimilent l'ordre à l'usage de la force (armée, police et gendarmerie) pour réprimer et imposer de manière impopulaire leur volonté contre les dispositions de la loi et des accords politiques. Aujourd'hui, nous considérons que l'ordre et le désordre du Président Alpha Condé et de Kassory Fofana commencent à représenter une menace à la sécurité de notre nation. Voyons les choses très simplement. L'ordre, c'est le respect des lois et l'application des accords politiques. Le désordre, c'est la violation des lois et des accords politiques. Lorsqu'on perd des élections, accepter sa défaite et respecter la légitimité de son adversaire, c'est l'ordre. Refuser de perdre et saboter la légitimité de son adversaire, c'est le désordre. L'exercice du bon jugement reviendra au moment venu à la partie saine de l'armée guinéenne.

En attendant, en ce 1er novembre, alors que le cirage de bottes est à son comble, la LDRG appelle plutôt les partenaires de la Guinée à préparer un embargo stricte sur les armes contre le régime de Conakry. Des armes modernes et lourdes aux mains de milices, de gangsters et de voyous ne contribuent pas à l'amélioration de la sécurité, ni pour les populations guinéennes ni pour la sous-région. Ce n'est pas après le massacre qu'il faut imposer un embargo sur les armes. C'est aux premiers signes d'un mauvais usage des armes qu'il faut le faire. Nous avons suffisamment d'indices du mauvais usage des armes par la partie malsaine de l'appareil sécuritaire de Alpha Condé et de Kassory Fofana en Guinée. Nous appelons donc solennellement à l'application d'un embargo sur les armes contre le régime de Conakry. Cet appel à l'embargo n'est qu'une mesure parmi tant d'autres que nous réclamons pour dissuader Alpha Condé et Kassory Fofana de tout projet satanique en Guinée. Nous ne laisserons pas faire!

Mamadou Oury Diallo
Président de la LDRG

Tag(s) : #Afrique, #Africa, #Politique-Guinée, #Société-Guinée