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Un toit. Un toit signifie beaucoup. Votre toit est le premier périmètre où s’exerce votre autorité parentale. Un toit signifie la sécurité, la protection, l’intimité, le cocon familiale, le foyer, la dignité et la fierté. Que votre maison soit un simple « entré-couché » ou un véritable château, se construire un toit est un accomplissement important pour tout Homme. Le plus souvent, c’est le projet d’une vie. 

Que se passe-t-il encore à Kaporo-rails? Kapora-rails la démolie, la bulldozée, la déguerpie. Que se passe-t-il encore? Un bon matin, c’est à votre tour. Vous êtes forcés de quitter votre toit. Un bon matin, vous n’avez plus de toit. Un bon matin, votre toit, votre fierté, votre accomplissement bâtit brique-par-brique depuis tant d’années de labeur, votre cocon est démolie sous vos yeux. Vous êtes impuissant. Vous venez de tout perdre. Vous, le bon chef de famille, vos enfants autour de vous, vous ne pouvez pas comprendre et vous venez de verser une larme. Où partir? Que faire? 

Injustice de la vie. En effet, du jour au lendemain, il peut arriver qu’un phénomène de la nature (inondations, ouragan, tremblement de terre, incendie, …) détruise tout ce que vous avez bâtit depuis tant d’années. C’est ainsi, on n’y peut rien. Mais que se passe-t-il vraiment à Kaporo-rails? Des agents de l’État vous vendent légalement des parcelles. Vous parvenez, après plusieurs années de labeur, à vous construire sur cette parcelle un toit. Un bon matin, le gouvernement arrive avec ses bulldozers pour démolir votre toit sans dédommagement ni aucune solution pour garantir votre relocation dans la dignité. C’est ce qui se passe encore et encore à Kaporo-rails depuis deux décennies.

1-Premièrement, je tiens à exprimer ma solidarité totale envers les familles victimes du déguerpissement de kaporo-rails. Je ressent ce qu’elles ressentent. Et je prie Dieu de leur offrir le réconfort, la force et le courage de reprendre à zéro. C’est aussi l’occasion pour moi de saluer la générosité de tous ceux qui ont fait un geste pour aider ces familles à se reconstruire et a reconstruire. Quant à nous au sein de la LDRG, non seulement nous ferons des donations dans ce sens, mais de plus, nous consentirons très prochainement une journée de jeûne pour partager pleinement l’amertume des victimes et implorer l’aide de Dieu en leur faveur.

2-Deuxièmement, j’invite le gouvernement à immédiatement trouver des solutions d’hébergement et de dédommagement inconditionnelles pour les victimes de ce déguerpissement sauvage. Tous les citoyens guinéens, y compris ceux de kaporo-rails, sont égaux en droits et en devoirs. Ils sont libres de se déplacer et de s’établir partout sur l’étendu du territoire national. Et l’État a l’obligation de garantir ces droits à chaque citoyen. Ceci n’est que le rappel d’un principe pour lequel nous nous battrons jusqu’au dernier souffle en Guinée.

3-Troisièmement et finalement, les seuls propos auxquels les victimes ont eu droit de la part du Ministre de la Ville, Ibrahima Kourouma, qui pilote cette grande injustice est de dire que l’opération de démolissage à Kaporo-rails ira jusqu’au bout. Je souhaite donc ici encourager le ministre Ibrahima Kourouma à aller vraiment au bout de son projet. Si dans les prochains jours une seule maison reste debout à Kaporo-rails, c’est que Ibrahima Kourouma n’est pas le fils de son père. Nous l’invitons à tout raser et à ne rien laisser debout à Kaporo-rails. Même pas un arbre. La seule chose que nous demandons au ministre Ibrahima Kourouma, c’est de nous informer le jour où il aura fini de tout démolir, afin que nous commençons à reconstruire. 

Mes chers compatriotes, avec cette terrible injustice de Kaporo-rails, ce n’est pas la violence et la sauvagerie de l’État guinéen qui me préoccupe. Ce qui me préoccupe surtout, c’est le déficit de solidarité nationale envers ces familles. Nous sommes face à une catastrophe humanitaire. Nous avons des compatriotes qui viennent injustement de tout perdre et qui dorment en ce moment même sous des tentes. C’est à peine si les populations des quartiers et des communes voisines sont sensibles à cette détresse. À plus forte raison au niveau national. Ça ce n’est pas la nation que j’envisage et que je plébiscite pour ma Guinée. La nation que j’envisage en Guinée est une nation solidaire dans le bonheur comme dans le malheur. C’est une nation où les voisins sont bienveillants. C’est une nation au sein de laquelle prévaut la compassion. Nous avons les moyens de bâtir une telle nation. Et nous y arriverons quelques soient les démolissages et les bulldozages.

Mamadou Oury Diallo
Président de la LDRG