Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Depuis un moment, nous avons l’impression que le passé sombre de notre pays nous rattrape. Des acteurs politiques de premier plan qui ont mangé dans toutes les sauces (tous étaient premiers ministres de l’ancien régime, l’un est devenu Haut Représentant du chef de l’État actuel alors que l’autre touche $42000 par mois du régime actuel en tant que chef de file de l’opposition); depuis un moment ces acteurs politiques, en surfant de manière très opportuniste sur les troubles politiques en Algérie et au Soudan, en appellent, de manière très irresponsable, à un coup d’État et au retour des militaires au pouvoir en Guinée. Ces acteurs politiques se revendiquent comme étant des “Contéistes”, c’est-à-dire des adeptes du régime militaire du feu Général Lansana Conté. Ils furent également les premiers acteurs, par manque total de conviction, à prêter allégeance aux putschistes du 22 décembre 2008 (CNDD) qui perpétreront les crimes contre l’humanité de Septembre 2009 dans un stade de Conakry.

1-Premièrement, au nom de la LDRG, je condamne fermement les appels au coup d’État militaire en Guinée. Nous invitons les plus hautes autorités militaires du pays à ne pas se laisser distraire par des querelles politiciennes insensées. Dans une sous-région aux menaces de plus en plus complexes, nous appelons les forces armées guinéennes à une vigilance extrême pour garantir la sécurité dans le pays.

2-Deuxièmement, les acteurs politiques guinéens n’ont toujours pas compris les vraies aspirations du peuple de Guinée. S’il y a une chose que nous n’accepterons plus jamais, c’est de retourner en arrière. Nous ne voulons plus de coup d’État militaire et nous ne voulons plus de régime militaire. De plus, des acteurs politiques qui s’affichent avec un certain Mamadou Sylla (l’homme à cause duquel il y a eu le soulèvement de janvier et février 2007 qui a provoqué le massacre de plus de 380 jeunes) ces acteurs politiques là ne font pas partir du renouvellement et de l’avenir auquel aspire le peuple de Guinée.

3-Troisièmement, il faut replacer le curseur à sa bonne place. Le Président Alpha Condé, avec tous ces défauts, n’est pas plus monstrueux que ses opposants. C’est un homme qui, pendant que ses opposants d’aujourd’hui profitaient de l’ancien régime et organisaient des hold-up électoraux (Coudéïsme), lui il a fait deux ans de prison, a refusé d’aller à la soupe et a subit l’exile parce que, quelque part, quoi qu’on dise, il aime son pays. Individuellement, il a de loin une légitimité historique plus forte et incomparable avec ses opposants politiques. Par ailleurs, même si son bilan socio-économique est largement déficitaire, cependant il n’est pas pire que celui de ses prédécesseurs qui n’ont même pas pu fournir de l’eau et de l’électricité aux populations. C’est celle-là la vérité vérifiable et j’aimerai qu’elle soi dite et entendue par l’ensemble des jeunes de ma génération. Que vous l’aimez ou que vous le détestez, c’est celle-là la vérité. La plupart d’entre-vous me connaissent bien désormais, je ne suis pas en train de faire les louanges de Alpha Condé. Je ne suis pas du RPG Arc-en-ciel. Et à chaque fois que le régime dérape, je suis le premier à le dénoncer sans réserve. Cependant, à chaque fois aussi que le débat politique commence à déborder dans le mensonge, il faut rétablir la vérité afin que le peuple y voit clair. C’est ce que je viens de faire. Et c’est ce que vous connaissez de moi.

Conclusion: L’opposition reste l’opposition et elle est légitime. Cependant, non seulement les acteurs de l’opposition ne sont pas ci-propres comme ils le prétendent en Guinée, mais de plus, les appels au coup d’État militaire ne sont plus de notre époque. Nous ne voulons plus retourner en arrière. Nous souhaitons aller de l’avant. Une proposition de réforme constitutionnelle peut sembler légitime pour les uns et inopportune pour les autres. Que les uns et les autres retrouvent le langage politique adéquat et les arguments nécessaires pour faire avancer le débat sur la réforme constitutionnelle en Guinée sans verser dans l’arrierisme, l’archaïsme et la violence. Au final, le dernier mot reviendra au peuple à travers le Référendum. Le peuple n’est pas que du bétail à sacrifier pour accéder ou se maintenir au pouvoir. Il faut apprendre à respecter et à faire confiance au peuple. 

Du haut de mes 208 km de marche et de mes 35 rudes journées de jeûne dans cette lutte pour le progrès de notre pays, j’appelle encore une fois l’ensemble des jeunes de ma génération à prendre leur distance par rapport à ces querelles politiciennes stériles. Faisons dos au passé et tournons-nous vers l’avenir. L’avenir passe d’abord par le renouveau institutionnel et politique. Mobilisons-nous donc sur l’essentiel. L’essentiel aujourd’hui est de doter notre pays d’institutions fortes qui feront en sorte que les erreurs du passé ne se reproduisent plus jamais. Des institutions fortes qui ramèneront la stabilité, qui mettront un terme aux abus de pouvoir, et qui contraindront les acteurs politiques à faire de la politique de manière responsable et utile à la nation. Prenons notre avenir en main!

ENSEMBLE, TOUT DEVIENT POSSIBLE!

Mamadou Oury Diallo
Président de la LDRG

Tag(s) : #Politique-Guinée, #Guinée