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John Lewis, emblématique militant de la non-violence et des droits civiques aux États-Unis, ancien compagnon de route de Martin Luther King, est mort à l'âge de 80 ans, a annoncé vendredi la Chambre des représentants dont il faisait partie.

Aujourd'hui, l'Amérique déplore la disparition de l'un des plus grands héros de l'histoire américaine, a écrit la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, dans un communiqué.

John Lewis, qui souffrait d'un cancer du pancréas, a été parlementaire pendant des décennies après avoir failli succomber sous les coups de la police.

Il incarnait la conscience du Congrès, selon l'expression de Nancy Pelosi.

La vie de John a été exceptionnelle, mais il n'a jamais cru faire plus que ce que n'importe quel citoyen de ce pays était capable de faire. Il croyait qu'il existe en chacun de nous la capacité d'un grand courage et le désir de faire le bien, a souligné l'ancien président Barack Obama.

Il aimait tant son pays qu'il a risqué sa vie afin que ce pays puisse tenir ses promesses. Décennie après décennie, il n'a pas seulement fait don de sa personne à la liberté et à la justice, il a également inspiré des générations à suivre son exemple. Barack Obama

Donald Trump s'est lui dit attristé par la mort de ce héros des droits civiques, dans un message laconique illustrant le peu d'estime portée à celui qui avait boycotté son investiture en janvier 2017. Le président a aussi ordonné que les drapeaux soient mis en berne sur tous les bâtiments publics, y compris à la Maison-Blanche.

Auparavant, la porte-parole de la présidence, Kayleigh McEnany, avait salué une icône laissant un héritage durable qui ne sera jamais oublié. Le républicain Mitch McConnell, président du Sénat, a lui aussi loué ce pionnier des droits civiques qui n'a pas hésité à mettre sa vie en jeu pour combattre le racisme, promouvoir l'égalité des droits et placer notre nation en accord avec ses principes fondateurs.

Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau a réagi sur Twitter, saluant la mémoire de John Lewis qui défendait courageusement ce qu’il savait vrai et qui a sans cesse lutté pour l’égalité et la justice. À Paris, le président français Emmanuel Macron a quant à lui rendu hommage à un héros grâce à qui tant de progrès ont été conquis.

L'une des voix les plus respectées
Fils de métayers, cet Afro-Américain était à 21 ans un des plus jeunes « Freedom Riders » (voyageurs de la liberté) qui ont combattu la ségrégation dans le système de transport américain au début des années 1960. Il est devenu l'une des voix les plus respectées du pays pour la justice et l'égalité.

Lewis était le dernier survivant du groupe des six dirigeants activistes des droits civiques, le « Big Six » dirigé par Martin Luther King.

Il s'est fait connaître pour avoir été à la tête des 600 manifestants qui ont pris part à la marche contre la discrimination raciale du 7 mars 1965 sur le pont Edmund Pettus à Selma, en Alabama, au cours de laquelle il a été renversé et battu par des policiers sous l’œil des caméras. Les images télévisées ont attiré l'attention du pays sur l'oppression raciale subie par les Noirs aux États-Unis.

En 2015, pour célébrer le cinquantenaire de ce Dimanche sanglant, il avait repassé le pont aux côtés du président Barack Obama.

Malgré la maladie, il avait fait son retour à Washington en juin, en pleine tourmente née de la mort de George Floyd aux mains de la police à Minneapolis, pour participer à la mobilisation du mouvement Black Lives Matter contre les discriminations raciales.

Source: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1720644/john-lewis-etats-unis-droits-racisme

Tag(s) : #Amérique du Nord