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Guinéennes et guinéens,
Mes très chers compatriotes,
N’oublions jamais d’où nous venons. Lorsque le CNRD prenait le pouvoir le 5 septembre, aucune composante de notre nation n’était épargnée par la répression. Nous étions arrivé au point où même les dépositaires de la sagesse traditionnelle, notamment les Coordinations régionales, étaient réprimés. Des cimetières étaient gazés. Le tissu social était totalement déchiré. La corruption généralisée avait totalement paralysé l’État. Nous étions arrivé au point où au lieu d’améliorer les conditions de vie des travailleurs, le régime précédent avait même trouvé l’idée géniale de réduire le salaire des fonctionnaires dans un contexte d’extrême précarité. Nous vivions isolé du reste du monde, non seulement parce que nous n’avions plus de routes praticables, mais aussi, parce que les frontières terrestres avec nos pays voisins étaient fermées depuis plusieurs mois. N’oublions jamais d’où nous venons. 

Aujourd’hui, seulement quelques dix mois après le 5 septembre, le CNRD a réussi à ouvrir des chantiers gigantesques et historiques pour la refondation de notre république :

1.En matière de réconciliation nationale : non seulement il y a eu des consultations générales aux lendemains du 5 septembre, mais de plus, des assises nationales permettant aux guinéens de se parler à nouveau dans un esprit de fraternité ont eu lieu. Également, au fur et à mesure, toutes les composantes de la nation sont à nouveau associé à la gestion publique. De même, le Conseil des Ministres tournant dans les quatre régions naturelles est la preuve palpable d’une volonté politique d’inclusion. Sachant d’où nous venons, non seulement ceci est mieux que rien, mais de plus, c’est une vision que tout guinéen doit encourager. 

2.En matière de refondation de l’État : non seulement nous avons assisté au renouvellement historique des élites dirigeantes de l’administration publique, mais de plus, il y a un énorme travail en cours pour éliminer totalement les fictifs du registre de la fonction publique centrale et décentralisée. Ce travail extrêmement complexe devait être fait par les gouvernants précédents, mais aucun d’entre eux n’a eu le courage de le faire. Il faut rajouter à cela les prouesses en matière d’organisation des examens scolaires nationaux. Il était connu que le système éducatif de notre pays est en faillite, mais grâce à la « Méthode Hawing » qui nous a révélé un taux d’admission de 9% au Baccalauréat unique, nous savons tous désormais à quel point l’avenir de notre nation est en danger. Ce sont là les bases de la refondation de l’administration publique et de l’école guinéenne.

3.En matière de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance : nous avons assisté à la création de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). La CRIEF aurait dû être mise en place depuis les années 90. Il a fallu attendre le 5 septembre pour voire cette institution naître. Non seulement nous l’avons vu naître, mais de plus, nous l’avons vu en œuvre : d’ex-premiers ministres, d’ex-ministres, d’ex-présidents d’assemblée nationale, d’ex-gouverneurs de banque centrale, d’ex-directeurs généraux, et d’ex-hommes d’affaires, qui étaient tous intouchables et qui abusaient des biens publics, sont aujourd’hui appelés à rendre des comptes. De même, nous sommes témoins des opérations de récupération des biens de l’État. Aucune famille n’est épargnée par ces opérations. Mais c’est le bon signal à envoyer pour préserver notre État, autrement dans quelques années il n’y aura plus d’État en Guinée; c’est aussi le bon signal à envoyer pour couper l’herbe sous les pieds des acteurs qui attendent d’être au gouvernement pour acheter des biens de l’État. Il s’agit là de conflits d’intérêts qui ne sont possibles nul par ailleurs qu’en Guinée. En matière de bonne gouvernance, la refondation est donc également en marche. 

4.En matière d’établissement de l’État de droit : nous sommes témoin d’une volonté politique de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire, notamment par le renforcement des pouvoirs du Conseil Supérieur de la Magistrature. De même, nous assistons à une volonté politique de mettre fin à l’impunité des crimes de sang, notamment par l’aboutissement des enquêtes et la condamnation de bavures lors des opérations de maintien d’ordre. Également, la volonté renouvelée de voir se tenir le procès des crimes contre l’humanité de Septembre 2009. Sans mentionner la libération des prisonniers politiques et le rétablissement de la liberté de mouvement des acteurs politiques. Il s’agit là d’actes concrets qui participent à la refondation de l’État de droit dans notre pays.

5.En matière de retour de notre pays dans le concert des nations : depuis le 5 septembre, non seulement la Guinée a rouvert ses frontières terrestres avec l’ensemble de ses pays voisins, mais de plus, nous n’avons jamais interrompu le soutien envers le pays frère du Mali malgré les sanctions subies par nos deux pays. Par ailleurs, nous avons accueilli à bras ouvert et dans la belle tradition africaine tous les Chefs d’États de la sous-région souhaitant s’enquérir de la situation en Guinée.

En l’espace de seulement dix mois, dans un contexte international très difficile marqué par la pandémie de la Covid-19 et la guerre Russo-Ukrainienne, voici de façon très sommaire quelques-unes des actions entreprises par le CNRD. Il reste une dernière grande réforme à engager encore au cours de cette transition, il s’agit de la réforme constitutionnelle. C’est cette dernière réforme qui traduira, non seulement la fin de la personnalisation du pouvoir voulue par le Col. Mamadi Doumbouya, mais aussi, le système institutionnel qui encadrera la gouvernance et la vie politique au cours des prochaines décennies dans notre pays. 

Mes chers compatriotes, 
Vous me connaissez assez franc dans mon engagement et mes interventions. C’est donc la main sur le cœur que j’affirme ici que, certes le travail n’est pas encore fini, certes il n’est pas parfait, mais nul en Guinée n’aurait pu faire autant que ce que le CNRD à fait en l’espace de seulement dix mois. Il faut vraiment se rendre compte à quel point il est extrêmement difficile de redresser un pays comme la Guinée sachant d’où nous venons. Je ne suis pas en train de dire que c’est le rôle de l’armée, cependant j’aimerai conclure cette adresse sur deux point :

• Premièrement, il faut reconnaître que toutes ces actions sont des réformes très courageuses que les précédents gouvernants ont échoué à entreprendre : de ce fait, certes nous ne devons pas encourager le CNRD à s’éterniser au pouvoir, mais non seulement nous devons être reconnaissant envers eux du travail abattu en ci-peu de temps, mais de plus, nous devons soutenir le Col. Mamadi Doumbouya et l’encourager à aller au bout de la refondation car nul ne sait quand est-ce que Dieu nous gratifiera à nouveau de dirigeants aussi courageux que celles et ceux qui sont à la tête du pays actuellement. 

• Deuxièmement, il est très important de comprendre que, par nature, la réforme est généralement impopulaire. Les populations qui veulent le changement sont les mêmes populations qui résisteront aux réformes que vous engagerez pour leur apporter le changement. La réforme dérange également des intérêts établis. De ce fait, tout mouvement réformateur sera inévitablement confronté à un mouvement réactionnaire. Les réactionnaires sont les élites ayant prospéré sous l’ancien système et qui voient leurs privilèges menacés par les nouvelles réformes. 

Chaque citoyen guinéen doit donc se rendre compte que nous sommes arrivés à une phase de la transition où l’ampleur des réformes engagées par le CNRD a provoqué la coalition de forces réactionnaires qui cherchent à préserver leurs privilèges. La soi-disant crise de la transition en Guinée est fabriquée de toute pièce par ces réactionnaires, non seulement qui refusent de rendre des comptes de leur gestion en politisant le travail de la CRIEF, mais aussi, qui veulent coûte-que-coûte interrompre les réformes qui mettent fin à leurs privilèges. Pourtant, de façon très objective, toutes ces réformes engagées par le CNRD depuis le 5 septembre concourent au rassemblement de notre nation, au redressement de notre pays, et à la refondation de notre État. 

La durée de la transition est connue et elle est raisonnable : il s’agit de seulement 36 mois. Il est utile de rappeler que la transition de décembre 2008 avait duré 24 mois. Les mêmes acteurs politiques à l’époque n’avaient pas trouvé assez long ces 24 mois parce qu’aucune réforme ne menaçait leurs privilèges. Il s’agit à présent d’une transition de refondation au cours de laquelle des réformes majeurs sont en chantier. Au bout de cette transition de 36 mois, le CNRD organisera des élections démocratiques où aucun de ses membres ne sera candidat. La seule préoccupation de notre génération doit donc être de se rassurer que les réformes engagées aillent au bout avant la fin de la transition. C’est ce travail de « vigile des réformes engagées » qui devrait être la mission du FNDC et de la société civile guinéenne au cours de cette transition. 

J’exhorte donc le FNDC à suspendre ses appels à des marches, non seulement afin d’éviter de sans cesse donner un sursis aux réactionnaires, mais surtout, pour donner une véritable chance au dialogue et aux réformes dont notre pays a tant besoin pour ouvrir une nouvelle page faite de paix, de stabilité, de progrès et de prospérité partagée.  

Mamadou Oury Diallo
Président de la LDRG

Tag(s) : #Guinée, #Transition-Guinée, #Africa, #Afrique