Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Lorsque à une époque donnée de l’histoire démocratique de toute nation nous commençons à employer, publiquement et couramment, des concepts tels que « gouvernement d’ouverture » et « gouvernement d’union nationale », il y a là un grain d’évolution que tout démocrate convaincu à le devoir de saluer.

 

Alors, il peut y avoir des critiques sur la façon et le degré d’ouverture de ce gouvernement, critiques dont j’ai d’ailleurs été certainement l’un des premiers à proférer. Mais pour le démocrate que je suis, c’est l’enrichissement du « langage démocratique » que nous avons connu depuis janvier 2007 qui est plus important que toutes ces critiques.

 

·        Tout d’abord, le concept de « gouvernement de consensus » a fait son entrée en jeu en février 2007 ;

·        Puis, 15 mois plus tard, le concept de « gouvernement d’ouverture » a immergé à son tour.

 

Pour ceux qui parlent de retour à la case départ, nous dirons tout simplement que, pourtant, ce sont là les signes que la démocratie guinéenne est tout sauf statique.

 

Cher(e)s compatriotes, vous imaginez-vous un peu, à côté de l’enrichissement de ce langage démocratique, l’époque à laquelle les discours d’appel à la division de l’armée nationale et au coup d’Etat militaire nous ramènent-ils ? Imaginez-vous un peu le retard que ce genre de discours accuse, alors que de l’autre côté on avance vers des gouvernements d’ouverture ?

 

D’ailleurs je crois qu’il est beaucoup plus facile de passer son temps à prôner des coups d’Etat militaires, et de s’intéresser à ce qui se passe dans la vie personnelle des autres, que de se lancer dans le véritable combat démocratique.

 

Autant il serait une grave injure de faire sonner la musique dans une mosquée, autant parler de coup d’Etat militaire est une grande injure dans un monde de démocrates. Prôner le coup d’Etat militaire est synonyme de notre plus grande démission face à la lutte démocratique guinéenne.

 

En démocratie, la force universelle n’est incarnée ni par les forces armées ni par la force économique, mais plutôt par la Loi. Pourquoi la loi ? Parce qu’elle est l’expression de la majorité. Bien quelle soit faite par et pour l’individu, mais en démocratie, la loi est même prépondérante par rapport aux droits individuels.

 

Alors, aujourd’hui, vous comprendrez que la plus grande souffrance du démocrate que je suis est l’appartenance politique des forces armées guinéennes ; arriver à dissocier l’armée nationale de la politique est ma mission fondamentale et, fort heureusement, je ne suis pas le seul.

 

Voyez-vous cher(e)s compatriotes, c’est regrettable, mais bon nombre d’entre nous confondent encore lutte démocratique et lutte politicienne.

 

·        Quand la lutte politicienne est prête à tout faire exploser pour arriver au pouvoir ; la lutte démocrate, quant à elle, préfère consolider les acquis et améliorer la république.

 

·        Quand la lutte politicienne est prête à user de la haine et de l’ethnocentrisme pour arriver au pouvoir ; la lutte démocrate, quant à elle, préfère prôner l’amour et l’union nationale. 

 

·        Quant la lutte politicienne cherche à liquider le chef de l’Etat ; la lutte démocrate, quant à elle, cherche à liquider la deuxième république.   

 

Que les politiciens se lancent dans des critiques, c’est leur monde et encore une fois nous le leur concédons. Mais on doit à la vérité de reconnaître que dans nos sociétés, dès qu’un individu se met en position de critique et d’indépendant, il est considéré comme opposant et ennemi.

 

Nous n’arrivons toujours pas à concevoir le fait qu’il y ait des démocrates guinéens qui ont naturellement l’amour pour le bien et l’honneur de leur patrie, sans pour autant accepter qu’ils puissent être impartiaux et indépendants. Pourtant, je craint fort que nos politiciens et élites dirigeantes faillent s’accommoder de ce nouveau courant « apolitique et impartial » dans la vie socioéconomique et politique guinéenne.

 

  • Ce n’est pas parce que je suis anti-thèse par définition de la deuxième république que je vais suivre aveuglement les opposants politiques jusqu’à demander des coups d’Etat militaires. Parce que le coup d’Etat militaire est illégal dans mon combat de démocrate, je condamne et je combattrai tout coup d’Etat militaire sur les terres de Guinée.

 

  • Que cela aussi soi claire, ce n’est pas parce que je suis anti-thèse par définition de la deuxième république que je vais condamner systématiquement toutes les actions entreprises par cette république. Dans mon combat, un gouvernement d’ouverture est l’une des pièces du puzzle, donc je m’en réjouis.

 

La nomination d’un gouvernement d’ouverture, est un acte que je salue car il est cohérant avec le combat de démocrate que je mène. Quant au gouvernement lui-même, tout acte qu’il posera sera aussi sujet à appréciation : s’il est bon, je le saluerai ; s’il est mauvais je le condamnerai et recommanderai des actes mieux adaptés. Quoi de plus normal pour un démocrate que d’apprécier sans partie pris.

 

Cher(e)s compatriotes, voilà ce à quoi je vous appel aujourd’hui : « apprenons à apprécier les actes, jugeons les faits, refusons les préjugés, soutenons tout acte, fusse-t-il de l’opposition ou du pouvoir en place, qui œuvre pour la cohésion sociale ; dénonçons tout acte non démocratique, fusse-t-il de l’opposition ou du pouvoir en place ».

 

Je vous appel, vous militants engagés dans les formations politiques, n’acceptez plus d’être endoctriné par les leaders de l’opposition qui prônent la haine ; tout au contraire, ils ne sont rien sans vous car vous être leur base, c’est à vous de prendre des initiatives, de les influencer positivement et de les conduire sur le chemin de la lutte démocrate.

 

En tout état de cause, vous aurez compris que le véritable exercice de démocratie demande une certaine discipline que bon nombre d’entre nous ont encore du mal à comprendre et à adopter. Tant que votre inspiration n’est pas nourrie d’une certaine aspiration d’amour collectif, et que votre âme profonde n’est pas en parfaite symbiose avec la maturité de la société, vous ne comprendrez pas l’importance de l’exercice de démocratie.

 

Telle l’édification de votre château, brique après brique, brique après brique jusqu’à la dernière brique, l’exercice de démocratie appelle aussi minutie, sacrifice, douleur, concession, tolérance, patience, passion, abnégation et amour.

 

Amour, cher(e)s compatriotes, amour est le message que je vous lance aujourd’hui. Amour pour votre famille, amour pour votre prochain, amour pour votre concitoyen, amour pour vous-même et amour pour votre patrie.

 

·        Autant je refuse de croire que le peulh ne peut être qu’un peulh, autant je refuse de croire que le forestier ne peut être qu’un forestier ;

 

·        Autant je refuse de croire que le malinké ne peut être qu’un malinké, autant je refuse de croire que le soussou ne peut être qu’un soussou.

 

Arriver à faire des filles et fils de la Guinée des guinéennes et des guinéens est la mission fondamentale, au même titre que celle de bâtir une armée apolitique, du démocrate que je suis.

 

Je ne renoncerai pour ne rien au monde à cette Guinée :

 

·        où la seule force reconnue sera la loi ;

·        où chaque citoyen le plus faible et le citoyen le plus fort auront les mêmes chances de réussite devant la vie ;

·        où nous serons d’abord guinéens avant d’être forestier, peulh, soussou ou malinké ;

·        où les forces armées ne jureront que par la loi et leur neutralité politique ;

·        où mes enfants pourront se promener en toute quiétude et sécurité ;

·        où amour et la bonté seront valeur ;

·        où savoir et sagesse seront guide suprême.

 

Pour cette Guinée, vous aurez compris cher(e)s compatriotes, je suis prêt à prêter vie.

 

Le prochain combat démocratique qui nous interpelle est la réhabilitation de l’Assemblée nationale à travers des élections législatives transparentes et crédibles. C’est à ce combat que j’invite tous les démocrates convaincus, car ce combat nécessite certainement beaucoup plus d’effort que des appels sataniques au coup d’Etat militaire.

 

Que le PUP soit majoritaire à la future Assemblé Nationale, ce sera la plus grosse insulte à la classe politique guinéenne ainsi qu’aux démocrates que nous sommes.

 

« La paix à n’importe quel prix, ce n’est plus la paix. » Eve Curie

 

« La démocratie, ce n’est pas seulement l’affaire des vainqueurs. » François Bayrou


« Vive la voix de la jeunesse guinéenne, vive la lutte démocratique, pour que vive la Guinée
 »


Mamadou Oury Diallo

Tag(s) : #Politique-Guinée