Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Un collectif regroupant les candidats malheureux à l'élection présidentielle gabonaise – dont André Mba Obame, l'ex-ministre de l'intérieur, et Pierre Mamboundou – a demandé un nouveau décompte des voix, lundi 7 septembre. MM. Obame et Mamboundou, qui revendiquent chacun la victoire, mais aussi quatorze autres candidats, exigent "le recomptage des voix interrompu par le président de la Cenap (la commission électorale) sur la base des procès-verbaux de tous les bureaux de vote". Selon les résultats officiels, le scrutin du 30 août a été remporté par Ali Bongo avec 41,73 % des voix. Un score que ses rivaux dénoncent, affirmant qu'il a été le résultat de "graves manipulations", de "scandaleux bourrages des urnes" et d'"incompréhensibles gonflements des listes électorales".

La victoire d'Ali Bongo a provoqué des troubles dans la capitale, Libreville, mais surtout dans la deuxième ville du pays, Port-Gentil, où un couvre-feu a été décrété depuis le 3 septembre. Un bilan officiel fait état de trois morts, mais l'opposition gabonaise affirme que ce chiffre est "bien plus important". Le collectif d'opposition a appelé à "la mise en place d'une commission d'enquête internationale pour déterminer la gravité des faits, des violations des droits de l'homme, ainsi que les responsabilités de ce véritable bain de sang".

"LE CALME EST APPARENT, PRÉCAIRE"
"Nous demandons au peuple gabonais de rester mobilisé et vigilant pour des actions graduelles", a annoncé l'ancien premier ministre Jean Eyeghe Ndong, le porte-parole du collectif, demandant au peuple gabonais de se préparer à des "actions graduelles", sans préciser quelles seraient ces actions. Sur place, la situation semblait revenir à la normale, comme l'explique Dan, un Français résidant à Port-Gentil joint par LeMonde.fr (Ecouter le témoignage A Port-Gentil, le calme revient peu à peu). Mais un responsable de l'Union du peuple gabonais (UPG), le parti de M. Mamboundou, est moins confiant. "Le calme est apparent, précaire. Tout est incertain, il peut se passer à tout moment quelque chose", a-t-il confié.

Après les dirigeants libyen, Mouammar Kadhafi, camerounais, Paul Biya, et le roi du Maroc, Mohammed VI, Nicolas Sarkozy a adressé à son tour ses "félicitations" et ses "vœux de succès" à Ali Bongo pour son élection. "Cette élection est venue souligner l'existence d'un défi commun, celui de la refondation des relations étroites, partenariales et équilibrées entre nos deux pays. Soyez assuré de ma détermination à donner corps à cette ambition afin qu'avec votre concours nos relations demeurent privilégiées dans l'intérêt de nos deux pays et de nos deux peuples", déclare M. Sarkozy dans un communiqué. Paris, qui s'en défend, a régulièrement été accusé par des opposants d'avoir soutenu Ali Bongo et de perpétuer les pratiques de la Françafrique.

Source: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/09/07/l-opposition-gabonaise-demande-un-recompte-des-voix_1237234_3212.html

Tag(s) : #International