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C'est aujourd'hui que la Cour de justice de la CEDEAO (la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest) commence à examiner une plainte d'Hissène Habré contre le Sénégal. L'ancien président tchadien estime que depuis que le gouvernement sénégalais a été mandaté par l'Union africaine pour organiser son procès, le Sénégal a violé plusieurs principes juridiques et menacé certains de ses droits. Il demande par conséquent à la Cour de justice de la CEDEAO d’ordonner la fin des poursuites contre lui. Dans un premier temps, la Cour ne va pas se prononcer sur le fond de l'affaire, elle doit examiner une « demande d’intervention » des victimes d’Hissène Habré qui souhaitent être associées à ce procès d’Abuja.

Elles sont 118 à être citées dans cette demande d’intervention, 118 victimes d’Hissène Habré. Elles estiment devoir être représentées à ce procès, car si l’ancien président tchadien obtenait gain de cause, la fin prématurée de la procédure judiciaire sénégalaise menacerait leurs propres droits à obtenir justice.

Maître Demba Ciré Bathily est l’un de leurs avocats : « Même si cette procédure a été initiée par Monsieur Hissène Habré contre le Sénégal, ce qui est en cause c’est le droit des victimes de le voir un jour entendu devant une juridiction sous la base des graves accusations qu’elles ont formulées contre lui. Et donc à partir de ce moment, je pense que les victimes sont habilitées à agir ».

Les avocats d’Hissène Habré, eux, estiment que la plainte de leur client ne vise que l’Etat du Sénégal. Maître Mamadou Ismaïla Konaté est l’un d’eux : « Les soi-disant victimes se trompent une fois encore de juridiction. Cette procédure ne concerne que l’Etat du Sénégal. La Cour de justice naturellement va repousser cette demande là et nous donner l’occasion d'aller au fond de ce dossier et d’avoir comme seule personne en face l’Etat du Sénégal contre lequel nous avons des reproches à faire au nom de Monsieur Hissène Habré ».

La bataille judiciaire ne portera pas uniquement sur le principe d’une représentation des victimes. Selon nos informations, les deux parties vont également s’opposer aujourd’hui sur des arguments plus techniques : le délai de présentation de la demande d’intervention, le nombre d’avocats l’ayant signée ou le contenu de cette demande.

Source: http://www.rfi.fr/actufr/articles/117/article_84943.asp 

Tag(s) : #International