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Vingt chefs d’Etat africains et huit latino-américains sont réunis pour le deuxième sommet Afrique - Amérique du Sud, ce week-end, sur l’île de Margarita. Lors de ce sommet, repoussé à plusieurs reprises, Hugo Chavez tentera de convaincre les dirigeants africains d’un renforcement des coopérations Sud-Sud.

Mouammar Kadhafi, Robert Mugabe, Mamadou Tandja et Abdelaziz Bouteflika ont été les premiers à atterrir sur la petite île de Margarita. Et ils sont là pour montrer au monde que l’Amérique du Sud et l’Afrique unies peuvent résister aux grandes puissances. L’atout majeur d’Hugo Chavez pour convaincre ses homologues de la nécessité de consolider les liens Sud-Sud, ce sont les ressources pétrolières du Venezuela : il souhaite en effet appliquer le modèle de l'accord de coopération énergétique Pétrocaribe qui fournit de l’or noir à bas prix à des petits pays énergétiquement dépendants.

Pour ce qui est des pays pétroliers, comme la Libye ou l’Algérie, le chef d'Etat vénézuélien compte renforcer les partenariats. Si le projet d’une raffinerie en Mauritanie se confirme, il devrait permettre, autant au Venezuela qu’à son allié africain, de ne plus dépendre des compagnies privées de raffinage. Hugo Chavez et ses alliés latino-américains proposeront aussi la création d’une banque du Sud et une monnaie commune pour faciliter les échanges entre les deux continents : Hugo Chavez mise sur cette alternative au FMI et à la Banque mondiale, dont les pays du Sud sont dépendants, pour convaincre ses partenaires africains.

Pour le chantre de l’anti-américanisme, ce sommet doit établir des relations solidaires avec l’Afrique, et ce afin de damer le pion aux Etats-Unis qu’il accuse de piller les richesses africaines. Un sujet délicat sera abordé en coulisse, celui du trafic de drogue entre l’Amérique latine et l’Afrique de l’Ouest : une coopération est sans doute indispensable, car le Venezuela est le point de sortie le plus utilisé par les trafiquants.

Sud-Sud : de la théorie à la pratique
Favoriser le commerce entre l'Afrique et l'Amérique latine. C'est ce à quoi s'étaient engagés les dirigeants des deux continents lors de la première édition édition de sommet. C'était à Abuja au Nigeria, en 2006. Cette fois les responsables politiques ont promis de passer de la théorie à la pratique. Le président du sommet Hugo Chavez assure qu'il ne s'agira pas seulement d'un sommet où l'on prononce des discours. Il a d'ailleurs récemment fait des propositions concrètes en matière de coopération économique. Il affirme notamment vouloir construire une raffinerie en Mauritanie pour distribuer du pétrole dans le pays mais aussi au Mali et au Niger.

Plus généralement le sommet devrait donner naissance à des projets de coopération en matière de production de médicaments et de développement de l'agriculture ou encore la création d'une commission chargée de réfléchir à une meilleure répartition des ressources énergétiques des deux régions. Et il reste du travail à faire. Avec 20% de la population mondiale l'Afrique subsaharienne et l'Amérique latine ne représentent respectivement que 2,6 et 2,8% du commerce mondial.

Source: RFI

 

Tag(s) : #International