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algerie_bouteflika.jpgLa préfecture d'Alger maintient l'interdit visant la manifestation prévue pour le 12 février par plusieurs groupes d'opposition en Algérie.

Regroupés sous la bannière de la Coordination nationale pour le changement démocratique (CNCD), les groupes d'opposition entendent tout de même tenir leur manifestation, samedi prochain.

Refusant d'accorder une dérogation aux organisateurs de la marche, la préfecture a simplement expliqué qu'elle faisait appliquer la loi. « En application des textes réglementaires en vigueur, un refus a été notifié aux auteurs de cette demande », explique le communiqué de la préfecture d'Alger.

La préfecture propose plutôt à la CNCD de tenir sa manifestation dans « l'une des différentes salles de la capitale, y compris la coupole du complexe olympique Mohamed Boudiaf, d'une capacité de 10 000 places ».

« On s'attendait à cette réponse, mais il n'est pas question de reculer, nous allons marcher samedi prochain et au pouvoir de prendre ses responsabilités », a averti le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme, Mostefa Bouchachi. De son côté, le gouvernement soutient que l'opposition sera tenue pour responsable dans l'éventualité où la manifestation tournerait à la violence ou à l'émeute.

Le bras de fer se poursuit ainsi en Algérie entre le gouvernement du président, Abdelaziz Bouteflika, et la CNCD, formée de groupes de défense des droits de la personne, de syndicats, d'étudiants et de chômeurs. Avec les crises tunisienne et égyptienne en filigrane, le mouvement de contestation algérien réclame la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 1992. L'état d'urgence comprend l'interdiction de créer de nouveaux partis politiques.

Le gouvernement, lors d'un conseil des ministres tenu jeudi dernier, avait promis de lever l'état d'urgence, dans les prochains jours, à l'exception de la ville d'Alger, en raison de considérations liées à la lutte antiterroriste.

Le monde arabe en ébullition

Comme plusieurs autres pays du monde arabe, l'Algérie, un pays de 35 millions d'habitants, est sur la corde raide au moment où une vague de soulèvements populaires traverse la région.

Des émeutes ont éclaté le mois dernier dans le pays après une hausse subite des prix de la nourriture, faisant cinq morts et plus de 800 blessés. Au moins dix Algériens se sont par ailleurs immolés par le feu au cours des dernières semaines et deux en sont morts.

Le 22 janvier, la police antiémeute a affronté des manifestants armés de pierres qui tentaient de défier l'interdiction de manifester et de tenir des rassemblements publics en vigueur dans le pays. Les manifestants ont réclamé le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999.

Mais le mécontentement couve en Algérie : le manque de logement et la pauvreté sont répandus, bien que le pays soit un important exportateur d'hydrocarbures. Des militants affirment que les autorités du pays détournent les profits générés par les exportations à des fins personnelles plutôt que de les investir dans l'économie et la création d'emplois.

L'état d'urgence a été imposé en réaction à l'insurrection islamiste. Mais les groupes d'opposition, qui soulignent que les violences sont maintenant sporadiques, estiment que les autorités se servent de cette loi comme prétexte pour interdire toutes les manifestations politiques.

 

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest