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un-ghaneen-attend-de-voir-le-president-des-etats-unis-barac.jpgl'espace de huit ans seulement, le volume des échanges américano-africains a plus que doublé au fur et à mesure que les conditions de vie des Africains se sont globalement améliorées, grâce en partie à l'exportation par l'Afrique d'une variété toujours croissante de biens vers les États-Unis, affirme le représentant adjoint de ce pays pour le commerce extérieur, M. Demetrios Marantis.

« Par la même occasion, les entreprises et les travailleurs américains ont découvert de nouveaux débouchés en Afrique, en particulier pour tout ce qui concerne l'apport d'intrants et de connaissances spécialisées au profit des créateurs africains d'entreprises, la participation à des partenariats à risques partagés, et les exportations et les investissements des États-Unis en Afrique », a déclaré M. Marantis lors d'une allocution qu'il a faite le 16 février à l'université Makerere de Kampala, la plus ancienne université de l'Ouganda, créée en 1922 en tant qu'école technique et qui n'a cessé depuis de s'élargir pour devenir la plus grande université du pays.

Les États-Unis ont contribué à stimuler le secteur africain des exportations au moyen de la loi de 2000 sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), a indiqué M. Marantis : les échanges entre les États-Unis et les 38 États africains admis à profiter de cette loi ont totalisé 104,52 milliards de dollars en 2008, en progression de 28 % par rapport à l'année précédente. Quoique le total des échanges en 2009 ne soit pas encore disponible, les chiffres partiels annoncent une nouvelle année fructueuse, selon le ministère américain du commerce.

Cette croissance est mue par l'expansion de plusieurs secteurs économiques, notamment les biens d'équipement, les véhicules et pièces détachées d'automobiles, le blé, les produits pétroliers autres que le brut, l'aviation et les appareils électriques, notamment le matériel de télécommunication.

« L'aide au renforcement de la capacité commerciale est un élément crucial de nos programmes visant à permettre aux pays africains de profiter des possibilités commerciales de l'AGOA, a dit M. Marantis. Les États-Unis se sont diligemment employés à doter les États d'Afrique des ressources dont ils ont besoin pour tirer parti des avantages du commerce. »

Lors du Forum de l'AGOA de 2009 à Nairobi, la secrétaire d'État américaine, Mme Hillary Clinton, avait déclaré qu'« en tant que premier partenaire commercial de l'Afrique, les États-Unis appliqueraient résolument une politique promotrice de prospérité et de stabilité ». Elle avait souligné également que la politique américaine s'inspirait du principe « du partenariat et non du mécénat ». Le commerce extérieur de l'Afrique représente actuellement 2 % des échanges mondiaux : une augmentation ne serait-ce que d'un point de pourcentage se traduirait par une augmentation considérable de ses revenus annuels d'exportation, correspondant à une valeur supérieure au total de l'aide qu'elle reçoit de l'étranger.

Promulguée en mai 2000 par le président Bill Clinton, l'AGOA a pour objectif d'accroître le commerce et les investissements des États-Unis en Afrique subsaharienne, de stimuler la croissance économique de ce continent, de faciliter les négociations commerciales et de promouvoir l'intégration de l'Afrique à l'économie mondiale.

La loi assure l'accès en franchise de droits de douane de plus de 6.000 produits africains au marché américain. C'est en fait l'élément central de cette disposition législative. Le Congrès des États-Unis a veillé à y inclure l'obligation du président de déterminer chaque année l'admissibilité des pays d'Afrique selon certains critères, à savoir leur progrès sur la voie d'une économie régie par les lois du marché, la primauté du droit, l'application d'une politique économique axée sur la réduction de la pauvreté, la protection des droits internationalement reconnus du travail et la lutte contre la corruption.

M. Marantis a indiqué qu'outre l'amélioration des chiffres du commerce et des investissements depuis la promulgation de l'AGOA, les États-Unis ont créé quatre pôles commerciaux régionaux en Afrique subsaharienne administrés par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

« Le plus proche de ceux-ci, situé à Nairobi au Kenya, dessert toute l'Afrique de l'Est, y compris l'Ouganda », a indiqué le haut responsable américain. « Là, les Ougandais peuvent bénéficier d'une formation et d'une assistance techniques liées à l'AGOA. »

« On estime que les services offerts par le pôle régional de Nairobi ont engendré pour plus de 14 millions de dollars de ventes à l'exportation au bénéfice des entreprises est-africaines », a-t-il dit.

Il reste, toutefois, que malgré les progrès réalisés en huit ans depuis l'entrée en vigueur de l'AGOA, l'Afrique ne profite pas assez des échanges mondiaux, a fait observer M. Marantis : « Comme l'Afrique manque de moyens, on est encore trop réticent, à l'échelle des capitaux mondiaux, à s'intéresser à la plupart des pays de ce continent. On est retenu par des craintes d'instabilité et d'incertitude. »

De plus, bien que l'on y enregistre un certain mouvement vers la libéralisation des échanges, l'Afrique subsaharienne applique, d'une façon générale, la politique commerciale extérieure la plus protectionniste du monde, a-t-il ajouté : « Les tarifs douaniers africains s'élèvent en moyenne à près de 20 %, contre seulement un peu plus de 10 % pour le reste du monde, et 5 % pour les pays industriels », a-t-il dit.

« Beaucoup de pays d'Afrique ont une capacité manufacturière insuffisante et dont le développement est freiné par des difficultés telles que le coût élevé de l'énergie et des transports. Cela rend leurs produits moins concurrentiels sur le marché mondial. »

La solution de ces problèmes, a estimé M. Marantis, passe par l'adoption de vastes réformes économiques et commerciales susceptibles d'attirer les capitaux étrangers, ce à quoi l'Afrique a d'ailleurs commencé à s'atteler. « Le succès à cet égard exige des mesures d'allégement des contraintes du côté de l'offre, une intégration plus poussée dans l'économie mondiale et une réduction importante de la pauvreté. »

De nouveaux défis surgissent en attendant, à mesure que d'autres pays, en particulier d'Asie, accroissent leur capacité concurrentielle dans les secteurs des textiles et vêtements et que se multiplient les accords bilatéraux de libre-échange et les partenariats économiques. Face à une telle évolution, des réformes commerciales s'imposent et les États-Unis ont la ferme intention d'avancer dans cette voie, a déclaré M. Marantis.

Quelques données sur les effets de l'AGOA
En 2008, les importations américaines en provenance de l'Afrique subsaharienne ont dépassé 86,05 milliards de dollars, soit plus de quatre fois leur valeur en 2001. Les exportations américaines à destination de l'Afrique ont plus que doublé pendant cette période, pour atteindre 18,47 milliards de dollars.

Depuis plusieurs années, plus de 98 % des exportations africaines aux États-Unis ont été admises en franchise de droits de douane.

Selon le rapport annuel du ministère du commerce, les cinq destinations principales des produits américains en Afrique en 2008 étaient l'Afrique du Sud, le Nigéria, l'Angola, le Bénin et le Ghana. Les principaux pays africains exportateurs vers les États-Unis étaient le Nigéria, l'Angola, la République du Congo, la Guinée équatoriale, le Tchad et le Gabon.

Source: http://fr.allafrica.com/stories/201002181028.html 

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest