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soldats-guinee-bissau.jpgLa situation demeure confuse dans la capitale de la Guinée-Bissau, moins d'une semaine après le coup d'État militaire qui a entraîné la chute et l'arrestation du premier ministre Carlos Gomes fils. Pendant que des citoyens fuient la capitale, l'opposition politique tourne le dos à la junte militaire et effectue une profession de foi démocratique.

Moins de 24 heures après avoir accepté un accord avec les militaires pour la formation d'un Conseil national de transition (CNT), l'ancienne opposition officielle fait volte-face pour réclamer « un retour rapide de l'ordre constitutionnel ».

Les cinq candidats du premier tour de l'élection présidentielle ont fermement condamné lundi le coup d'État et réaffirmé leur attachement à la démocratie. La veille, l'accord entériné par les partis de l'opposition prévoyait la dissolution des institutions et la création du CNT.

« Nous condamnons fermement le soulèvement militaire du 12 avril et exigeons le retour rapide à l'ordre constitutionnel », a déclaré l'ancien président Kumba Yala (2000-2003), arrivé deuxième au premier tour de scrutin derrière le premier ministre Carlos Gomes fils, arrêté par les putschistes.

« Nous sommes choqués par ce [soulèvement] », a affirmé M. Yala qui s'est également indigné des propos tenus par la présidence angolaise de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), qui avait menacé les chefs de l'ex-opposition de poursuites devant la Cour pénale internationale « si leur implication [dans le putsch] était prouvée ».

L'élection présidentielle en question

Le coup d'État est intervenu à deux semaines du second tour de l'élection présidentielle, prévu pour le 29 avril, qui devait opposer le premier ministre sortant Carlos Gomes fils à l'ancien président Yala. Ce dernier avait dénoncé des « fraudes massives » lors du premier tour de scrutin, le 18 mars dernier. Il avait appelé au boycottage de l'élection présidentielle et mis en garde quiconque ferait campagne. Une campagne qui devait s'amorcer le vendredi 13 avril 2012.

La volte-face de l'opposition survient le jour même de l'arrivée d'une délégation de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui compte 15 États. La délégation devrait « réitérer son rejet du coup d'État militaire du 12 avril » dernier et « insister sur un rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel ».

La dénonciation de la CEDEAO est renforcée par l'envoi de militaires portugais, ancien pays colonisateur, pour évacuer ses quelque 4000 ressortissants. L'armée portugaise a dépêché des moyens navals et aériens afin d'évacuer ses citoyens. La junte a toutefois prévenu, en fermant l'espace aérien et naval de la Guinée-Bissau dimanche, que toute violation de cette interdiction entraînerait « automatiquement une riposte militaire ».

La Croix-Rouge au chevet de Carlos Gomes

Arrêté par l'armée lors de l'assaut de sa maison le 12 avril dernier, le premier ministre Gomes a reçu la visite du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Souffrant de diabète, M. Gomes fils a reçu des médicaments pour soigner sa condition.

Les rumeurs d'une nouvelle flambée de violence hantent la capitale Bissau où des citoyens quittent pour la campagne. L'armée soutient avoir le contrôle militaire de la situation et nie les rumeurs d'intervention étrangère.

La majorité des commerces et des banques étaient fermés, lundi à Bissau, en raison d'un appel à la grève générale pour s'opposer au coup d'État.

Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/04/16/005-guineebissau-putsch-opposition.shtml

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest