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Karens_Peace_Rangun.jpgLe gouvernement a franchi un pas significatif vers la paix avec les minorités ethniques birmanes en signant, le 12 janvier 2012, un cessez-le-feu avec le principal groupe rebelle karen, dans l'une des guerres civiles les plus anciennes de la planète. Une délégation gouvernementale et des dirigeants de l'Union nationale karen ont paraphé le document après plusieurs heures d'entretiens dans la principale ville de l'Etat karen, en présence de chefs militaires régionaux.

Le nouveau régime birman témoigne depuis plusieurs mois de sa volonté de dialoguer avec les rébellions ethniques, tout en multipliant les réformes politiques.

On a très envie de saluer l'annonce de cette bonne nouvelle et de mettre celle-ci sur le compte des transformations apparemment en cours en Birmanie. Les autorités birmanes font preuve de bonne volonté pour mettre fin à cet état de tension inter-ethnique permanent, sorte de guerre civile larvée, qui caractérise la vie publique depuis l'indépendance du pays, en 1948.

Depuis la fin de l'année 2011, une trêve a été conclue avec les Shan, dans le nord-est du pays. Dans le même élan, le président Thein Sein a demandé à l'armée de ne plus attaquer les Kachins.

Et cette trêve annoncée avec les Karens évoque donc la poursuite d'une véritable politique de « réconciliation nationale ». A ce stade, c'est certainement un bon début, d'autant que les deux parties sont optimistes.

Cependant un cessez-le-feu n'est pas « la paix » Après des décennies de guerre civile, d'exactions et d'exode pour des dizaines de milliers de gens, il faut beaucoup de temps pour rétablir les conditions de la confiance et d'un retour à une normalité qu'aucune génération vivante n'a véritablement connue. Il va notamment falloir, parmi les obstacles à surmonter, rallier l'ensemble des élites karens.

Et il va également falloir que les affrontements et les exactions à l'égard des civils cessent réellement, ce qui n'est pas encore le cas malgré les ordres donnés, malgré toute la bonne volonté affichée et malgré les pressions exercées par les organisations internationales pour lesquelles cette question de la répression des minorités reste un dossier prioritaire.

Source: http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20120112-rangoun-fait-paix-karens

Tag(s) : #Asie et Pacifique