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CONCERTATIONCe 23 juillet 2011, à l’Université d’Ottawa, s’est tenu la première Concertation Non-Partisane de la Communauté Guinéenne au Canada. La Concertation a connu la participation de plus de 50 personnes venues d’endroits aussi divers que Montréal, Toronto, Moncton, Chicoutimi et Ottawa.

La Concertation a été rehaussée par d’honorables personnalités de notre communauté, notamment Mr Elhadj Tounkara (haut cadre guinéen à la retraite), Mr Youssouf Nboundou Sylla (administrateur du site d’informations Guineenews), Mr Yaya Mané (Professeur de français et des littératures négro-africaine), Mr Hassimiou Ly (Administrateur à la fonction publique canadienne), Mr Telly Diallo (Fonctionnaire à l’ONU) et de Mr Abdoulaye Diallo (Administrateur dans le domaine de la santé).

La Concertation Non-Partisane a commencé par une minute de silence en la mémoire de Mr Kanté, un membre valeureux et sociable au service de sa communauté depuis 30 années. Mr Kanté était un homme de grand cœur chez qui chaque guinéen avait une place. Il nous a quitté il y a deux semaines des suites d’une longue maladie. Que son âme repose en paix.

Comme prévu, au cours de la Concertation du 23 juillet, trois principaux thèmes ont été abordés : d’abord les acquis et les manquements de transition; ensuite, les perspectives d’avenir pour la Guinée; et enfin, le rôle de l’école dans la promotion de la démocratie en Guinée. 

1-Les acquis et les manquements de la transition : ce thème fut présenté par Mr Diarouga Diallo, membre de l’organisation « Droits et Démocratie » et Président de la communauté guinéenne de Moncton.

Dans une brillante présentation, Mr Diarouga Diallo a partagé avec les participants les différents acquis et manquements de la transition de deux années que nous avons connu en Guinée.

·         Aux titres des acquis : Mr Diarouga souligne les efforts employés par les autorités de la transition pour la lutte contre le narco-trafique; mais aussi le passage, après 27 années, d’un pouvoir militaire vers un pouvoir civil en Guinée.

·         Aux titres des manquements : Mr Diarouga a souligné les excès de la répression de septembre 2009 dans un stade de Conakry. Mr Diarouga n’a pas non plus manqué de mettre en garde contre les tendances autoritaires du nouveau pouvoir en place depuis décembre 2010 en Guinée.

Cette brillante intervention s’est suivi d’un débat assez fructueux dont les principales interventions se résument en ces termes :

·         Mr Alpha Oumar Diallo a notamment exprimé ses inquiétudes par rapport à la question de l’impunité en Guinée. Que faut-il faire des coupables des répressions en Guinée? Pour Mr Alpha Oumar, cette impunité ne peut plus continuer en Guinée et il s’est indigné du fait qu’au sortir de la transition nous n’ayons pas encore suffisamment de garanties sur l’indépendance du système judiciaire guinéen.

·         Mr Saliou Diallo à quant à lui mis en doute les résultats de la lutte contre le narco-trafique en Guinée. Il s’est notamment indigné sur le fait que jusqu’à présent aucun haut responsable reconnu coupable n’est comparu devant la justice. Mr Saliou a également mis en doute les bonnes intensions des autorités de la transition et des autorités actuelles quant à la poursuite d’une véritable réforme de l’armée guinéenne. Finalement, Mr Saliou n’a pas manqué de souligner les insuffisances quant à lutte contre la corruption et l’impunité face aux coupables de corruption en Guinée.

·         Mr Souleymane Barry, après une longue discussion, s’est quant à lui demandé s’il y avait vraiment des acquis au sortir de cette transition hautement déterminante pour l’avenir de notre pays. Pour Mr Souleymane, il y a plus de continuation que de véritables changements.

Suite à ce premier thème, nous avons abordé le deuxième thème, celui des perspectives d’avenir sur le plan sociopolitique et démocratique en Guinée. 

2-Les perspectives d’avenir sur le plan sociopolitique et démocratique en Guinée : ce thème fut présenté par Mr Mamadou Oury Diallo, Président de la LDRG.

Pour pouvoir présenter sa vision sur l’avenir sociopolitique de la Guinée, Mr Mamadou Oury a fait appel à deux concepts. Celui du « dilemme du principe de la majorité » et celui du « Consociationalisme ». Mr Mamadou Oury, se basant sur les données de la transition et sur les travaux de recherches conduits par la LDRG à démontré que la Guinée se retrouve bien dans le « dilemme du principe de la majorité ». Il a expliqué qu’au lieu de trouver des solutions démocratiques pour résoudre ce dilemme, la société guinéenne continue à faire le choix des régimes autoritaires pour étouffer ce dilemme. Mr Mamadou Oury a expliqué que tant que le dilemme du principe de la majorité n’aura pas été résolu de manière démocratique, la situation sociopolitique guinéenne n’ira que de mal en pire parce que, non seulement nous n’aurons que des régimes autoritaires, mais de plus, toutes les élections et les alternances que nous connaîtrons en Guinée seront entachées de fraudes électorales et de coups d’États militaires. Par ailleurs, Mr Mamadou Oury à démontré qu’il existe un outil tout à fait démocratique pour résoudre le « dilemme du principe de la majorité » en Guinée : c’est le Consocioationalisme ». Après avoir expliqué les principes et les manifestations concrètes du « Consociationalisme », Mr Mamadou Oury s’est fortement indigné par la manière dont la constitution issue de la transition a été dictée et décrétée contre le peuple de Guinée. Il a réaffirmé le refus de la LDRG de reconnaître cette constitution et il continue à réclamer l’organisation d’un référendum sur une constitution qui garantisse la fondation d’une nouvelle république consociative en Guinée. Vous pouvez accéder au discours complet de Mr Mamadou Oury Diallo sur ce lien: LES PERSPECTIVES D'AVENIR Mr MAMADOU OURY DIALLO LES PERSPECTIVES D'AVENIR

L’intervention de Mr Mamadou Oury Diallo a suscité un fort engouement lors débat qui a suivi. Les principales interventions du débat se résument en ces termes :

·         En l’absence de statistiques fiables, Mr Alpha Camara a commencé par mettre en doute le fait qu’il existe réellement une majorité ethnique en Guinée. Pour Mr Camara, si le problème de la pauvreté et de l’impunité est résolu en Guinée, la question de l’ethnocentrisme ne se posera plus dans la vie sociopolitique guinéenne. Pour Mr Camara, la transition de deux années que nous avons connu en Guinée n’était pas suffisante pour organiser un référendum et aller à temps aux élections.

·         Mr Saliou à quant lui proposé une approche décentralisée et fédérale pour atténuer la question ethnique en Guinée.

·         Mr Saïfoulaye a quant à lui mis l’accent sur le manque de garanties pour la bonne gouvernance au sein de la constitution dictée et décrétée contre le peuple au cours de la transition.

·         Mlle Lamarana a quant à elle pensée que la transposition du modèle français en Guinée ne serait pas problématique pour la vie sociopolitique guinéenne.

·         Mr Alseny a souligné la nécessité d’arriver à une situation d’égalité de chance pour tous les citoyens d’accéder aux postes de responsabilités en Guinée, quelques soient le caractère majoritaire ou minoritaire de leur groupe ethnique.

·         Mr Alpha Oumar à quant lui mis l’accent sur la nécessité de diminuer les pouvoirs du président grâce une véritable politique décentralisation. Il a bien souligné qu’il existe un problème ethnique en Guinée et que l’État doit pouvoir le résoudre.

·         Mr Baldé à quant à lui expliqué que nier le problème ethnique en Guinée revient à repporter le problème de la Guinée. Pour lui, la Guinée doit faire face à ce problème de manière sereine et responsable.

Il y a plusieurs autres interventions de qualités par rapport à ce thème, la majorité abonde vers les insuffisances du modèle institutionnel guinéen qui n’arrive pas à résoudre la question ethnique en Guinée et à garantir une bonne gouvernance et la fin de l’impunité.

Suite à ce deuxième thème de la Concertation, une pause de vingt minutes est intervenue pour se rafraichir et permettre aux participants de mieux faire connaissance et approfondir les discussions.  Au bout de la pause, nous avons entamé le troisième et dernier thème de la Concertation. 

3-La Réforme éducative pour une école africaine intégrée dans la mise en place des nouvelles démocraties en Afrique : ce thème fut abordé par le Professeur Yaya Mané.

À travers une présentation magistrale illustrée par des supports et des références à porté de main, le Professeur Yaya Mané a démontré a quel point l’école africaine mérite d’être repensée, reformée et intégrée par les pouvoirs publics dans les stratégies de changement.  Le Professeur Mané à d’abord fait un survol historique du dilemme entre l’école traditionnelle africaine et l’école moderne en Afrique. Il a conclu en disant que l’approche la plus avantageuse serait une approche du "juste milieu" qui ne prend de chaque côté que ce qui devrait être utile au progrès sociale et à la transformation qualitative de la vie des populations. Par la suite, le Professeur Mané a souligné l’intérêt d’une reforme éducative d’envergure pour permettre aux sociétés africaines d’entamer de la meilleure des manières le troisième millénaire. À cet effet, le Professeur Mané a souligné l’importance de la volonté politique, de la stabilité politique et de l’implication des spécialistes chevronnés pour parvenir à reformer le système éducatif guinéen. Le Professeur Mané à notamment souligné la nécessité de démocratiser l’école afin de permettre à toute la population guinéenne de pouvoir avoir accès à l’école. Avant de conclure, le Professeur Mané à aussi mis l’accent sur le contenu de l’enseignement en Guinée. Il a notamment souligné la nécessité d’adapter le contenu de l’enseignement en fonction de l’utilité que cet enseignement peut apporter aux populations dans leurs vies quotidiennes. Mots pour mots, voici la conclusion du Professeur Mané : « Les réformes éducatives d’envergure constituent des passages obligés pour l’édification des nations africaines dignes de ce nom. Elles sont à faire maintenant ou à un autre moment de l’histoire du continent. Elles demeurent obligatoires. »

Suite à l’acclamation de l’ensemble des participants, sur ce troisième et dernier thème, le débat s’est résumé à une série de questions adressées au Professeur Mané.

La première Concertation Non-Partisane de la Communauté Guinéenne au Canada se conclura par l’intervention de l’honorable Mr Elhadj Tounkara qui, du haut de son expérience, a appelé l’ensemble des participants à l’UNION au-delà de leur appartenance politique ou ethnique. Il a invité les participants à constituer une structure efficace afin de pouvoir influencer  positivement la vie des populations guinéennes ici au Canada ainsi qu’en Guinée.

La première Concertation Non-Partisane n’a finalement pas réussi à adopter une RÉSOLUTION finale. L’adoption de la RÉSOLUTION fera l’objet de discussions préliminaires avant la prochaine Concertation Non-Partisane prévue avant la fin de l’année. Vous pouvez accéder à La RÉSOLUTION qui n’a pas été adoptée en suivant ce lien: RESOLUTION FINALE PAS ADOPTÉE RESOLUTION 

La LDRG tient à remercier tous ces guinéens et toutes ces guinéennes qui ont assisté à cette première Concertation Non-Partisane. Ce 23 juillet 2011 à l’Université d’Ottawa, c’est indépendamment de nos appartenances ethniques et politiques que nous nous sommes réunis pour discuter objectivement de l’avenir de notre pays, et trouver des solutions aux problèmes de l’heure. Au cours de cette Concertation nous n’étions pas d’accord sur tous les sujets, mais nous en avons parlé en bons guinéens. Cela prouve que la Guinée a encore une chance. Cela prouve que la Guinée à encore des filles et des fils dignes qui ne l’abandonneront pour ne rien au monde. Que chaque guinéenne et chaque guinée, où qu’il se trouve, voit en cette Concertation Non-Partisane, non seulement la manifestation d’une Guinée au-delà du parti et de l’ethnie, mais surtout, la volonté et la détermination d’une Nouvelle Génération de vivre ensemble dans une Guinée unie, juste, équitable et prospère pour tous. Nous y arriverons avec l'aide de Dieu.

 

La LDRG 

Tag(s) : #Politique-Guinée