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obama_Van_Rompuy_Barroso.jpgLes États-Unis, inquiets des répercussions de la crise de la dette sur leur économie, ont appelé hier l'Union européenne à agir avec «force et détermination» pour la résoudre, tout en se disant «prêts à faire leur part pour aider» le Vieux continent à maîtriser la situation.
Résoudre la crise actuelle «est extrêmement important pour notre économie. Si l'Europe se contracte, si l'Europe est en difficulté, il sera bien plus difficile pour nous de créer des emplois ici», a déclaré le président Barack Obama après avoir reçu pendant deux heures à la Maison-Blanche le président de l'UE, Herman Van Rompuy, et de celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso. «Je leur ai fait savoir que les États-Unis se tiennent prêts à faire leur part pour aider ['UE] à résoudre ce problème», a dit M. Obama, sans donner plus de détails dans l'immédiat.
Pour sa part, l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'UE, William Kennard, a souligné que «le président [Obama] l'a dit clairement dans le passé, et l'a encore dit aujourd'hui, qu'il voudrait voir les dirigeants européens prendre des mesures plus audacieuses, plus rapides et plus décisives». Avant lui, le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, avait affirmé que «notre position est, et a toujours été, qu'il est très important pour l'Europe d'agir avec force et détermination dès maintenant».
Les États-Unis «ont intérêt à la réussite» de l'Europe, a déclaré pour sa part M. Obama. Washington craint les conséquences de la crise sur l'économie américaine, d'autant plus que l'OCDE a prévenu hier que la zone euro semblait être entrée en «légère récession», et revu nettement à la baisse ses prévisions de croissance pour l'UE. mais aussi pour les États-Unis. Le PIB américain progresserait ainsi de seulement 2 % l'an prochain au lieu de 3,1 %, une très mauvaise nouvelle pour M. Obama, candidat en novembre 2012 à sa succession et attaqué par ses adversaires républicains sur son bilan en matière de chômage et de croissance.
Reste que M. Obama semble en position délicate pour donner des leçons en matière de responsabilité budgétaire, au moment où la dette américaine vient de dépasser les 15 000 milliards, en progression inexorable vers les 100 % du PIB. Faute d'accord avec les républicains du Congrès, les mesures de réduction du déficit prônées par M. Obama sont jusqu'ici restées lettre morte, situation qui a conduit les agences de notation à placer Washington sous surveillance. Standard and Poor's a du reste déjà abaissé début août à AA+, la deuxième meilleure possible, la note américaine.
Le sommet, dans son communiqué final, a pris acte de cette situation, les Européens disant attendre «des gestes des États-Unis en direction d'une consolidation budgétaire à moyen terme. Nous devons tous deux prendre des mesures fortes pour réagir aux inquiétudes sur la croissance à court terme, mais aussi les faiblesses budgétaires et financières pour renforcer l'économie mondiale», a déclaré pour sa part M. Van Rompuy.
Pacte économique et commercial
Dans la foulée les États-Unis et l'Union européenne ont convenu hier de développer un projet destiné à cultiver des relations économiques déjà fortes pour créer plus d'emplois et alimenter la croissance économique de part et d'autre de l'Atlantique. «Nous devons intensifier nos efforts pour réaliser le potentiel non exploité de la coopération économique transatlantique afin de générer de nouvelles opportunités pour l'emploi et la croissance, surtout dans les secteurs émergents», déclarent les deux parties dans un communiqué. «Nous entendons renforcer la relation commerciale et d'investissement États-Unis-Union européenne, qui est déjà la plus importante et la plus intégrée au monde», ajoutent-elles.
Ce communiqué fait suite à une recommandation du Transatlantic Business Dialogue, un organisme de réflexion privé, suivant laquelle les États-Unis et l'UE devraient étudier la possibilité de négocier un Pacte économique et commercial transatlantique. Il suit aussi deux réunions qui ont eu lieu ce mois-ci avec des chefs d'État et de gouvernement de la région Asie-Pacifique. Barack Obama avait alors dit que les États-Unis considéraient que leur prospérité était liée très étroitement à cette région de forte croissance.
États-Unis et UE représentent la moitié à peu près du PIB mondial et près du tiers des échanges commerciaux de la planète. Les échanges entre les deux blocs représentent quotidiennement 3,6 milliards de dollars et l'investissement transatlantique soutient un nombre d'emplois estimé à 7,1 millions, selon les données du département du Délégué au commerce américain.
Le communiqué stipule enfin que le commissaire européen au Commerce, Karel de Gucht, et le délégué au Commerce américain, Ron Kirk, présideront un groupe de travail commun chargé d'«identifier et évaluer les possibilités de renforcer les relations économiques UE-États-Unis, surtout celles qui représentent le plus fort potentiel en matière d'emploi et de croissance». Ce groupe doit remettre en principe ses recommandations et conclusions d'ici la fin 2012, un rapport d'étape étant prévu en juin 2012 sur l'état des travaux.

Source: http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/337158/crise-de-la-zone-euro-obama-presse-les-europeens-de-prendre-les-choses-en-mains?utm_source=infolettre-2011-11-29&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Tag(s) : #Amérique du Nord