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Les forces de sécurité malgaches avaient maté jeudi soir la rébellion de mutins du corps d'élite de la gendarmerie, au terme d'une journée de violents affrontements qui ont fait au moins deux morts au coeur de la capitale.

Le principal échange de tirs est intervenu vers 10H45 locales (3H45, heure de Montréal) lorsque les forces de sécurité (armée et gendarmerie) sont allées démanteler les barrages d'éléments de la Force d'intervention de la gendarmerie nationale (FIGN). Ces derniers avaient entamé mercredi soir un mouvement de contestation, notamment contre leur hiérarchie.

Les échanges de tirs, intenses pendant une heure, ont nettement diminué vers midi. En fin d'après-midi, les forces de sécurité ont donné l'assaut à la caserne où étaient retranchés les mutins, qui ont pris la fuite.

«On a terminé l'assaut», a expliqué à l'AFP le commandant des forces de sécurité à la tête des opérations contre les mutins, le colonel Richard Ravalomanana.

«Il n'y a pas de prisonniers. Les autres (les mutins) se sont enfuis. Les forces régulières occupent» la base des FIGN, la caserne de Fort Duchesne, sur une colline située à environ 2 km du centre-ville, a-t-il ajouté.

Trois civils et deux membres des forces de sécurité sous son commandement ont été blessés, a précisé le colonel.

«Il y a deux morts», un gendarme de la FIGN et soldat loyaliste, a indiqué dans la soirée au cours d'une conférence de presse le Premier ministre et ministre des Forces armées, Camille Vital, revêtu pour l'occasion d'un treillis militaire.

«Face à la mutinerie d'une partie des éléments de la FIGN poussée par quelques éléments dits religieux, les forces armées ont dû se résoudre à un assaut du camp de gendarmerie de Fort-Duschesne où se sont retranchés des éléments rebelles», a expliqué M. Vital.

«La situation est maîtrisée et toutes les dispositions nécessaires pour maintenir la sécurité dans la capitale et ses environs sont en vigueur», a-t-il assuré, dénonçant «avec véhémence les ingérences et manipulations ourdies par des politiques hostiles» au régime en place.

Des éléments des FIGN avaient mercredi soir érigé des barrages filtrants à proximité de leur caserne. La revendication principale des mutins porte sur une affaire d'argent au sein de la gendarmerie.

Le président évincé Marc Ravalomanana a reconnu publiquement avoir versé 500 millions d'ariary (près de 190 000 euros) début 2009 à la hiérarchie de la gendarmerie. M. Ravalomanana était alors confronté au mouvement populaire de son rival Andry Rajoelina qui devait conduire à sa destitution.

Les mutins reprochent à leur ancien numéro 2, le général Bruno Razafindrakoto, devenu commandant de la gendarmerie nationale peu après la prise du pouvoir par M. Rajoelina (mars 2009), de ne pas avoir redistribué cet argent.

Par ailleurs, les mutins entendaient assurer la protection jeudi à proximité de leur caserne d'un rassemblement interdit du «Mouvement des ecclésiastiques», de pasteurs protestants favorables à M. Ravalomanana.

Les forces de sécurité s'étaient déployées en nombre dans la matinée pour démanteler ces barrages. Une dizaine de camions et cinq pick-up militaires étaient visibles non loin de l'endroit où se sont produits les tirs.

«On n'a jamais voulu attaquer. Ils ont commencé à nous tirer dessus. On a riposté seulement 30 minutes après quand on a décidé de progresser vers le camp», a affirmé le colonel Ravalomanana, évaluant le nombre des «mutins» à «une vingtaine, 30 au maximum».

Madagascar est plongée dans une crise depuis fin 2008. Elle a conduit à l'éviction en mars 2009 de M. Ravalomanana et à son remplacement par M. Rajoelina, alors soutenu par l'armée.

Début mai, M. Rajoelina n'a pu obtenir un soutien clair des forces de sécurité pour mettre en place un gouvernement «neutre» accordant plusieurs postes à des militaires.

Source: http://www.cyberpresse.ca/international/afrique/201005/20/01-4282456-madagascar-deux-personnes-tuees-dans-des-tirs-entre-forces-de-securite.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_afrique_289_section_POS1

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest