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Projets-Village.jpgSaran Kaba Jones est passionnée par l’accès universel à l’eau potable : elle est Libérienne et fondatrice de FACE Africa, une organisation caritative basée aux Etats-Unis  et qui œuvre pour l’accès des communautés rurales du Libéria et d’autres pays africains à l’eau potable.  Elle rend compte de ses activités  sur les médias sociaux.
 
Ses efforts sur le continent ne sont pas isolés. Regardez attentivement les discussions des Africains sur les médias sociaux et vous vous rendrez très vite compte qu’elle est l’Africaine dont le travail est désormais visible grâce à sa maîtrise des technologies émergentes de la communication.
 
Un avenir de développement économique et social impulsé par les Africains est en train de prendre corps – avec à son centre la technologie.
 
Des voix africaines émergentes
 
Selon le site Web Internet World Stats, plus de 15 pour cent des Africains ont désormais accès à l’Internet. Des 167 millions d’Africains connectés, plus de 50 millions sont abonnés à Facebook. [1]

Ajoutez-y les millions d’Africains bruyants de la diaspora déjà connectés, et soudain, une Afrique faisant voir son intelligence collective et débridée, émerge.
 
Les Africains mettent à profit les avantages des technologies des médias sociaux pour déployer leur influence en remettant en cause le discours dominant sur le développement.
 
L’artiste et activiste Bono, et les spécialistes du développement comme Bill Easterly et Paul Collier ne sont plus les références en matière de développement de l’Afrique. Au contraire, le professeur Calestous Juma, spécialiste du développement, l’écrivain Teju Cole, le professeur de sciences politiques Wanjiru Kamau-Rutenberg, le spécialiste des politiques publiques, Semhar Araia et de nombreuses autres voix africaines émergentes dominent la Toile.
 
Et pour avoir une idée de cette nouvelle Afrique en gestation, il n’y a qu’à regarder les reproches faits à KONY 2012, une vidéo produite par l’organisation caritative Invisible Children, critiquée pour avoir dénaturé les faits relatifs au criminel de guerre Joseph Kony et pour avoir simplifié à l’excès la vie politique ougandaise.
 
Le discours ne consiste plus à demander à quelqu’un d’autre de trouver des solutions aux problèmes de développement du continent. C’est beaucoup plus une opération d’affirmation où les Africains démontrent qu’ils sont assez audacieux pour prendre en charge le développement de leur continent.
 
Des solutions locales
 
Et même si les plateformes des médias sociaux sont souvent envahies par de la péroraison, parfois elles sont un excellent moyen pour découvrir d’autres technologies mises en œuvre pour une Afrique meilleure.
 
Rien que ce mois, j’ai fait la connaissance de Ndubisi Ekekwe, entrepreneur  technologique installé aux Etats-Unis, qui œuvre pour révolutionner l’enseignement supérieur sur le continent par la création d’une nouvelle université, l’African Institution of Technologies ou ARFIT. Ekekwe s’est donné pour mission d’utiliser les technologies de télécommunication pour apporter les connaissances collectives du monde entier aux étudiants africains.
 
Pendant ce temps, mon confrère Apolo Ndyabahika réfléchit aux stratégies permettant d’assurer qu’en Ouganda chaque enfant a accès à un outil d’apprentissage numérique fabriqué sur place. Et Solomon King, toujours en Ouganda, conduit une équipe qui initie la prochaine génération de penseurs ougandais à la robotique à travers Fundi Bots, dont l’objectif est d’accélérer l’avenir de l’Afrique en tant que fabricante de technologies plutôt que consommatrice.

Les initiatives de Ndyabahika et de King tentent d’inverser l’évolution des stratégies classiques de développement (comme le projet Un Ordinateur portable par enfant), qui dépendent de solutions de consommation importées, et de construire une Afrique qui conçoit ses propres solutions.
 
Etant donné que la moitié de la population africaine est âgée de moins de 15 ans, la technologie devra jouer un rôle essentiel dans la façon dont nous formons et employons la prochaine génération.
 
Des succès commerciaux
 
A travers le monde, les Africains se servent également de l’innovation pour créer des opportunités commerciales lucratives en apportant des solutions au manque d’infrastructures sur le continent.
 
Patrick Ngowi, d’origine tanzanienne, a étudié en Chine et travaillé comme entrepreneur pendant la majeure partie de sa vie. Son entreprise,Helvetic Solar Contractors, comble le déficit de l’offre énergétique créé par les réseaux électriques nationaux peu fiables, ce qu’aucun projet de développement n’a pu accomplir jusqu’à présent.
 
Ngowi a exploité les relations qu’il a nouées en Chine pour se lancer dans l’importation de la technologie solaire d’Asie. Helvetic Solar est désormais une entreprise qui vaut 8 millions de dollars et augmente progressivement ses parts de marché en Afrique de l’Est.
 
Au Nigéria, de l’autre côté du continent, Jason Njoku a profité de la connectivité croissante à Internet pour mettre en ligne le catalogue prolifique de films de « Nollywood » sur sa plateforme iROKOtv- le « Netflix africain » - qui propose désormais son contenu à plus de 500.000 clients disséminés dans le monde, ce qui fait de son entreprise le plus grand distributeur de films produits par Nollywood.

Ce succès rapide  a permis à Njoku d’attirer des investissements d’une valeur de 8 millions de dollars afin de mettre davantage de films et de musique africaine en ligne.
 
L’industrie cinématographique prolifique de Nollywood est la deuxième plus grande du monde en termes de revenu par tête et emploie plus de 300.000 personnes. Un réseau de distribution étendu de ses produits permet de créer des emplois permanents. Ces investissements permettront à cette plateforme de créer encore plus d’emplois à Nollywwod, au moment où un continent jeune et qui maîtrise la technologie commence à exiger plus de contenu produit localement (et dont il est prêt à payer le prix).
 
Des initiatives concertées

Tandis que le discours classique sur le développement est dominé par l’insistance des institutions et du monde de la recherche sur l’Afrique après 2015, le continent construit peu à peu ce nouvel avenir, sans organiser une conférence internationale des parties.
La technologie à elle seule n’est pas une panacée pour les nombreux mots du continent. Mais c’est un élément essentiel de la solution qui se met en place à travers ses économies numériques émergentes. Il existe 20 pôles de la technologie et de l’innovation dans les pays africains (et ce chiffre ne cesse d’augmenter) qui témoignent de cette réalité.
Les initiatives et réussites évoquées ci-dessus ne sont pas des efforts isolés. Elles sont interconnectées, et permettront de poursuivre la renaissance de l’ « Afrique par l’Afrique ».

Source: http://www.scidev.net/afrique-sub-saharienne/entreprise/opinion/un-d-veloppement-de-l-afrique-impuls-par-les-africains-est-en-marche.html?utm_medium=email&utm_source=SciDev.Net&utm_campaign=3169948_13%2f10%2f07-Newsletter+SSA+French&dm_i=1SCG,1VXY4,B0LFEK,6RM0W,1

Tag(s) : #Afrique