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dexia.jpgTrois ans après avoir échappé de peu à la faillite suite à la crise des subprimes, la banque franco-belge Dexia est rattrapée par la crise : elle pourrait être démantelée. Cependant Paris et Bruxelles s’engagent à garantir les financements fournis par cet établissement bancaire.

C'est avec les déboires de Dexia en toile de fond que s'est poursuivi, ce mardi 4 octobre 2011 à Luxembourg, la réunion des ministres européens des Finances. Après les Etats, c’est donc au tour des banques d’être victimes de la crise de la dette. L’action de la banque franco-belge a ainsi plongé, ce même jour, de plus de 30% à la Bourse de Paris.

Cette descente aux enfers suit de quelques heures un conseil d'administration qui a laissé entrevoir un possible démantèlement de la banque pour résoudre ses graves difficultés de refinancement. Née il y a douze ans de la fusion du Crédit local de France et du Crédit communal de Belgique, Dexia est une banque spécialisée dans le financement des collectivités locales dans plus de 30 pays. Une activité qui lui impose de se financer en grande partie sur les marchés financiers ou dans des opérations d'emprunt auprès d'autres banques.
  
Une pénurie de liquidités
 
Or ces derniers mois, les sources de refinancement sur les marchés se sont taries dangereusement. Le profil de Dexia est considéré à risque : des actifs trop nombreux, trop de prêts à long terme pour trop peu de dépôts. Avec la crise de la dette, sa situation financière est devenue encore plus critique. Tour à tour, les agences de notation Fitch, la semaine dernière, puis Moody’s, lundi 3 octobre 2011, ont placé la note de la banque franco-belge sous surveillance négative.
 
Face à cette pénurie massive de liquidités, un plan de sortie de crise a été présenté, lundi soir, par l’administrateur délégué de Dexia, Pierre Mariani. Certains médias avancent plusieurs scénarios et notamment une vente à la découpe ou bien encore une liquidation ordonnée. Dans tous les cas de figure, ce démantèlement prévoit la vente de la majeure partie de ses fleurons. La banque de détail en Belgique, la banque privée au Luxembourg, la filiale turque Denizbank devraient ainsi chercher preneur dans les prochains jours.
 
Des garanties publiques
 
Quant au portefeuille de prêts aux collectivités locales en France, qui pèse environ 70 milliards d’euros, il devrait  être cédé à la Banque postale et à la Caisse des dépôts et consignations. Dexia devrait également isoler à l’extérieur du périmètre de la banque, le portefeuille d’actifs à risque dont il cherche à se séparer depuis plusieurs années et qui pèse structurellement sur le groupe. Depuis 2008, Dexia traîne un paquet d'actifs toxiques, un portefeuille estimé à 95 milliards d'euros. Ces actifs devraient être logés dans une structure de défaisance, une « bad bank ».
 
Ce scénario de démantèlement a affolé les investisseurs. Pour tenter d’enrayer la panique sur les marchés, les deux Etats actionnaires, la France et la Belgique, se sont engagés, mardi 4 octobre, à garantir les financements de la banque. « Les États belge et français répondront présents comme en 2008 », a assuré, mardi,  le ministre français des Finances, François Baroin, en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg. Didier Reynders, ministre belge des Finances, a également déclaré que son pays apporterait « une garantie pour les financements de Dexia quelle que soit la forme que cela prendra. Des aides financières qui pourraient passer par des garanties, des recapitalisations ou des prêts ».

Source: http://www.rfi.fr/europe/20111004-dexia-premiere-banque-victime-crise-dette

Tag(s) : #Europe