Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

egypte-manifestation.jpgLa nuit tombe sur la place Tahrir, au Caire, où des centaines de milliers de personnes réclament une nouvelle fois la démission du président Hosni Moubarak dans le cadre d'une grande manifestation baptisée « jour du départ ».

La manifestation, qui se déroule dans le calme, est marquée par la présence de personnalités politiques, dont le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, très populaire dans son pays. Des intellectuels, des écrivains, des artistes et des journalistes se sont également joints au rassemblement.

Quelques affrontements entre opposants et partisans ont été signalés aux abords de la place Tahrir, épicentre de la contestation. De violents accrochages entre les deux camps ces derniers jours avaient fait au moins 8 morts et 800 blessés.

Les dernières nouvelles

  • Le guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, se dit prêt au dialogue avec le vice-président Omar Souleimane, mais après le départ du président Moubarak;
  • Dans l'est du pays, une roquette antichar a été tirée sur le siège de la sécurité de l'État à El-Arich, non loin de la frontière avec la bande de Gaza;
  • Al-Jazira affirme que son bureau du Caire a été pris d'assaut par des « bandes de voyous » qui ont incendié et endommagé de l'équipement;
  • Une équipe de CBC a été libérée après avoir été arrêtée au Caire. La journaliste Susan Ormiston, le producteur Erin Boudreau et le cameraman Richard Devey étaient allés tourner près du palais présidentiel.

 

Au terme de la traditionnelle prière du vendredi, les seules voix qui s'élevaient scandaient : « Va-t'en, Moubarak! Dégage! ».

« Ils veulent qu'on se fatigue. Ils disent que nous sommes des Frères musulmans, mais nous ne sommes pas des Frères, nous sommes le peuple », explique Hatem, un ingénieur de 29 ans, venu exiger le départ de Moubarak.

Le ministre de la Défense, Mohamed Tantaoui, s'est rendu sur place pour évaluer la situation, première visite sur le terrain d'un haut responsable du régime depuis le début de la contestation.

« L'homme vous a dit qu'il n'allait pas se représenter », a-t-il dit à la foule à propos du président. Un manifestant lui a répondu : « Si nous arrêtons [le mouvement], la vengeance va être terrifiante. »

Le mouvement de protestation contre le pouvoir a également cours dans plusieurs villes de province : Alexandrie (nord), Menoufiya (nord), Mansoura (delta du Nil), Mahalla (delta du Nil), Louxor (sud), Suez (est) et Assiout (centre).

Un important dispositif de sécurité

Pour rejoindre le centre du Caire, les manifestants doivent traverser un cordon de l'armée qui a été déployée pour éviter que des éléments perturbateurs ne s'immiscent dans la mobilisation.

Des protestataires effectuent également eux-mêmes des contrôles d'identité pour empêcher que des policiers en civil ne pénètrent sur l'esplanade, la carte d'identité égyptienne mentionnant la profession des citoyens.

Le premier ministre, Ahmad Chafic, qui a présenté ses excuses pour les violences, a demandé au ministre de l'Intérieur de ne pas intervenir dans les manifestations pacifiques.

M. Moubarak s'est engagé à partir à la fin de son mandat, en septembre prochain, mais a refusé de démissionner d'ici là, estimant que le pays risquait le chaos.

L'appel au rassemblement de jeudi a été lancé après 10 jours de manifestations. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des milliers de manifestants ont de nouveau bravé le couvre-feu nocturne place Tahrir, campant sous des tentes et se réchauffant autour de feux après une journée de heurts intermittents.

Selon un bilan non confirmé de l'ONU, les violences de la première semaine de contestation en Égypte avaient déjà fait moins 300 morts et des milliers de blessés.

Des manifestations d'appui dans le monde


En Jordanie, un millier de personnes ont manifesté Amman à l'appel de l'opposition islamiste en exigeant des réformes dans le royaume et en exprimant leur appui à la contestation égyptienne, a estimé la police.

En Turquie, un millier de protestataires se sont massés après la prière musulmane du vendredi devant une mosquée d'Istanbul en solidarité avec la révolte du peuple égyptien, selon l'Agence France Presse (AFP).

En Malaisie, la police a utilisé des canons à eau pour disperser une manifestation de plusieurs centaines de personnes contre le président égyptien qui avait lieu devant l'ambassade des États-Unis à Kuala Lumpur, a constaté l'AFP.

En Afrique du Sud, 250 personnes se sont regroupées dans le calme devant l'ambassade d'Égypte à Pretoria pour demander le départ d'Hosni Moubarak.

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest