Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

rached_ghannouchi.jpgMême si le résultat officiel des élections tunisiennes ne sera connu que mardi, tout porte à croire que c'est le parti islamiste Ennahda qui obtiendra le plus de sièges au sein de l'Assemblée constituante, qui sera chargée de rédiger une nouvelle constitution pour le pays.

Des membres d'Ennahda (Renaissance) estiment lundi qu'ils ont récolté de 30 % à 40 % des voix lors du scrutin tenu dimanche, le premier à être organisé dans la foulée du printemps arabe.

Ce résultat anticipé ne lui permettra pas de remporter la majorité des 217 sièges de l'Assemblée constituante qui étaient en jeu, e sorte que la formation, légalisée en mars après avoir été longtemps interdite sous le régime de Ben Ali, devra former des alliances.

« Nous voulons rassurer nos partenaires économiques et commerciaux, ainsi que tous les investisseurs: nous espérons très rapidement revenir à la stabilité et à des conditions favorables à l'investissement », a commenté le directeur du bureau exécutif du parti islamiste, Abdelhamid Jlassi.

« Les priorités de la Tunisie sont claires: c'est la stabilité et les conditions pour vivre dans la dignité, ainsi que la construction d'institutions démocratiques », a-t-il souligné.

« Nous aurons un programme de priorité sociale (...) nous sommes ouverts à tous ceux qui partagent cet objectif, sans exception », a déclaré M. Jlassi, qui prône une alliance « incluant toutes les forces patriotiques ».

Nous essayerons d'aboutir à une alliance politique stable au sein de l'assemblée constituante.— Abdelhamid Jlassi

Durant la campagne, le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi, s'est réclamé d'un islam modéré proche du parti islamo-conservateur AKP, au pouvoir depuis 2002 en Turquie. Devant les craintes du camp laïque, il a promis de ne pas toucher au statut de la femme et prôné un gouvernement d'union.

Les nouveaux membres de l'assemblée doivent non seulement rédiger une nouvelle constitution, mais aussi désigner un gouvernement provisoire et fixer la date des prochaines élections législatives et présidentielle.

Les démocrates admettent leur défaite

Les islamistes sont suivis par deux partis de gauche laïques avec qui ils sont prêts à collaborer : Ettakatol, qui devrait obtenir 15 % des voix, selon ses dirigeants, et le Congrès pour la république (CPR), qui aurait réalisé une percée surprise et s'attend à obtenir un résultat similaire. Le CPR s'est déjà prononcé en faveur « d'une participation à un gouvernement d'union nationale ».

Ennahda est certes majoritaire, mais il y a deux entités démocratiques, Ettakatol et CPR, qui étaient très faibles au départ et se retrouvent avec une stature nationale pour construire la vie politique, et instaurer une modernité rationnelle dans un pays arabo-musulman.— Khalil Zaouia, numéro deux d'Ettakatol

Le Parti démocrate progressiste (PDP) a déjà admis sa défaite, lundi, estimant qu'il n'avait reçu qu'entre 8 et 10 % des voix.

Les tendances sont très claires. Le PDP est mal positionné. C'est la décision du peuple tunisien. Je m'incline devant ce choix. Je félicite ceux qui ont obtenu l'approbation du peuple tunisien.— Maya Jribi, chef du PDP

« Nous serons toujours là pour défendre une Tunisie moderne, prospère et modérée », a tout de même promis la chef du parti, qui estime que le pays est « en train de vivre un tournant ».

Le parti islamiste Ennahda est prêt à collaborer avec ces deux formations politiques.

« Nous sommes prêts à former une alliance avec le Congrès pour la république de Moncef Marzouki et l'Ettakatol de Moustapha Ben Jaafar puisque leurs opinions ne sont pas éloignées des nôtres et que ces deux partis ont obtenu un grand nombre de suffrages », a dit à l'agence de presse Reuters Ali Larayd, membre du comité exécutif du parti islamiste Ennahda.

La Tunisie se félicite du processus démocratique

En attendant l'annonce officielle des résultats, les Tunisiens se réjouissent du déroulement des premières élections démocratiques de leur histoire.

Les journaux tunisiens font état d'un scrutin historique, dont le grand vainqueur est la Tunisie, souligne le quotidien arabophone Al Chourouk.

La veille, plus de 90 % des quelque 7 millions d'électeurs inscrits ont exercé leur droit de vote lors d'une élection qui s'est généralement bien déroulée, a indiqué la commission électorale indépendante (ISIE).

Près de 11 000 candidats se disputaient les 217 sièges de la future assemblée constituante.

« Élections pluralistes? À Tunis? Sans Ben Ali? Oui! », écrit le quotidien tunisien francophone La Presse. « C'est la première fois que se déroule dans cette vaste région autocratique une consultation populaire qui respecte les règles et les critères suivis dans les pays ayant une longue tradition démocratique », affirme le quotidien dans son éditorial.

« Le printemps de Tunis qui s'est propagé comme un feu de brousse à travers le monde arabe investit la Tunisie d'une lourde responsabilité morale », écrit Tunis-Hebdo, qui appelle les 217 membres de la nouvelle assemblée à la « responsabilité » pour le « bien commun ».

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a félicité lundi la Tunisie « pour la façon pacifique et ordonnée » dont s'est déroulé le scrutin.

Cette élection historique constitue une étape majeure pour la transition démocratique tunisienne et une avancée importante dans le processus de transformation démocratique en Afrique du Nord et au Moyen-Orient en général.— Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies

Dimanche, plusieurs gouvernements avaient salué la mobilisation des électeurs et le bon déroulement du vote.

Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/10/24/002-tunisie-elections-ennahda_en_avance.shtml

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest