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strauss-kahn-m.jpgLes pays à faible revenu, notamment d'Afrique subsaharienne, se rétablissent bien mieux  qu'après les récessions antérieures. Toutefois, des années de progrès ont été perdues à cause  de la crise économique mondiale, ainsi que de la crise alimentaire et pétrolière qui l'avait  précédée, a déclaré le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, lors d'une visite à  Bruxelles du 5 au 7 décembre.

 

Si les bons résultats macroéconomiques des pays à faible revenu pendant la crise constituent  la « bonne nouvelle », la « mauvaise nouvelle » est que moins de personnes sont sorties de la  pauvreté, a-t-il noté.

 

M. Strauss-Kahn s'est adressé à un groupe de parlementaires internationaux au Parlement  belge, ainsi qu'à des participants aux Journées européennes du développement, un forum  rassemblant des chefs d'État, des parlementaires, des donateurs, des organisations  internationales, des universitaires et un large éventail d'organisations de la société civile.

 

Aide du FMI pendant la crise 

Grâce aux bonnes politiques économiques qu'ils avaient menées avant la crise financière  mondiale, de nombreux pays à faible revenu ont pu laisser jouer leurs stabilisateurs  automatiques budgétaires et accroître leurs dépenses réelles pendant la crise. L'aide apportée  par le FMI a eu des effets positifs aussi et a contribué à protéger les groupes les plus pauvres  et vulnérables, a déclaré M. Strauss-Kahn.

 

Pendant la crise, le FMI a quadruplé ses prêts à des conditions avantageuses en faveur des  pays à faible revenu, avec des taux d'intérêt nuls jusqu'à la fin de 2011. Près de 90 % des pays  appliquant un programme appuyé par le FMI ont accru leurs dépenses réelles, contre 67 % des  pays n'ayant pas reçu d'aide du FMI. En 2009, les dépenses réelles de santé et d'éducation  dans les pays à faible revenu ont augmenté de 10 %, et l'investissement public de 17 %.

 

 « Cela montre que les programmes appuyés par le FMI ont aidé les pays à surmonter la crise  et à faire mieux qu'ils n'auraient pu le faire sans cette aide », a noté le Directeur général. 

 

Regagner le terrain perdu 

En dépit de ces progrès, la Banque mondiale estime que le nombre de personnes qui seront  sorties de la pauvreté d'ici 2020 sera inférieur d'environ 70 millions à cause de la crise  financière mondiale, ainsi que de la crise alimentaire et pétrolière qui l'avait précédée. Des  millions de personnes supplémentaires souffriront des conséquences de la persistance du  chômage et du sous-emploi.

 

Afin de regagner le terrain perdu, tout le monde doit jouer son rôle : les pays en  développement eux-mêmes, les pays avancés et les institutions internationales, a noté

M. Strauss-Kahn. Une action coopérative pourrait rehausser la croissance mondiale de

2½ points de pourcentage sur cinq ans, créer 30 millions d'emplois supplémentaires et sortir

33 millions de personnes de la pauvreté, selon une analyse du FMI.

 

Tenir les promesses en matière d'aide

M. Strauss-Kahn a engagé les pays avancés à tenir les promesses qu'ils avaient faites à  Gleneagles en matière d'aide et à trouver les moyens de distribuer l'aide financière pour aider  les pays à faible revenu à surmonter les problèmes posés par le changement climatique. « Ce  n'est pas le moment de réduire l'aide », a-t-il déclaré. Au sommet de Gleneagles en 2005, les  dirigeants du G8 avaient promis de doubler l'aide en faveur de l'Afrique subsaharienne à  l’horizon 2010.

 

Il faudrait aussi s'ouvrir aux échanges commerciaux. Cette ouverture au commerce n'a aucun  coût budgétaire et pourrait déclencher une vague de productivité et de croissance. 

 

Stratégie de croissance 

Dans les pays à faible revenu, il est prioritaire de retrouver une croissance vigoureuse et  «partagée», ainsi que de rendre cette croissance plus résistante aux chocs futurs à l'aide de  politiques économiques d'inspiration nationale, a déclaré M. Strauss-Kahn.

 

La reconstitution d'une marge de manœuvre pour les pouvoirs publics renforcerait cette  résilience : cela peut se faire tout en investissant dans les infrastructures et en accroissant les  dépenses sociales, a-t-il noté. Il doit être prioritaire aussi de mobiliser davantage de recettes  intérieures.

 

Les pays à faible revenu devraient aussi chercher à accroître l'épargne intérieure et à  développer les marchés financiers locaux, ce qui rendrait leur économie plus résiliente face  aux chocs et stimulerait l'activité du secteur privé, a-t-il ajouté.

 

Quant au FMI, il continuera de jouer son rôle en fournissant des conseils et des financements  si nécessaire. Ses programmes de prêt sont maintenant plus flexibles, et la conditionnalité a  été allégée, a déclaré M. Strauss-Kahn. Le FMI a appuyé des politiques budgétaires anticycliques pendant la crise, a mis en place une stratégie plus souple en matière  d'endettement et a préconisé de protéger les dépenses sociales. En outre, il fournit une vaste  assistance technique à l'appui du renforcement des capacités, notamment dans les pays  fragiles.

 

Une réforme majeure de la structure de gouvernance du FMI en novembre 2010 prévoit de  transférer 6 % des quotes-parts vers les pays émergents et en développement dynamiques, tout  en protégeant les parts de voix des pays membres les plus pauvres. Le Conseil des  gouverneurs, organe décisionnel suprême du FMI, doit ratifier cet accord à une majorité de

85 % des votes exprimés pour qu'il prenne effet.

 

M. Strauss-Kahn a déclaré qu'il espérait que le FMI pourrait compter sur l'appui des  parlements nationaux pour obtenir la ratification de l'accord. Il a remercié les Européens de  leur collaboration permanente avec le FMI.

Source: http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/survey/so/2010/new120610af.pdf

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest