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obama_hu_jintao.JPGLes pays membres du G20 se réunissent, à partir de ce jeudi 11 novembre et pour 2 jours, à Séoul en Corée du Sud. A l'ordre du jour : les déséquilibres financiers, monétaires et commerciaux. Le débat risque d'être animé car il y a une semaine, la FED, (la Banque centrale des Etats-Unis) a décidé d'injecter 600 milliards de dollars (423 milliards d'euros) sur les marchés financiers.Une décision mal perçue par les autres membres du G20, notamment l'Europe et les pays émergents. Vingt chefs d'Etat se retrouvent donc en Corée du sud pour tenter de résorber les déséquilibres économiques mondiaux.

Ces 20 pays ne sont pas des moindres car ils représentent 90% du produit intérieur brut mondial. Le G20 rassemble les pays les plus industrialisés ainsi qu'une douzaine de pays émergents. Le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque mondiale sont également présents à la table des discussions. C'est la cinquième fois depuis 2008 que le G20 se réunit.  

Jean Paul Pollin, professeur d'économie à l'université d'Orléans, considère qu'il y a 3 thèmes principaux. « Il y a d’abord un problème de gouvernance du Fonds monétaire international. Une gouvernance générale pour essayer de faire en sorte que les pays émergents aient une place plus grande dans les  décisions économiques internationales. Le deuxième enjeu  est celui de la régulation financière, certains progrès ont été faits du côté de la régulation des banques (encore qu’il faille la mettre en application). Le troisième enjeu, c’est celui des déséquilibres de balances commerciales. Il y a donc beaucoup à faire pour rapprocher les points de vue.»
 
Plus de billets pour faire baisser le niveau de la devise
 
Le climat de ce sommet a toute les raisons d'être tendu, car les grandes puissances économiques que sont la Chine et les Etats-Unis sont au bord d'une guerre des monnaies. Les Etats-Unis reprochent à la Chine de sous-évaluer sa monnaie, le Yuan, de 30 à 40%. C'est un taux très important qui lui confère des avantages de compétitivité qualifiés d’indus par les Etats-Unis qui, du coup, se livrent à un combat sans merci avec la Chine. Il faut dire que la Chine affiche une excellente santé économique, grâce à ses exportations massives, sa main d'œuvre bon marché et un système social inexistant. Ses atouts déstabilisent l'économie américaine et font gonfler son taux de chômage. Face au refus de Pékin de réévaluer sa monnaie, Washington a donc décidé de riposter en faisant marcher sa planche à billets. Les Etats-Unis vont injecter 600 milliards de dollars dans l'économie. 
 
Cette riposte permettra aux Américains d'augmenter leurs exportations, en abaissant le coût, mais aussi d'affaiblir les réserves financières de la Chine qui possède beaucoup de dollars. Mais cette guerre que Washington déclare à Pékin fait aussi des dégâts collatéraux comme le constate Gunther Capelle Blancard, directeur adjoint du CEPII, le Centre d'études prospectives et d’informations internationales: « Les victimes collatérales sont les pays émergents et l’Europe puisque, dans les deux cas, ces pays observent une appréciation de leur monnaie qui pénalise leurs exportations. C’est vrai en Europe, surtout en France, moins en Allemagne. C’est vrai pour les pays émergents, comme le Brésil qui voit sa monnaie, le real, s’apprécier et donc le Brésil devient moins concurrentiel sur le marché international, notamment par rapport à la Chine.»
 
L'aide au développement pour les pays les plus pauvres sera la pour la première fois évoquée
 
Ordre et parité entre les monnaies sont donc nécessaires mais les protagonistes éprouvent d’énormes difficultés à les mettre en place. Les Américains souhaiteraient une entente pour que les déséquilibres de balances commerciales, (déséquilibre entre importation et exportation) se réduisent. Son secrétaire au Trésor, Timothy Geitner a proposé que les pays qui ont un excédent supérieur à 4% le réduisent et que les pays déficitaires au delà de 4% essayent de le limiter. Proposition mal perçue par les grandes puissances exportatrices et les pays émergents. Timothy Geitner s'est donc rétracté sur le chiffrage et propose d'en garder juste le principe.
 
Pour l'ONG Oxfam France, si le G20 s'ouvre aux questions de développement, il doit aussi réserver un quota de sièges permanents et de plein droit à l'Union africaine et aux instances d'Asie et d'Amérique latine. Ces pays pourraient ainsi participer aux réunions préparatoires du G20. « On attend que ne soient pas répétées les erreurs du G8 : c'est-à-dire des engagements généraux, une vision uniquement basée sur l’aide publique au développement, presque de la charité, et surtout très peu de suivi. On attend une vision exhaustive du développement qui permette de parler d’écodéveloppement, mais également de commerce, d’évasion fiscale, d’accaparement des terres, d’infrastructures et puis bien évidemment qu’on ait les principaux pays concernés autour de la table et notamment les pays les plus pauvres », a insisté Sébastien Fourmy, porte-parole d'Oxfam France. Il faudra encore probablement des mois pour parvenir à un accord sur la limitation des déséquilibres économiques mondiaux.

Source: http://www.rfi.fr/economie/20101111-g20-desequilibres-economiques-reformes-necessaires

Tag(s) : #International