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Papandreou.jpgLes deux principaux partis politiques grecs ont scellé hier soir un accord politique historique ouvrant la voie à la formation d'un gouvernement d'unité nationale, qui aura la lourde tâche d'extirper le pays de 11 millions d'habitants de la crise de la dette publique.
Le premier ministre sortant, George Papandréou, ne dirigera pas ce gouvernement de transition, dont il a néanmoins négocié hier la composition avec le chef de l'opposition, Antonis Samaras. Les deux hommes, qui étaient colocataires durant leurs études aux États-Unis, doivent se rasseoir ensemble aujourd'hui afin de désigner un candidat à la succession du chef de gouvernement socialiste.
Parmi les favoris cités par la presse figurent notamment les noms du ministre des Finances, Evangélos Vénizélos — ex-rival de M. Papandréou au sein du Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) — et celui de l'ancien vice-président de la Banque centrale européenne, Lucas Papademos, qui est actuellement conseiller du premier ministre grec. Pour sa part, le journal libéral Kathimérini suggérait le nom de l'ex-commissaire européen à l'environnement, Stavros Dimas.
Le nouveau gouvernement sera chargé de «mettre en oeuvre» le plan européen anticrise élaboré à Bruxelles fin octobre, et ce, avant que le pays ne plonge en campagne électorale, selon un communiqué de la présidence de la République grecque diffusé après une rencontre entre M. Samaras et M. Papandréou en compagnie du président de la République, Carolos Papoulias.
Élections législatives anticipées
Les deux partis ont également convenu que le dimanche 19 février 2012 serait la «meilleure date possible» pour la tenue d'élections législatives anticipées.
La nouvelle équipe devrait entrer en fonctions et obtenir la confiance du Parlement d'ici la fin de la semaine, a fait savoir le porte-parole du gouvernement, Ilias Mosialos. «Le pays ne peut pas perdre plus de temps», avait-il expliqué avant le face-à-face Papandréou-Samaras.
Le calendrier apparaît d'autant plus serré que la Grèce entend commencer à négocier aujourd'hui, à l'occasion d'une rencontre de l'Eurogroupe, le versement d'un soutien de 80 milliards d'euros d'ici fin février, dans le cadre de l'accord de désendettement conclu à Bruxelles.
Antonis Samaras, devenu au fil du psychodrame vécu par la Grèce et la zone euro depuis une semaine le pivot essentiel de cette partie politique, avait réitéré samedi son refus de soutenir en l'état et sous forme «d'un chèque en blanc» de telles mesures d'austérité.
Fort d'une carrière politique construite pour l'essentiel sur l'inflexibilité, M. Samaras dénonce depuis deux ans le «dosage» de la politique dictée par les créanciers du pays, jugeant qu'en imposant la rigueur à tout prix, elle risque de tuer l'économie. Mais devant le risque d'un dérapage incontrôlé du pays, l'homme âgé de 60 ans s'est pour la première fois engagé à soutenir le vote du plan de Bruxelles.
Mais alors que la Grèce se bat contre la montre pour éviter la faillite et une exclusion de l'euro, l'entente politique, obtenue à l'arraché dans un pays très fortement polarisé politiquement, a mis fin à une guerre des nerfs entre les deux principaux rivaux politiques.
Cet accord de coalition vise essentiellement à montrer aux autres pays de la zone euro que la Grèce est résolument déterminée à poursuivre sur la voie de l'austérité pour éviter la faillite puisque l'impasse politique menaçait l'adoption par le Parlement grec de nouvelles mesures d'austérité exigées par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) en échange de leur aide financière. La Grèce a un urgent besoin de la sixième tranche de l'aide promise par l'UE et le FMI sous peine de se retrouver en situation de faillite en décembre.
L'urgence était d'autant plus grande que le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a déclaré hier à l'agence de presse Reuters que les Européens se préparaient à tous les scénarios, y compris à une sortie de la Grèce de la zone euro.
Les Grecs, europhiles malgré la crise
En dépit du fort mécontentement contre l'austérité, qui a semé la fronde contre George Papandréou dans la majorité socialiste, fait gronder la rue et grippe à coup de grèves à répétition la machine étatique, les Grecs plébiscitent l'euro à près de 80 %, selon trois sondages parus hier.
«L'absence d'un consensus risquerait d'inquiéter nos partenaires européens sur notre volonté de rester dans l'euro», avait souligné la veille M. Papandréou.
Même l'influente Église orthodoxe de Grèce est intervenue au cours du week-end afin de prêcher la «responsabilité» à la classe politique, faisant écho aux porte-parole des dirigeants d'entreprises.
«Le pays a besoin d'avoir lundi [aujourd'hui] un nouveau gouvernement, qui évitera la faillite et le retour à la drachme [l'ancienne unité monétaire principale de la Grèce moderne qui a été remplacée par l'euro]», faisait valoir pour sa part Kathimérini dans un éditorial coiffé d'un titre dénonçant des «marchandages à bord du Titanic».

Source: http://www.ledevoir.com/international/europe/335500/accord-de-coalition-pour-sortir-de-la-crise?utm_source=infolettre-2011-11-07&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Tag(s) : #Europe