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sydia.jpgDans l’interview qu’un site en ligne guinéen lui a accordé le 23 janvier 2012, le Mr Sydia Touré à abordé plusieurs points par rapport à la situation socioéconomique et politique de la Guinée.  La position du président de l’UFR sur le dialogue politique en cours en Guinée a particulièrement retenue l’attention de la LDRG.

Je rappel que ce dialogue fut engagé pour trouver des solutions aux obstacles liés à l’organisation d’élections législatives crédibles et transparentes en Guinée.

Dans son interview, Mr Touré justifie le boycotte par son parti et ses alliés du dialogue politique en cours en Guinée par le fait de la pluralité et de la diversité des acteurs impliqués dans le dialogue.

En effet, Mr Touré affirme que son parti et ses alliés de l’opposition représentent plus de 70% des voix du premier tour de l’élection présidentielle de juillet 2010 en Guinée. De ce fait, selon Mr Touré, le dialogue politique ne doit opposer que deux camps : d’une part le camp de son parti et ses alliés, et d’autre part, le camp du gouvernement.

Mr Touré et ses alliés affirment qu’aucune position différente de celle de son camp ou de celle du gouvernement n’a le droit de prendre part au dialogue politique en cours en Guinée. Pour Mr Touré et ses alliés, les autres partis politiques doivent se joindre à l’un ou l’autre des camps, mais ils n’ont pas le droit d’exister par eux-mêmes dans le dialogue politique.

Premièrement, avec tout le respect que j’ai pour Mr Touré, mais il me semble que c’est une grosse erreur de se fonder sur les résultats du premier tour des élections présidentielles de 2010 pour revendiquer une légitimité électorale par rapport à n’importe quel parti politique en Guinée. D’abord ce premier tour des élections présidentielles  a eu lieu en Juillet 2010. Il se trouve que nous sommes en Janvier 2012. Une année et demi après le premier tour des élections présidentielles, il y a toutes les chances que la carte électorale de la Guinée change profondément. En tout cas, Mr Touré n’a aucun élément concret sur lequel s’appuyer pour revendiquer aujourd’hui 70% des voies des populations guinéennes.

  • Deuxièmement, si le camp de Mr Touré représente plus de 70% des voies au premier tour, comment ça se fait qu’ils n’ont pas remporté le deuxième tour des élections présidentielles? Alors on nous dit qu’il y a eu des fraudes. Mais alors pourquoi avoir accepté les résultats du second tour des présidentielles s’il y eu des fraudes? Le fait d’avoir accepté les résultats du second tour de la présidentielle signifie que Mr Touré et son camp reconnaissent qu’ils représentent bien moins de 50% des voix des populations guinéennes. Il apparaît ainsi une nette contradiction entre le comportement d’hier et le langage d’aujourd’hui chez Mr Touré et ses alliés. En tout cas cela ne démontre aucune cohérence. J’invite Mr Touré et ses alliés à être cohérents et a définitivement abandonner l’argument selon lequel leur camp représente plus de 70% des voix des populations guinéennes. C’est un argument sans fondement. Seule une élection libre et transparente démontrera de quel côté est la majorité politique aujourd'hui en Guinée. De plus, j’invite Mr Touré à ne pas confondre l’élection présidentielle et les élections législatives, qui sont des scrutins totalement différents.
  • Troisièmement, et je trouve cela très arrogant, le leader de l’UFR et ses alliés s’arrogent le droit de dire qui doit exister et qui ne doit pas exister dans le débat politique guinéen. Ils s’arrogent le droit de dire quels sont les positionnements possibles dans le débat politique guinéen. Ceci est non seulement un manque de respect pour tous les acteurs politiques qui ne se reconnaissent pas dans l’un ou l’autre des camps, mais de plus, c’est une attitude dictatoriale et anti-démocratique de vouloir empêcher la diversité et la pluralité d’opinion. Il faut aussi peut-être rappeler que s’il y a un blocage politique aujourd’hui en Guinée, certes le gouvernement a une grande part de responsabilité, mais toute la classe politique guinéenne est responsable de ce blocable, y compris le camp de Mr Touré. Je rappel à Mr Touré que c’est justement parce qu’ils ont refusé de voire émerger une tendance neutre, qui défendait un schéma plus responsable pour la conduite de la transition en Guinée, qu’aujourd’hui la Guinée est bloquée. Donc j’invite Mr Touré et ses alliés à beaucoup de modestie et à ne surtout pas s’exonérer du blocage politique actuel. Lorsqu’on est républicain ou démocrate, on ne craint pas la diversité ou la pluralité.

Ces quelques arguments de la LDRG, ce n’est pas pour critiquer Mr Touré ou supporter un camp contre un autre. Ces arguments c’est tout simplement pour démontrer au camp qui boude la table du dialogue qu’ils n’ont aucune raison valable de le faire. Tant que les sièges du parlement ne seront pas occupés, aucun parti ne peut prétendre être majoritaire en Guinée. Tous les partis se valent et tous leaders politiques se valent.

La LDRG soutient inconditionnellement la plateforme revendicative du camp de Mr Touré. Mais nous croyons que le rapport de force politique dans ce dialogue doit provenir d’initiatives et d’imaginations nouvelles, et non pas par le boycotte. De ce fait, nous invitons Mr Touré et son camp à rejoindre la table du dialogue avec beaucoup d’humilité et de modestie. C’est sur la table du dialogue que les solutions émergeront. Nulle part ailleurs.

La LDRG met en garde les deux camps qu’ils seront tenus responsables au même pied d’égalité de toutes nouvelles victimes suite à d’éventuelles manifestations populaires politiques en Guinée.

La LDRG

Tag(s) : #Politique-Guinée