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GN_NUTS1_FRS.jpgPlusieurs ONG française et guinéennes dénoncent la poursuite des tortures contre les prisonniers en Guinée. Le rapport, présenté mardi 15 novembre 2011, accuse les autorités de ne pas dénoncer "fermement" ces pratiques.

Alors que la Guinée fêtera dans un peu plus d’un mois le premier anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Alpha Condé, un rapport réalisé par plusieurs ONG et intitulé « Torture en Guinée : la force fait loi », a été présenté mardi 15 novembre 2011 à Paris. Réalisé à l’initiative de  l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat- France), le document dénonce des pratiques inhumaines, toujours de mise depuis « l’élection démocratique » de 2010.

« Les forces de sécurité guinéennes usent encore régulièrement de la torture et de mauvais traitements à l'encontre de suspects de droit commun, de prisonniers, de personnes considérées comme des sympathisants de l'opposition politique et de militaires accusés de vouloir renverser le pouvoir en place », dénonce le document, qui décrit comment les forces de l'ordre ont profité du contexte de tensions et de la répression de violences postélectorales en novembre 2010 pour racketter des habitants, violer des femmes et emprisonner des hommes, souvent d'ethnies différentes de celle du président élu.

Quelque 36 témoignages ont été collectés par Acat et trois autres ONG guinéennes, à savoir l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme (OGDH), Les mêmes droits pour tous (MDT) et l'Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (Avipa).

L’enquête, menée en juin 2011, a permis à des équipes de ces associations de visiter plusieurs prisons afin de recueillir les propos de ces « victimes de torture ou de traitements cruels ou dégradants ».

« J’ai été accusé du viol d’une femme mariée et interpellé à mon domicile par vingt-cinq gardes de la police. Attaché avec une corde, j’ai d’abord été conduit auprès du chef du district puis enfermé dans une pièce, toujours ligoté. À la garde communale, j’ai été déshabillé et roué de coups sur tout le corps devant plusieurs personnes. Ils visaient mes parties génitales pour me castrer. Les agents des forces de l’ordre me frappaient à tour de rôle », raconte « D. », écroué en janvier 2010, suite à plusieurs jours de garde à vue.

"Mis en brochette"

« À la gendarmerie, ils nous ont attachés et mis en brochette avec une barre passée sous nos jambes et suspendue. Ils ont pris un briquet et des cigarettes. Ils ont commencé à nous brûler. Ils nous insultaient et nous traitaient de malfrats. Le chef de l’escadron était là. Ils ont pris nos habits. À la place, ils nous ont donné des habits en mauvais état », dénonce un autre détenu prénommé « A » dans le rapport.

Les ONG dénoncent le « discours ambigüe » entretenu par les autorités guinéennes. « Malgré le discours officiel, selon lequel la torture pratiquée par les forces de l’ordre relèverait désormais du passé, le phénomène tortionnaire persiste en Guinée. Il n’est pas fermement condamné par les autorités », accusent les ONG.

Les « tortionnaires » opèrent, selon les ONG, non seulement dans « les camps militaires », mais aussi  dans « les lieux de police et de gendarmerie ». Et ne font pas l’objet d’une quelconque punition par les dirigeants guinéens alors qu’ils sont « notoirement connus, aussi bien par les autorités que par leurs partenaires internationaux », selon le rapport.

« L’absence de réponse à la fois politique et judiciaire face aux actes de violence commis par les agents de l’État eux-mêmes ne peut que contribuer aux yeux de la population à faire de la violence un phénomène ordinaire impuni », conclu le document.


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Tag(s) : #Société-Guinée