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drame_boubacar.jpgEn attendant le verdict de la cour suprême prévu le 02 Décembre 2010 par rapport aux résultats provisoires du second tour des élections présidentielles et la validation de l’ensemble du scrutin en Guinée, on commence déjà à s’interroger sur les défis à relever par cette troisième république de Guinée.

 

Un pays qui, après deux régimes et malgré plus de cinquante années de souveraineté nationale n’arrive toujours pas à poser les véritables jalons d’un développement harmonieux, et par ricochet se retrouve avec une population qui vit en deca d’un niveau de vie normale, car les denrées de première nécessité tels l’eau, l’électricité, la sécurité, la santé etc.… sont encore perçues comme un luxe dans ce pays, sans parler du retard qu’il accuse en matière de démocratisation par rapport à son environnement.

 

Ainsi, dans quelques jours la Guinée connaitra une nouvelle république, un nouveau Etat, un nouveau gouvernement, mais pour quelles missions autrement dit quels sont les défis à relever par la nouvelle équipe dirigeante de notre pays ? Telle est la question qu’on se pose, qui fait l’objet de réflexion et de débat de nos jours et dont nous essayerons à notre niveau d’analyser afin d’apporter quelques éléments de réponse.

 

Comme il en est de coutume, tout gouvernement a besoin d’une feuille de route, d’un programme, qui, à notre avis doit présenter quelques caractéristiques :

 

  • Un programme global de développement qui visera tous les secteurs : politique, économique, social et culturel ;
  • Un programme ambitieux mais réaliste : il doit non seulement prendre en compte les veritables besoins de la société, donc être un projet sociétal dans lequel chaque citoyen verra une partie de lui-même et donc  qui impliquera l’adhésion de tous, mais aussi s’étalera sur l’avenir en prendra en considération les grandes mutations de notre société.

 

Ceci étant, le nouveau gouvernement aura pour mission :

  1. Assurer la stabilité institutionnelle et politique, à travers la réforme de l’administration et l’instauration de l’autorité de l’Etat, le respect du principe de la séparation des pouvoirs surtout celui de l’indépendance de la justice, promouvoir la stabilité gouvernementale et la démocratie ;
  2. Le Développement économique, par la lutte contre la corruption, la maitrise de l’inflation, la réglementation du commerce, la promotion des investissements, la valorisation de la monnaie etc ;
  3. Le développement social et culturel, à travers la promotion de l’éducation et de la formation surtout dans le milieu rural, la promotion de la santé, la lutte contre l’exclusion, la promotion et la valorisation du riche patrimoine culturel, la valorisation du sport, la promotion de l’emploi surtout des jeunes, la mise en place des infrastructures routières, l’adduction d’eau potable et l’électrification de l’ensemble du territoire national etc. 

Mais, force est de reconnaitre que cette mission ne saura être une réalité qu’en répondant à certaines exigences qui sont à notre avis la volonté politique réelle et l’implication de la société.

  1. Une volonté politique réelle : en ce sens que l’Etat Guinéen devra prendre ses responsabilités en rompant avec les mauvaises habitudes qui tirent le pays vers le bas et se mettre au service de la nation en revalorisant le travail et en ayant le gout de l’intérêt général, afin de mériter la confiance de cette nation, ce qui facilitera d’ailleurs l’adhésion de celle-ci à son programme ;
  2. L’implication de la société : aucun projet de développement ne peut aboutir sans l’implication ou la mobilisation des citoyens, mus par une ambition commune et par un idéal qui dépasse chacun d’eux. Chaque Guinéen en ce qui le concerne peut apporter sa pierre à la construction de cette nouvelle Guinée en faisant preuve de citoyenneté par l’accomplissement de ses devoirs qui sont la contrepartie des droits.

Par ailleurs, eu égard aux circonstances particulières dans lesquelles se sont déroulées ces élections et qui ont favorisé l’éclatement du tissu social Guinéen, le nouveau gouvernement devra penser à recoudre ce tissu par le renouvellement de l’Unité Nationale ou la réconciliation nationale et comme disait l’Ex président Français Mr Jacques Chirac en janvier 1998 dans le quotidien Allemand Bild Zeitung « la réconciliation n’est pas une formalité, une page que l’on tournerait pour passer à une autre, c’est un état d’esprit que doit être constamment entretenu et développé et qui repose non sur le refus de l’histoire, mais sur l’aptitude à en tirer les leçons et à la dépasser ;non sur la négation des sentiments et des intérêts nationaux, mais sur la volonté de les rassembler dans un projet commun.la réconciliation pour être durable, suppose, de part et d’autre, des consciences nationales fortes »

 

Vu  le retard que ce pays accuse aujourd’hui, il est aisé de comprendre que la tache sera énorme et demandera certes du temps et de l’énergie, mais elle en vaut la peine et là où il y’a la volonté et l’énergie, il ya toujours une voie.

 

Drame Aboubacar

Etudiant chercheur

Coopération Internationale et Développement                                                                                          

 

Maroc

 

Tag(s) : #Politique-Guinée