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supporters-hugo-chavez-verse-larmes.jpgLe président vénézuélien Hugo Chavez est décédé mardi à Caracas à 58 ans des suites d'un cancer diagnostiqué en juin 2011, mettant un point final à 14 années de pouvoir sans partage et laissant la population entre stupeur et incertitude en vue d'élections anticipées à prévoir d'ici 30 jours.

«Nous avons reçu l'information la plus éprouvante et la plus tragique que nous puissions annoncer à notre peuple. A 16h25 aujourd'hui 5 mars, est mort notre commandant président Hugo Chavez Frias après avoir combattu avec acharnement contre une maladie depuis près de deux ans», a déclaré dans une allocution retransmise par toutes les chaînes de télévision du pays le vice-président et héritier désigné, Nicolas Maduro, au bord des larmes.

 

Les autorités ont décrété sept jours de deuil et des funérailles nationales sont prévues vendredi.

 

Réduit au silence pendant une agonie de près de trois mois, Hugo Chavez n'a pu prendre congé de ses compatriotes. Peu après l'annonce de son décès, la capitale a plongé dans un silence pesant. De nombreux commerces et l'ensemble des transports publics ont immédiatement cessé de fonctionner alors que des centaines de partisans du «comandante», visiblement incrédules, sont spontanément sortis dans la rue.

 

«Il n'aurait pas dû mourir, il a été le meilleur président du Venezuela, je vais aller où ils vont organiser la veillée, peu m'importe de faire une file d'attente de deux jours», confiait notamment à l'AFP Frank Aponte, maçon de 45 ans.

 

Devant l'hôpital militaire de Caracas où il était soigné, plusieurs centaines de personnes ont improvisé une manifestation, brandissant des portraits du président et chantant des slogans à sa gloire. «Chavez au panthéon!», «Nous sommes tous Chavez!», scandaient certains.

 

La nouvelle de sa mort a été rapidement commentée à l'extérieur du pays. Brasilia a évoqué «la perte d'un ami», le président bolivien Evo Morales s'est dit «anéanti» alors que le président Barack Obama a manifesté son soutien envers les Vénézuéliens et espéré des «relations constructives» à l'avenir.

 

En appelant plusieurs fois la population au calme, M. Maduro a annoncé que «toute la Force armée nationale bolivarienne (et) la police nationale bolivarienne» étaient «en train de se déployer (...) pour accompagner et protéger notre peuple et garantir la paix». Peu après, le ministre de la Défense Diego Molero, accompagné de plusieurs hauts-gradés, s'est également efforcé de rassurer les Vénézuéliens en indiquant que les forces armées restaient «unies pour respecter et faire respecter la Constitution».

 

Un haut responsable militaire, le général Wilmer Barrientos, a assuré une heure plus tard que la «pleine normalité» régnait sur le pays.

 

Agé de 50 ans, M. Maduro devrait être le candidat du Parti socialiste au pouvoir pour l'élection présidentielle anticipée dont l'organisation doit intervenir dans les 30 jours, selon la Constitution. «Nous allons être les dignes héritiers d'un géant», a assuré le vice-président sans toutefois évoquer ce scrutin ni l'identité du responsable qui assurera la transition.

 

«Si le gouvernement a la capacité d'organiser les élections même avant un mois, il le fera», a estimé l'observateur politique Luis Vicente Leon. «Le plus tôt sera le mieux, ils vont profiter électoralement de l'émotion provoquée par la mort du président», a encore prédit l'analyste.

 

Pour cette élection anticipée, M. Maduro sera probablement opposé au gouverneur Henrique Capriles, 40 ans, honorablement battu par Hugo Chavez en octobre. Sur son compte Twitter, ce dernier a appelé  les Vénézuéliens à «l'unité» et transmis sa «solidarité» à la famille du président.

 

Depuis la veille, l'incertitude planait sur le sort du président, hospitalisé dans un établissement militaire de la capitale. Il luttait depuis juin 2011 contre un cancer dans la zone pelvienne et son état de santé s'était aggravé ces dernières heures, selon le gouvernement. Après plus de deux mois d'hospitalisation à Cuba, M. Chavez était rentré par surprise à Caracas le 18 février, mais n'avait ni été vu ni entendu depuis cette date.

 

Le pays vivait depuis au rythme des rumeurs et démentis autour de la santé du président, le gouvernement affirmant qu'il continuait de diriger le pays, l'opposition réclamant des informations claires.

 

Vainqueur de toutes les élections auxquelles il était candidat depuis son arrivée au pouvoir en 1999, Hugo Chavez est mort alors qu'il avait été réélu pour un nouveau mandat de six ans, le 7 octobre 2012. Le 10 janvier, il n'avait pas été en mesure de prêter serment et son investiture a été repoussée sine die par le gouvernement, une décision avalisée par le Tribunal suprême de justice (TSJ) mais contestée par l'opposition.

Source: http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201303/05/01-4628061-hugo-chavez-est-mort.php

Tag(s) : #Amérique Latine