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International-20CrisisGroup_logo-1-.jpgLe dernier rapport de l’International Crisis Group, démontre comment la mauvaise gouvernance, la pauvreté et la criminalité dans le business du diamant nourrissent les conflits. Du fait de sa fragilité chronique, l’Etat n’a ni les moyens ni la volonté d’assurer que l’exploitation de ces richesses naturelles bénéficie à la population. Les calculs politiques entravent la gouvernance du secteur et accroissent l’appauvrissement des mineurs tandis que la forte taxation des exportations favorise une contrebande que les autorités sont incapables d’enrayer.

« Les mineurs victimes de la pauvreté et du parasitisme de l’Etat rejoignent facilement les groupes rebelles », explique Ned Dalby, analyste de l’Afrique centrale à l’ICG. « Pendant ce temps, les réseaux criminels permettent aux combattants de profiter de l’extraction et du commerce illégal de diamants et de continuer à s’en prendre aux populations ».

Depuis l’arrivée au pouvoir du Président François Bozizé en 2003, les compagnies minières sont quasiment toutes parties, ne laissant derrière elles qu’un vaste secteur informel. Le régime cherche à récolter des profits immédiats en imposant une réglementation fiscale stricte et une gestion opaque et centralisée, mais le prix élevé des permis et la corruption de la brigade minière créent un piège à pauvreté pour les mineurs artisanaux condamnés à l’économie informelle. La fermeture par le gouvernement en 2008 de la plupart des comptoirs d’exportation a sévèrement diminué les investissements dans la production, a fait disparaître de nombreux emplois et a ainsi contribué à l’essor de la malnutrition infantile.

La contrebande prive le pays de recettes nécessaires. Dans le même temps, la redistribution inéquitable des richesses nationales par l’Etat a conduit certains groupes marginalisés à entrer en rébellion, les profits tirés du trafic de diamants leur permettant d’attirer des recrues et leur fournissant une forte incitation pour ne pas désarmer.

La réforme du secteur des diamants est impérative pour améliorer les conditions de vie des communautés minières, augmenter les recettes de l’Etat et mettre fin aux conflits armés à répétitions. Le gouvernement doit renforcer le contrôle démocratique et la transparence de la gestion minière. Un engagement manifeste en ce sens doit constituer la condition sine qua non pour le soutien des partenaires internationaux à une réforme en profondeur du secteur du diamant. La stratégie de réforme devrait prioriser l’exploitation artisanale sur l’exploitation industrielle mais aussi réduire les incitations à la contrebande et renforcer les contrôles sur le lien entre trafic de diamants et groupes armés.

« Il est grand temps que le gouvernement et les partenaires internationaux s’engagent pour une réelle réforme du secteur minier », déclare Thierry Vircoulon, directeur du Projet de l’Afrique centrale à l’ICG. « Sinon, la consolidation de la paix restera une entreprise inachevée en RCA ».

Source: http://www.crisisgroup.org/fr/publication-type/communiques/2010/Africa/central-african-republic-dangerous-little-stones.aspx

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest