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International-20CrisisGroup_logo-1-.jpgLe dernier rapport de International Crisis Group évalue en cette période pré-électorale  les possibilités pour le Tchad de sortir de la crise politico-militaire qu’il connaît depuis plus de cinq ans. L’espoir d’une sortie de crise avait paru s’évanouir au moment du déclenchement de l’offensive de l’Union des forces de la résistance (UFR, coalition des groupes armés tchadiens) en mai 2009, mais leur défaite a mis fin à l’idée d’un renversement du régime par la force.

 

« Le silence des armes entre les troupes gouvernementales et les rebelles et le rapprochement avec le Soudan depuis mai 2010 sont des signes de normalisation ”, affirme Saad Adoum, Senior Analyste au Programme Afrique Centrale d’International Crisis Group.

 

Après l’offensive ratée de l’UFR en mai 2009, certains cercles influents à Khartoum ont commencé à afficher leur scepticisme quant à l’intérêt de l’alliance avec l’opposition armée tchadienne et ont envisagé un rapprochement avec N’Djamena De son côté, craignant que la victoire militaire de ses troupes en mai 2009 ne soit que temporaire, Idriss Déby veut à tout prix réduire la marge de manœuvre de la rébellion et l’empêcher de trouver un sanctuaire extérieur lui permettant de se reformer. Un apaisement des relations avec Khartoum est aussi fortement désiré afin de permettre aux autorités tchadiennes de consacrer une partie des moyens financiers utilisés pour la défense à l’organisation des rendez-vous électoraux nationaux. Reportées à maintes reprises à cause de la guerre dans le pays, les élections législatives et locales sont programmées au mois de novembre 2010 et l’élection présidentielle au mois d’avril 2011.

 

Le gouvernement tchadien doit profiter de l’accalmie actuelle pour poursuivre la normalisation avec le Soudan, réaliser les réformes intérieures qu’il s’est engagé à mener, garantir la sécurité des populations et des opérateurs humanitaires à l’Est et proposer aux opposants armés et leurs combattants une paix honorable et durable. L’accord du 15 janvier ainsi que les visites successives du président Déby à Khartoum, en février et mai et celle d’Omar Al Bachir à N’Djamena en juillet donnent des raisons de croire à une normalisation des rapports tchado-soudanais. Cependant, des obstacles résiduels subsistent qui pourraient compromettre les avancées constatées depuis le début de l’année. Chacun des deux présidents voudrait se servir du rapprochement tchado-soudanais pour renforcer ses pouvoirs: vis-à-vis de l’opposition intérieure pour l’un et la Cour pénale internationale pour l’autre qui est accusé de crimes de guerre au Darfour. Mais les ambiguïtés qui entourent la reprise des négociations entre N’Djamena et la rébellion tchadienne d’une part, et entre Khartoum et le MJE, d’autre part, laissent planer un doute sur un retour définitif à la normale.

 

Sur le plan intérieur, après plus de cinq années de contestation, le gouvernement tchadien tente actuellement d’obtenir l’adhésion de la population à un nouveau pacte national fondé sur le rejet de la lutte armée. Des fenêtres d’opportunité existent qui pourraient lui permettre d’avancer vers une véritable normalisation intérieure et extérieure. Pour ce faire, il doit donner la preuve de sa volonté politique en adoptant et appliquant l’ensemble des mesures préconisées par l’accord du 13 août 2007 conclu entre le gouvernement et l’opposition pour favoriser un environnement participatif et des élections crédibles.

 

« Le gouvernement tchadien tente actuellement de réaffirmer l’autorité de l’Etat après cinq ans de troubles », ajoute Thierry Vircoulon, Directeur du programme Afrique Centrale d’International Crisis Group. « Si l’apaisement avec Khartoum est un développement positif, en revanche le processus de consolidation du pouvoir d’Idriss Déby doit être suivi de près. Un cessez-le-feu n’est pas automatiquement synonyme de paix durable et des élections ne sont pas automatiquement synonymes de démocratie. De ce fait, de profondes réformes de gouvernance restent nécessaires pour changer la trajectoire historique du Tchad».

 

Source: http://www.crisisgroup.org/fr/publication-type/communiques/2010/Africa/tchad-au-dela-de-l-apaisement.aspx

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest