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ligue3.1.jpgGuinéennes et guinéens, très cher(e)s compatriotes,

Suite au premier tour des élections présidentielles en Guinée, il est de mon devoir, en tant que Président de la LDRG, et au nom de mes camarades, de partager avec vous un certain nombre d’observations que je juge assez importantes.

Ma première observation porte sur le magnifique taux de participation de 77% du premier tour des élections présidentielles: le 27 juin, j’ai vu un peuple massivement debout, bulletin de vote en main, se rendant aux urnes pour exprimer librement son choix. Voilà la plus grande victoire de ce premier tour. C’est donc en tant que démocrate convaincu que, au nom de mes camarades, je tien ici à féliciter le peuple de Guinée pour avoir démontré au monde entier sa soiffe de démocratie, et surtout, son droit inaliénable à décider de son propre avenir.

Mes cher(e)s compatriotes, ce taux de participation de 77% est un message clair pour toutes les parties prenantes, à commencer par les autorités publiques guinéennes : Le peuple souhaite un changement, il souhaite un renouveau. Nul n’a plus jamais le droit de décevoir ce peuple debout qui sait désormais que c’est lui qui fait et défait ses gouvernants.
Ma seconde observation porte sur le déroulement et l’organisation du scrutin : mes cher(e)s compatriotes, je vous le dit et croyez moi, l’un des principaux acquis de la transition que nous venons de connaître est l’introduction d’une culture de transparence électorale en Guinée. C’est-à-dire, un recensement unanimement satisfaisant, l’introduction de cartes électorales biométriques, l’utilisation d’un fichier électoral unique et l’emploi même d’urnes véritablement transparentes. Cela déjà, mes cher(e)s compatriotes, c’est une formidable avancé.

A présent, qu’il y ait des fraudes ou des contestations dans une élection, cela n’est ni nouveau ni étranger. Dans tout processus électoral, avant la proclamation des résultats définitifs, la Cour suprême est là pour évaluer les réclamations sérieuses et décider de la validité des résultats et du processus.

• Si les preuves apportées par les partis contestataires n’attestent pas de fraudes massives, alors la Cour suprême valide les résultats définitifs proclamés par la CENI.

• Si par contre les preuves apportées attestent des fraudes massives susceptibles de remettre en cause les résultats proclamés par la CENI, alors il s’agit de procéder tout simplement à un recomptage des voix dans les localités concernées en présence des partis contestataires.

Donc, vous l’aurez compris mes cher(e)s compatriotes, la fraude, la contestation et les réclamations se règlent grâce à un jeu institutionnel normal et bien connu. En Guinée il s’agit de savoir dans quel cas de figure nous nous situons aujourd’hui?

Malgré l’avis des observateurs internationaux sur le déroulement d’une élection acceptable, cependant, il s’avère que malgré tout il y a eu des fraudes massives lors de ce premier tour des élections présidentielles. Chaque jour qui passe, nous réalisons l’ampleur de ces fraudes. Alors, la question qui se pose n’est plus de savoir si ce sont des fraudes massives qui ont eu lieu, car cela est désormais définitivement avéré. Pour nous, la question qui se pose est désormais de savoir : est-ce que la Cour suprême pourra jouer efficacement son rôle? Y aura-t-il recomptage de voix comme le prévoit le droit et les règles démocratiques?

• Si la Cour suprême décide qu’il y aura recomptage de voix, alors mes cher(e)s compatriotes, quelque soi les résultats de ce recomptage, il y a lieu de croire que, non seulement nous avons connu des élections propres, mais de plus, elles auront été des élections démocratiques car, et cela est très important, la Volonté du peuple aura effectivement été respectée. De plus, malgré que ce soi des institutions qui ont été décrétée contre le peuple, mais cela renforcera quand même la confiance des populations à ces nouvelles institutions, car elles auront su jouer correctement leur rôle en période de trouble.

• Si par contre la Cour suprême, malgré les fraudes massives avérées, décide de ne pas procéder au recomptage des voix, alors c’est qu’il y a deux disfonctionnements important à souligner : soit la Cour suprême est incapable de jouer son rôle, et que finalement c’est à une élection où les résultats étaient arrangés d’avance que nous avons assisté. Dans ce cas, je vous laisse imaginer de ce qu’il faut attendre de l’avenir démocratique de notre pays; soit qu’il est techniquement impossible d’effectuer le recomptage des voix. Dans ce cas, les élections que nous aurons connues seront tout simplement jugées impropres. Et dans ce dernier cas de figure, démocratiquement, il s’agit tout simplement de rejouer à nouveau les élections en tirant les leçons de la première tentative.

Finalement, mes cher(e)s compatriotes, suite à ce premier tour des élections, malgré l’introduction d’une culture de transparence électorale et une participation massive des populations au premier tour de ces élections, s’il n’y a pas recomptage de voix ou reprise du premier tour des élections, alors il faudra croire que nous avons assisté à une élection impropre et non démocratique, et par conséquence, a peine décrétée contre le peuple, les nouvelles institutions auront déjà démontrée leur faiblesses et perdu la confiance des populations. Et lorsqu’un peuple n’a plus confiance à ses institutions, il n’attendra plus rien des ses institutions et préférera exprimer son mécontentement de manière archaïque dans la rue. Ce n’est donc pas du tout étonnant que nous ayons assisté déjà au lendemain de la proclamation des résultats à une marche de protestation contre les résultats du premier tour des élections.

Voyez-vous mes cher(e)s compatriotes, aujourd’hui le débat n’est plus de savoir si les élections seront repoussées ou pas. Le temps a fini par rendre son premier verdict : elles seront repoussées et elles ont été repoussées? Vous savez bien que je ne suis pas du tout du genre à répéter tout le temps «j’avais dit, j’avais dit» Mais il serait dupe de faire l’économie de se demander à chaque fois : aurions-nous connu toute cette difficulté si nous avions écouté et suivi le bon sens ? Depuis le 23 décembre 2008, la LDRG n’a jamais cessé d’affirmer que, certes des élections étaient indispensables, mais qu’il serait une grosse erreur de vouloir résumer toute la transition à une simple question d’élection. Quand est-ce qu’allons enfin oser reconnaître et accepter la vérité?

Ma troisième et dernière observation, suite à ce premier tour des élections, porte sur la nature du vote : sans grande surprise, le vote du premier tour des élections présidentielles a été foncièrement ethnique. Même si ces premiers résultats sont sujet à caution, mais il apparaît que les Peul arrivent premier, les Malinkés second, les Soussou troisième et les forestiers quatrième. Exactement la composition démographique de notre magnifique pays. Voyez-vous mes cher(e)s compatriotes, je suis un Peul et pourtant, parce que je suis un démocrate convaincu, alors, non seulement je ne suis pas satisfait de ces résultats, mais de plus, ce sont des résultats qui devraient faire peur à toute fille et à tout fils de la Guinée.

• Je suis un Peul qui n’est pas satisfait de ces résultats parce que, arithmétiquement, ces résultats veulent dire que ce ne sont que les Peul et les Malinké qui vont pour toujours alterner au pouvoir politique en Guinée. Le jour où un Soussou ou un Forestier sera président, selon la nature actuelle des choses, cela voudra dire qu’il y a eu fraude massive pour les avantager, ou en tout cas, qu’ils ont procédé par des moyens anti-démocratiques pour accéder au pouvoir. Cela parce que Soussou et Forestier sont tout simplement démographiquement minoritaires. Or, vous l’aurez compris, même si ce n’est pas pour cette fois-ci, mais selon la loi naturelle du besoin d’alternance, et les Soussou et les Forestiers se battront par tous les moyens pour accéder au pouvoir politique à leur tour. Mes cher(e)s compatriotes, parce que majorité politique est encore synonyme de majorité ethnique dans notre société, alors vous voyez bien que nous avançons droit dans un mur. Dans l’état actuel des choses, nous encourageons inconsciemment les fraudes électorales et les luttes politiques anti-démocratiques, parce que ce sont là les seuls moyens de lutte politique que nous offrons aux groupes minoritaires dans notre société.

• Ces résultats me font également peur parce qu’au lieu de nous unir, ils déchirent notre formidable nation et expose notre pays à ce qu’il y a de plus atroce possible : des conflits de tout genre pour le pouvoir.

Pourquoi cet aveuglement? Allons-nous continuer à nier la vérité au point de déchirer notre pays? La solution pour raffermir nos liens et encourager une lutte démocratique paisible dans notre pays existe : c’est le partage du pouvoir. Cette solution est éloquemment retranscrite dans le Projet Nouvelle République que nous n’avons jamais cessé de défendre tout au long de cette transition. Le projet Nouvelle République n’est pas tombé du ciel. Il est le fruit de longues années de recherches et de vastes consultations. Allons-nous enfin oser reconnaître et accepter la vérité? Les 12 longues journées de jeûnes et les 104 kilomètre de marche pénible que j’ai effectuée tout au long de cette transition, croyez-vous que je l’ai fait parce que je n’avais rien d’autre à faire? Croyez-vous que je l’ai fait pour des raisons politiciennes ou pour des intérêts matériels? Mes cher(e)s compatriotes, je l’ai fait parce qu’au sein du Projet Nouvelle République j’y vois une vérité et un salut pour notre nation. Allons-nous enfin oser reconnaître et accepter la vérité?

Guinéennes et guinéens, très cher(e)s compatriotes,

Dans cette adresse, j’aurai tellement voulu faire comme tout le monde, c’est-à-dire, vous dire que tout est beau et calme et qu’il n’y a rien à craindre. J’aurai vraiment voulu vous dire comme tout le monde que la démocratie est définitivement ancrée en Guinée. Mais voyez-vous mes cher(e)s compatriotes, je ne peux hélas vous dire que la vérité.

• Au bout de cette adresse donc, pour l’intérêt de notre démocratie, j’invite la Cour Suprême à procéder au recomptage des voix, et s’il le faut, à ne pas hésiter à annuler le premier tour des élections présidentielles et fixer une date ultérieure pour la reprise du vote dans les localités où des fraudes massives ont été observées. Cela afin de tenir compte et de respecter l’expression du peuple de Guinée.

• Au bout de cette adresse, pour l’intérêt de notre nation, j’invite les partis contestataires et minoritaires, quelle que soi la décision de la Cour Suprême, à respecter la décision finale du recours légal. En le faisant, ils auront renforcé la foi de leurs militants aux règles démocratiques. Au lieu d’user de moyens anti-démocratiques pour accéder au pouvoir politique, la LDRG vous invite à défendre le projet nouvelle république qui encourage le partage du pouvoir et la culture de l’excellence dans les affaires publiques.

• Au bout de cette adresse, j’invite le peuple de Guinée à la retenue et à ne jamais accepter, pour des raisons politiciennes, de déchirer notre nation. Nous ne sommes certes pas tous des Peul, nous ne sommes certes pas tous des Malinké, nous ne sommes certes pas tous des Soussou ou des Forestiers, mais je vous assure mes cher(e)s compatriotes, nous sommes les meilleurs compagnons car nous avons parcouru un long chemin et enduré ensemble, au cours des 50 dernières années, le meilleur comme le pire.

• Au bout de cette adresse enfin, je vous invite, à vous mes cher(e)s compatriotes, à adhérer massivement au Projet Nouvelle République, à le signer, à le faire signer et à le défendre au sein de vos familles, de vos proches et de vos ami(e)s. Je te le demande, oh toi Peuple de Guinée, accepte la guidance pour enfin sortir de cette errance car il n’y a pas plus égaré qu’un peuple dénégateur souffrant d’orgueil. Le Projet Nouvelle République est une terre promise, nous y sommes presque, le tout dépendra de la capacité de chaque guinéenne et de chaque guinéen à oser reconnaître et accepter la vérité.

Honneur à la nouvelle génération! Vive le Peuple du 28 septembre 1958!

Vive la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée! Pour que vive la République!

Tag(s) : #Transition-Guinée