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_5184.jpgGuinéennes et guinéens, très cher(e)s compatriotes,

Autant dans notre vie personnelle il y a des époques décisives au cours desquelles chacune de nos décisions vont façonner durablement notre avenir, autant dans la vie des peuples et des nations il y a des époques décisives au cours desquelles chaque action et chaque décision façonnent durablement l’avenir démocratique, socioéconomique et même politique des pays. Au sein de la LDRG, nous avons compris dès le soir coup d’État du 23 décembre 2008 que c’était une époque décisive qui s’annonçait en Guinée, et qu’il était arrivé l’heure, non seulement de répondre aux aspirations démocratiques que les populations guinéennes n’ont jamais cessée d’exprimer au cours des dernières années, souvent au prix de leur vie, mais surtout, de redonner enfin raison au peuple du 28 septembre 1958 qui n’a pas hésité une seconde lorsque l’occasion s’est présentée à clamer haut et fort à la face du colon que « l’homme est l’égal de l’homme, et que, au nom du respect de la dignité humaine, le Peuple de Guinée mérite sa liberté et son indépendance »

Très cher(e)s compatriotes,

Autant dans notre vie personnelle, après une longue période décisive il est nécessaire d’évaluer le parcours effectué, autant au bout de cette période de transition décisive que nous venons de connaître en Guinée, la LDRG croît qu’il est absolument nécessaire d’évaluer ensemble le parcours que nous avons effectué depuis le 23 décembre 2008.

1. D’abord, la transition que nous avons connue a-t-elle vraiment répondu aux aspirations démocratiques des populations guinéennes ?

2. Puis, quels sont les acquis démocratiques de cette transition?

3. De même, quel avenir démocratique, socioéconomique et politique la transition que nous avons connue prédétermine-t-il pour la Guinée?

4. Enfin, le rôle joué par la LDRG au cours de cette période de transition a-t-il été efficace, et quel rôle la LDRG jouera après cette période de transition?

Guinéennes et guinéens,

Ce sont là les quelques questions dont je m’efforcerais d’apporter réponse tout au long de cette adresse. Mais avant, permettez-moi de rendre un vibrant hommage aux différents acteurs nationaux, sous-régionaux et internationaux qui n’ont ménagé aucun effort pour accompagner la Guinée et son peuple au cours de cette époque décisive de son histoire.

Sur le plan national : même si cela a pris du temps, il faut quand même saluer le rôle joué par l’opposition politique qui a su agir avec agilité au cours de cette période, au point de mettre leur propre vie en danger. De même, il faut saluer le rôle joué par la société civile, et c’est d’ailleurs une occasion pour la LDRG de rendre ici un vibrant hommage à Mr Ibrahima Fofana, syndicaliste digne de son pays qui, au cours de cette période de transition, a perdu la vie en exerçant son métier de syndicaliste et de défenseur de la cause des travailleurs de Guinée. Nous n’allons pas non plus oublier l’armée guinéenne qui a fait preuve de beaucoup d’humilité, d’une grande écoute et surtout d’ouverture. Enfin, bien entendu, s’il y a avait un trophée à attribuer, il reviendrait sans aucun doute au peuple martyre de Guinée qui a toujours su répondre présent aux tournants décisifs de l’histoire de notre grande nation.

Sur le plan sous-régional et continental: le peuple de Guinée sera pour toujours reconnaissant envers les peuples Sénégalais, Burkinabés, Sierra-Léonais, Libériens, Nigérians et Marocains pour le rôle de médiateur, de facilitateur et d’apaisements que ces pays n’ont jamais cessé de jouer tout au long de la crise guinéenne. Alors que vous avez été aux côtés de la Guinée au plus fort moment de cette longue transition, je vous prie d’avoir confiance à la force de reconnaissance du peuple de Guinée et surtout de garder foi en l’avenir des relations entre la Guinée et vos pays respectifs. C’est également le lieu de rendre un vibrant hommage aux institutions continentales, notamment la CEDEAO et l’Union Africaine qui ont joué un rôle inestimable au cours de cette transition, et qui, s’il y a avait un trophée à décerner sur le plan continental, le mériterait sans aucun doute.

Sur le plan international : saluer le rôle joué par le monde entier tout au long de cette transition ressemblerait à de la démagogie, cependant, il faut reconnaître que si certains acteurs et partenaires traditionnels, notamment les États-Unis et la France, se sont particulièrement impliqué dans la gestion de la transition en Guinée, cependant à commencé par la Chine, en passant par la Russie, l’Union Européenne et le Canada, le monde entier est venu au chevet du peuple de Guinée au cours de cette période difficile de son histoire. Encore une fois, nous en sommes très reconnaissant de cette empathie en cette période, certes de transition difficile pour le peuple de Guinée, mais surtout d’instabilité mondiale jonchée de conflits et de crises qu’on pourrait juger d’extrêmement importantes. C’est également le lieu de rendre un vibrant hommage aux institutions internationale, dont l’ONU et la CPI qui ont joué un rôle inestimable au cours de cette transition et qui, s’il y avait un trophée à attribuer sur le plan international, le mériteraient sans nul doute et le partagerait avec l’éminentissime Général Cissé qui a su mener à terme, avec beaucoup de professionnalisme, sa mission de projet de reforme de l’armée guinéenne.

Aujourd’hui, ce sont là les quelques mots que j’ai su trouver, au nom du peuple de Guinée, pour saluer les divers acteurs de la transition pour le rôle qu’ils ont accepté de jouer en cette période décisive de l’histoire de la Guinée. Cependant, même à une entreprise à laquelle le monde entier a pris part, parce qu’elle s’avère être une entreprise humaine, alors elle mérite d’être évaluée de manière objective afin que ce qui est bon soi reconnu et que ce qui est moins bon soi connu et corrigé. C’est justement parce que ce travail d’évaluation est très important dans toute entreprise que des entités comme la LDRG, foncièrement apolitique et indépendante de toute tendance politique ou financière, garde toutes leur importance au sein de toute société.

Ainsi, nous conviendrons qu’autant nous avons salué le rôle joué par les acteurs nationaux et internationaux, autant la vérité mérite d’être dite au peuple de Guinée ainsi qu’aux amis de la Guinée. Sans plus tarder donc, nous allons nous intéresser à la première question qui se pose à nous, à savoir:

1-La transition que nous avons connue a-t-elle répondu aux aspirations démocratiques des populations guinéennes? Pour savoir si la transition que nous avons connue répond aux aspirations démocratiques du peuple de Guinée, il serait nécessaire de connaître auparavant quelles sont les aspirations démocratiques que ce peuple a manifesté ces dernières années. Certains nous dirons que le peuple ne veut que de l’eau et de l’électricité, ils nous diront que le peuple ne veut que de l’emploi et un salaire, tout le reste n’aurait aucune importance aux yeux des populations guinéennes. Mais voyez-vous, je suis un guinéen, j’aime le peuple de Guinée au point que mon cœur bat au rythme des soulagements et des crispations de ce peuple. Si le peuple de Guinée ne voulait que de l’eau, de l’électricité, de l’emploi et un salaire, alors il aurait tout simplement voté «OUI» au référendum du 28 septembre 1958. Mais le 28 septembre 1958 il a voté «NON» parce qu’il aspire à bien plus que tout cela. Comme hier, le peuple de Guinée aspire encore aujourd’hui à la Liberté, à la Justice, à la Bonne gouvernance et à la Démocratie. Durant les 25 dernières années, le monde entier a été témoin de la fougue avec laquelle ce peuple à vaillamment affronté à mains nues l’une des dictatures militaires les plus féroces de son époque pour exprimer sa Liberté et réclamer une Justice équitable, une meilleure gouvernance et la démocratie.

Guinéennes et guinéens, très cher(e)s compatriotes,

La question est donc de savoir est-ce qu’au bout de cette longue période de transition nous avons obtenu des garanties suffisantes que le passé médiocre que nous avons connu ne se reproduira plus jamais?

Si je vous réponds OUI mes cher(e)s compatriotes, alors je vous aurai menti de manière flagrante, car, après les 25 dernières années de fiasco socioéconomique et politique, il apparaît finalement que nul n’est responsable de l’état catastrophique de la santé publique en Guinée, il apparaît finalement que nul n’est responsable de l’état de catastrophe totale de notre système éducatif, il apparaît finalement que nul n’est responsable de la dissémination totale de cette jeune génération de guinéennes et guinéens perdue dans la drogue et l’alcool, il apparaît finalement que nul n’est responsable de l’état de faillite totale de notre pays.

Oh oui mes cher(e)s compatriotes, c’est un homme en colère qui s’adresse à vous aujourd’hui. Je suis vraiment en profonde colère parce qu’il y a des millions de victimes connues et aucun coupable identifié. C’est une grande Injustice!

Guinéennes et guinéens, mes cher(e)a compatriotes,

Je suis également un homme en colère parce que 50 années après, au cours de cette période de transition, pour des raisons purement politiciennes, nous avons non seulement trahi le Peuple du 28 septembre 1958, mais de plus, nous avons osé violer et souiller le fondement même de notre nation : la date du 28 septembre. Autant je souhaite que les auteurs des répressions du 28 septembre 2009 soient traduits devant la justice internationale, autant j’accuse de trahison contre la mémoire collective les acteurs politiques responsables de la marche du 28 septembre 2009 en Guinée. Ce fut une véritable petitesse et une profonde faute que de choisir une date aussi importante et symbolique pour notre nation que celle du 28 septembre pour exprimer ses divergences politiques.

• Avons-nous déjà oublié l’énorme sacrifice que le Peuple de 1958 a consenti en cette date du 28 septembre pour chacun de nous et pour les peuples colonisés de l’époque?

• Imaginez-vous un instant le courage et le sacrifice dont ils ont fait preuve en cette date pour nous léguer une nation?

• Imaginez-vous un instant la foi avec laquelle ils ont cru aux prochaines générations que nous sommes pour les honorer et leur donner raison?

Et 50 années après, au lieu d’honorer la mémoire de ce vaillant peuple du 28 septembre 1958, nous leur répondons en organisant une marche politique pour aller clamer une opposition à une candidature au point de souiller la date du 28 septembre, et d’assimiler désormais cette date historique à de la tristesse pour les familles guinéennes. Alors que le 28 septembre est synonyme pour notre nation, et pour tout fils digne de Guinée, de fierté, grandeur, d’honneur et de souvenir.

Savez-vous pourquoi les acteurs politiques français ne choisissent pas la date du 14 juillet pour organiser des marches de protestations et exprimer leurs divergences politiques? Pourtant aujourd’hui il y a une opposition infiniment mieux organisée en France qu’en Guinée. Ils ne le font pas parce qu’ils sont conscients qu’avant d’être des politiciens, ils sont d’abord des français. Et que pour tout français patriote la date du 14 juillet est synonyme de fierté, d’honneur et de souvenir pour ceux qui ont payé le prix pour que la France soi. Je vous le dit mes cher(e)s compatriotes, je suis un homme en profonde colère contre ceux qui ont organisé la marche du 28 septembre 2009, à mes yeux ceux-là ont cessé d’être des guinéens et que nul ne soi étonnés de les voire sortir par la petite porte de l’histoire de la Guinée, car le Peuple du 28 septembre 1958 est un peuple éternel, il restera notre première source d’inspiration et le vivier éternel pour les prochaines générations.

Mais soyez-rassuré cher(e)s compatriotes, le champion de la critique et de la colère est aussi le champion de la reconnaissance. Au cours de cette période de transition décisive pour notre nation, il y a également eu des avancées démocratiques considérables.

• Je pense notamment à ce grand changement de paradigme qui est entrain de s’opérer dans la conscience collective guinéenne. Il s’agit du début de la fin de l’ordre militaire après 25 années d’un régime militaire sans partage. L’espoir de ce changement de paradigme est sérieux car il est réclamé depuis plusieurs années par la société civile et il semble être compris par l’armée guinéenne. Mais ne nous trompons pas mes cher(e)s compatriotes, cet espoir de changement de paradigme ne survivra que si et seulement si les acteurs politiques démontrent un solide courage politique afin d’aller au bout du projet de réforme du système de sécurité et de défense commandité par l’ONU et l’Union Africaine, et réalisé par l’éminentissime Général Cissé.

• L’autre avancée considérable enregistrée au cours de cette période de transition, c’est également l’introduction d’un processus électoral démocratique qui, certes sera jugé au bout du processus électoral, mais qui a tout de même su replacer la Guinée sur le chemin d’une culture de transparence électorale primordiale pour toute démocratie. Car pour avoir des institutions légitimes et reflétant la volonté populaire, il faut espérer un processus électoral transparent. Je ne peux pas terminer sur ce point sans pour autant saluer le sérieux des travaux de la CENI, également la mise en place d’une force de sécurisation des élections, de même que la présence d’observateurs internationaux, dont ceux de la fondation Carter et de l’Union Européenne, ainsi que la remarquable innovation des autorités diplomatiques américaines concernant la participation des citoyens, grâce aux messages textes, au suivi du processus électoral.

Cher(e)s compatriotes, ne nous trompons pas cependant, quelques soient les acquis démocratiques de la transition, la Guinée est dans un État tel que ce ne sont pas des politiciens qu’il nous faut aujourd’hui, mais plutôt des hommes d’État capables de prendre des décisions impopulaires, de gouverner au-delà de l’ethnie et de voir largement plus loin que les prochaines échéances électorales.

A présent que je vous ai fais part de ma colère et que nous avons identifié ensemble les acquis démocratiques encore fragile de la transition, alors il est temps de remettre nos lunettes de visionnaires pour pouvoir répondre à la seconde question qui se pose à nous, à savoir :

2-Quel avenir démocratique, socioéconomique et politique la transition que nous avons vécue prédétermine-t-il pour la Guinée? Pour savoir ce que nous réserve l’avenir, il suffit tout simplement d’identifier les actes posés et les décisions prises au cours de la transition.

D’abord, intéressons nous à la base sur laquelle nous entamons cette nouvelle aventure. Cela peut sembler sans importance, pourtant il s’avère extrêmement important de partir sur une base solide car, autant on aime souvent dire que ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, autant il faut croire que ce qui s’annonce radieux se conçoit bien.

Or, en promulguant par décret la nouvelle constitution en lieu et place du referendum, il s’avère que sur le plan strictement démocratique, nous entamons notre nouvelle aventure sur une base entièrement biaisée car, non seulement le président de la transition qui a décrétée la nouvelle constitution, quelque soi sa bonne foi, il représente ce qui est de moins démocratique possible, un putschiste. De plus, aucun de ceux qui ont rédigé la nouvelle constitution ne tire sa légitimité du peuple de Guinée.

Alors je m’en vais tout simplement vous poser cette question : si nous entamons notre nouvelle aventure en dictant et décrétant contre le peuple une constitution, faut-il dans les prochaines années s’attendre à une démocratie ou à une dictature sur nos terres? Je vous fais l’honneur de répondre à cette question.

De même, en nous intéressant un peu au fond de la constitution proposée, il est également possible d’avoir une idée de ce que nous réserve l’avenir.

• Si le président et le vice président du Conseil Supérieur de la Magistrature sont, respectivement, le président de la république et le premier ministre, faut-il espérer la fin des abus de pouvoir et le début de l’État de droit sur nos terres?

• Si nos députés ne peuvent aucunement remettre en cause les actions des gouvernants, faut-il espérer le fin des répressions militaires et le début d’une lutte politique civilisée et institutionnelles sur nos terres?

• Si notre Banque centrale reste sous l’influence absolue des décideurs politiques, et qu’il n’existe aucune institution indépendante de lutte contre la corruption, faut-il espérer la fin des détournements de biens publics, faut-il espérer la fin de la médiocratie et le début de la bonne gouvernance sur nos terres de Guinée?

Mes cher(e)s compatriotes, je vous fais entièrement confiance pour répondre à ces quelques questions qui, il me semble, sont largement suffisantes pour édifier chacun de nous sur l’avenir démocratique auquel il faudra s’attendre en Guinée au cours des prochaines années.

Guinéennes et guinéens,

A présent que chacun de nous à une idée des acquis de la transition, de la base sur laquelle nous entamons cette nouvelle aventure, ainsi que ce qu’il faut attendre de la transition que nous venons de clôturer, c’est le lieu pour moi, au nom de la LDRG, de procéder, comme chacun de vous à déjà eu certainement à le faire, à un bref bilan de notre lutte tout au long de cette transition.

3-Le bilan de la lutte de la LDRG au cours de la transition? Pour pouvoir dresser ce bilan, il est indispensable de subdiviser la période de transition en deux phases: la première phase de la transition étant celle qui s’est déroulée du 23 décembre 2008 au 15 janvier 2010; et la seconde, celle qui s’est déroulée du 15 janvier 2010 jusqu’à nos jours.

• Lors de la première phase de la transition, il serait un peu prétentieux de le dire, mais il faut savoir que dès le 23 décembre 2008, alors que les acteurs politiques et la société civile acclamaient les putschistes, et semblaient s’accommoder d’une transition militaire en affirmant qu’il n’existait nulle autre solution que le coup d’État militaire, en ce moment la LDRG a refusé de cautionner une quelconque transition militaire. Ce fut une position extrêmement impopulaire à l’époque, mais nous avions la conviction que, non seulement le peuple ne le supporterait plus jamais, mais aussi parce qu’en réalité une solution, certes non constitutionnelle, mais beaucoup plus démocratique existait : c’est la feuille de route des concertations nationales de mars 2006 qui ont réuni durant une semaine en mars 2006 les mêmes acteurs politiques et sociaux pour jeter les bases d’une transition démocratique en Guinée. Pour exprimer notre refus de cautionner une quelconque transition militaire, dès les premières heures du coup d’État militaire du 23 décembre 2008, la LDRG a initié des campagnes STOP AUX KAKIS, et nous avons mis en ligne une pétition pour une transition sereine et réussie, pétition pour laquelle j’avais personnellement consenti 3 jours de jeûne personnel. Je ne vous dis pas comment s’est finalement terminé cette première phase de la transition car, non seulement 9 mois après le coup d’État du 23 décembre 2008, tous avaient fini par emboiter le pas à nos campagnes STOP AUX KAKIS, mais de plus, à la veille des répressions de septembre 2009, la pétition pour une transition sereine et réussie enregistrait déjà 245 signataires. Mes cher(e)s compatriotes, tout en vous laissant le choix de la note à nous attribuer lors de cette première phase de la transition, mais s’il fallait évaluer cette première phase, je dirais tout simplement que si tous avaient adopté la position de la LDRG dès le 23 décembre 2008, nous aurions sans aucun doute pu éviter la répression de septembre 2009 qui a causé la mort de plus de 150 de nos frères et sœurs.

• Suite aux répressions de septembre 2009, s’engage la seconde phase de la transition. La grande majorité des propositions contenues dans la pétition pour une transition sereine et réussie étant reprise, à savoir : le transfert de la gestion de la transition des militaires vers des autorités civiles compétentes, la formation d’un gouvernement d’union nationale, la présence d’observateurs internationaux pour le suivi des élections, la force de sécurisation des élections, la reforme de l’armée, la caravane de réconciliation nationale et la révision de la Constitution. Toutes des propositions contenues dans la pétition pour une transition sereine et réussie. Vous me direz donc qu’a priori il n’y a plus aucun désaccord. Effectivement, il n’y avait plus aucun désaccord sur la forme, mais les désaccords sur le fond se font désormais jour, notamment sur le contenu de la réforme Constitutionnelle. En effet, suite aux accords du 15 janvier, la LDRG s’est immédiatement replacée dans une logique de participation citoyenne à la réforme Constitutionnelle, ce fut un vaste projet qui a connu la participation de plus d’un millier de guinéennes et guinéens à travers la planète, chacun proposant ce qu’il estime meilleur pour son pays. De par son caractère participatif, ce Projet Nouvelle République, dont j’ai eu l’honneur de présenter le 03 avril 2010, incarne les aspirations démocratiques de toute une Génération de guinéennes et guinéens. Ce projet, à travers les autorités diplomatiques guinéennes au Canada, est parvenu aux autorités de la transition en Guinée. Malgré tout, le CNT à de son côté proposé pour promulgation par décret, une Constitution hyper obscurantiste et permissive. De ce fait, au cours de cette seconde phase de la transition, pour garantir un minimum d’acquis démocratiques au peuple de Guinée, notamment l’indépendance de la justice, l’indépendance de la Banque centrale, la création d’un organe Anti-corruption et le Partage du pouvoir de manière à consolider l’unité de notre nation, comme lors de la première phase de la transition, la LDRG à mis en ligne une nouvelle pétition qui a enregistré jusqu’à ce jour 172 signataires. Au nom de la LDRG, j’ai également effectué 104 km de marche très pénible et consenti 12 longues journées de jeûne personnel. Alors, est-ce que ce sacrifice a servi à quelque chose au cours de cette seconde phase de la transition? Seule l’avenir nous le dira et je prie que nous n’en arrivons pas à un évènement à la hauteur des répressions de septembre 2009 pour en persuader l’establishment de la volonté de peuple de Guinée de sortir d’une démocratie de façade, pour enfin connaître une ère de démocratie authentique en Guinée.

Guinéennes et guinéens,

Pour définitivement savoir si la LDRG a mener la bonne lutte au cours de cette époque décisive de notre histoire, il suffit tout simplement de se poser la question suivante « si tous les guinéens agissaient comme le LDRG a agi en cette période de transition, qu’est-ce que deviendrait la Guinée? » Oui cher(e)s compatriotes, au cours de cette période de transition, si tous les guinéens avaient marché pour réclamer l’indépendance de la justice guinéenne, si tous les guinéens avaient marché pour réclamer l’indépendance de notre Banque centrale, si tous les guinéens avaient marché pour réclamer la création d’un organe Anti-corruption et le Partage du pouvoir de manière à consolider l’unité de notre nation, si tous les guinéens avaient agi comme la LDRG a agi en cette période de transition il n’y aucun doute que nous aurions réussi à débarrasser définitivement notre pays de cette culture de médiocratie, et à doter la Guinée de la meilleure architecture sociale possible nous permettant d’affronter de manière juste et équitable des défis socioéconomiques qui s’imposent à notre nation.

Quant à l’avenir de notre lutte, que ceux qui prédisent le déclin de la LDRG ne se fassent pas d’illusions, non seulement notre mobilisation ainsi que le Marathon pour la nouvelle république serons permanentes, mais de plus, nous avons l’intention de conserver notre place de force de proposition par excellence, et surtout de continuer à jouer le rôle de voix des sans voix dans l’environnement socioéconomique et politique guinéen.

Peuple de Guinée, très cher(e)s compatriotes,

Nous voilà finalement à la veille d’une élection importante pour notre nation. Pour des raisons de neutralité politique, vous l’aurez compris, je ne peux me permettre de vous donner des consignes de vote. Mais je vous invite, ce 27 juin 2010, à sortir massivement dans un esprit de paix pour vous rendre aux urnes afin d’exprimer librement votre choix. Ce sera cela notre première victoire démocratique. Respectez et aimez vos adversaires politiques, ce ne sont que vos adversaires. Si votre candidat est victorieux, exprimer votre joie modérément. Si votre candidat est vaincu, ayez foi en la démocratie et respectez le suffrage universel. Si vous contestez les résultats des urnes, explorer les voies légales prévues à cet effet et respectez les décisions finales du recours légal.

Peuple de Guinée, très cher(e)s compatriotes,

Enfin, au bout de cette longue transition hautement déterminante pour l’avenir de notre nation, souvenez-vous bien que, ni pour des raisons politiciennes ni pour des intérêts matériels et économiques, un Guinéen comme chacun de vous à payé de sa chaire en effectuant une marche pénible de 104 km, il a payé de son âme en jeûnant 12 longue journées, tout cela, pour l’indépendance de la Justice guinéenne, pour l’indépendance de notre Banque centrale, pour la création d’un organe Anti-corruption et le Partage du pouvoir de manière à consolider l’unité de notre nation. Que ceux qui croient en ce message et en cette lutte se joignent à nous, seule la vérité triomphera.

Honneur à la nouvelle Génération!

Vive le peuple du 28 septembre 1958!

Vive la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée!

Pour que vive la République! 

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