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ligue3.1.jpgDans leur publication du 5 juin 2011 intitulée « En Guinée, la transition n’est pas encore terminée », messieurs Vincent Foucher et Gilles Yabi, respectivement, Analyste principale pour la Guinée et Directeur de projet pour l’Afrique de l’Ouest au sein de l’organisation "International Crisis Group", ont décrit de manière éclairée les tenants et les aboutissants de la situation qui prévaut en Guinée quelques 6 mois après l’élection présidentielle qui a portée Mr Alpha Condé au pouvoir.

 

Dans leur publication du 5 juin 2011, messieurs Vincent Foucher et Gilles Yabi, contrairement à ce que la classe politique guinéenne prétend, dénoncent le caractère et les méthodes ethnocentristes des partis politiques guinéens dans leur conquête du pouvoir en Guinée. Les deux experts d’International Crisis Group mettent en garde contre les excès de l’ethnocentrisme comme arme politique pour la Guinée. De même, dans leur publication du 5 juin 2011, messieurs Vincent Foucher et Gilles Yabi ont bien souligné l’illégitimité des institutions politiques guinéennes sortant de la transition. À cet effet, les deux experts affirment clairement que : « … l’élection présidentielle a permis de sortir d’une longue période d’incertitudes mais elle n’a pas contribué à rassembler la population guinéenne autour de nouvelles institutions… ». 

 

Ces deux observations faites par les experts de "International Crisis Group" 6 mois après les élections présidentielles en Guinée viennent corroborer les raisons de lutte que la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée mène depuis les premières heures de la transition en Guinée. En effet, depuis l’ouverture de la période de transition en décembre 2008, deux logiques s’opposent en Guinée : d’une part, celle qui a voulu résumer une période de deux années de transition à une simple question d’élections. C’est l’écrasante majorité de la classe politique et de la société civile ; Et d’autre part, celle qui a toujours cru que la période de transition était l’occasion idéale pour doter la Guinée de fortes institutions de manière à démêler le caractère ethnique de la vie politique guinéenne, et à rassembler l’ensemble de la nation autour d’une nouvelle constitution adoptée par un référendum populaire. Cette deuxième logique est portée depuis décembre 2008 par la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée. Aujourd’hui, 6 mois après l’élection présidentielle, nos deux experts nous disent que rien n’est résolu en Guinée et qu’il y a toutes chances que le pire soit à venir.

 

Par ailleurs, même si la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée se réjouit que deux experts de prévention et de résolution de conflits d’une organisation aussi prestigieuse que "International Crisis Group" nous donnent raison dans notre vision sur la situation politique guinéenne, cependant, il n’en demeure pas moins que nous notons une certaine divergence d’approche dans les moyens d’empêcher la catastrophe que nos deux organisations voient arriver de manière inéluctable en Guinée.

 

En effet, messieurs Vincent Foucher et Gilles Yabi, à la conclusion de leur publication du 5 juin 2011, affirment que la seule manière d’éviter cette catastrophe consiste à tenir «…une concertation entre les partis politiques et le pouvoir pour trouver un accord sur le fichier électoral, la date des élections législatives et la composition de la commission électorale… ». Au sein de la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée, nous observons que nos deux experts prescrivent à nouveau les mêmes remèdes que ceux déjà prescrits avant l’élection présidentielle de novembre 2010 en Guinée. Pourtant, messieurs Vincent Foucher et Gilles Yabi ont bien révélé dans leur publication du 5 juin que ces remèdes n’ont pas produit les effets escomptés car, 6 mois après l’élection présidentielle, la Guinée se retrouve dans une situation encore plus explosive que la précédente.

 

Au sein de la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée, à présent que le mal est bien identifié (ethnocentrisme politique et illégitimité institutionnelle), nous croyons que le meilleur à faire pour rassembler la nation autour d’institutions légitimes et éviter définitivement cette catastrophe d’arriver en Guinée n’est plus de prescrire la même ordonnance. Pour rassembler la nation autour d’institutions légitimes et éviter cette catastrophe, il faut absolument se résoudre à doter la Guinée de lois et d’institutions fortes qui garantissent, entre autres :

 

1-L’Unité de la nation à travers un système de partage de pouvoir : la création d’une seconde chambre au sein de l’Assemblée nationale. Cette seconde chambre aura une fonction de représentation régionale, et de veille sur l’équité genre et l’équilibre ethnique dans les lois votés par le parlement et leurs applications. Un gouvernement issu de la majorité parlementaire avec un quota de représentation pour les forces politiques minoritaires au sein du parlement ;

 

2-La séparation des pouvoirs :l’indépendance de la Justice, de l’Assemblée nationale, de la Banque centrale, et de certains organes spéciaux (la commission électorale indépendante, la commission des droits de l’homme, le conseil national de la communication, l’organe anti-corruption, la commission de la fonction publique,…) ;

 

3-La neutralité politique des forces de sécurité et de l’administration publique : définir clairement au sein de la constitution les postes à pourvoir directement par l’exécutif, et ceux qui doivent faire l’objet de recrutement via la commission de la fonction publique ; Et

 

4-Le rétablissement de l’équilibre ethnique au sein des forces de sécurité et de l’administration publique : l’une des missions de la commission de la fonction publique qui devra rendre compte à la seconde chambre de l’Assemblée nationale ;

 

La Guinée n’est pas un gâteau à partager entre quelques acteurs politiques qui usent de l’ethnocentrisme et abusent depuis trop longtemps de la pauvreté et de l’analphabétisme des populations guinéennes. Nous invitons les organisations internationales à définitivement se résoudre au fait que les acteurs politiques guinéens ne sont plus des partenaires crédibles pour la paix, la sécurité et la stabilité sociopolitique en Guinée. Il y a une bonne frange de la population guinéenne qui ne se reconnaît pas dans la classe politique guinéenne. Il serait temps de porter attention à la voix de cette frange de société guinéenne qui n’a aucune velléité de pouvoir ou électorale. Les acteurs politiques guinéens doivent être contraints à jouer dans un cadre constitutionnel qui contient des garde-fous suffisamment forts. Voilà la raison pour laquelle, non seulement la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée refuse de reconnaître la constitution redigée à huit-clot et décrétée contre le peuple de Guinée, mais de plus, nous exigeons l'organisation d'un referendum populaire sur une Constitution garantissant des institutions suffisamment fortes pour contraindre la classe politique à respecter une certaine ethique et oeuvrer de manière responsable.

 

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG

Courriel : ligue50@gmail.com

Tag(s) : #Politique-Guinée