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ligue3.1.jpgDepuis le scrutin du 28 novembre 2010 en Côte d’Ivoire et la valse de proclamation des résultats qui s’en est suivi, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée exprime ses vives inquiétudes par rapport à l’évolution de la crise ivoirienne.

 

C’est convaincu que la solution à la crise ivoirienne réside aux mains des deux camps protagonistes que, dans une publication du 25 décembre 2010, la LDRG avait déjà recommandé d’écarter complètement l’option de la force militaire pour privilégier des sanctions ciblées et économiques, tout en œuvrant au rétablissement de la confiance entre le camp de Mr Alhassane Ouatara, vainqueur de l’élection du 28 novembre 2010, et celui du président sortant, Mr Laurent Gbagbo.

 

  • Dans un premier temps, nous nous félicitons que l’option de la force militaire soi finalement relégué au second plan par les parties prenantes et les différents médiateurs de la crise ivoirienne.
  • Cependant, dans un second temps, nous observons que en dépit des successives missions de médiations menées par l’Union Africaine et la CEDEAO, la confiance est loin d’être rétablie entre le camp de Mr Alhassane Ouattara et de celui de Mr Laurent Gbagbo. Tout au contraire, la crise est entrain d’emprunter au fur à mesure une tournure violente très préjudiciable à une solution négociée et pacifique. Selon les chiffres de l’ONU, il y aurait à ce jour plus de 300 morts depuis le 28 novembre 2010.

Parce que la solution à la crise ivoirienne réside aux mains des deux camps protagonistes, à ce stade de la crise ivoirienne, comme à ses débuts, la LDRG reste convaincu que la priorité de toute médiation doit être avant tout de rétablir la confiance entre le camp de Mr Alhassane Ouattara et celui de Mr Laurent Gbagbo.

 

Tous (ONU, CEDEAO et UA) nous nous accordons sur le fait que Mr Alhassane Ouattara est le seul candidat démocratiquement élu de la Côte d’Ivoire suite au scrutin du 28 novembre 2010. De même, il est évident pour tous que l’argumentaire juridique, institutionnel et constitutionnel avancé par le camp de Mr Laurent Gbagbo ne peut en aucun cas remettre en cause les résultats du scrutin du 28 novembre 2008. Mais ce que nous omettons tous de reconnaître aujourd’hui est le faite que ce n’est pas en tant que tel l’accrochage de Mr Laurent Gbagbo au pouvoir qui est la crise. Cet accrochage au pouvoir n’est que le symptôme et la manifestation de la crise ivoirienne. Derrière cet accrochage réside la véritable crise ivoirienne dont les accords de paix de Ouagadougou n’ont pas permis de résoudre : la réunification du pays; le redéploiement de l’administration; la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national; la fin effective du contrôle politique, économique et militaire des Forces Nouvelles au nord du pays; le désarmement et l’intégration des Forces Nouvelles et des milices pro-Gbagbo dans les forces de sécurité et de défense de la Côte d’Ivoire; et enfin, la question du fichier et du processus électoral. Dans les accords de paix de Ouagadougou, seul la question du fichier et du processus électoral est allé jusqu’au bout. C’est justement parce que les autres ingrédients de la crise n’ont pas été résolus que nous sommes encore à ce stade.

 

Toute solution de sortie de crise doit commencer par amener les deux camps protagonistes à admettre l’échec du processus de paix de Ouagadougou. Mr Alhassane Ouattara (candidat vainqueur des élections du 28 novembre 2010 et reconnu par la communauté internationale) et Mr Laurent Gbagbo (président sortant) doivent reconnaître l’échec du processus de paix de Ouagadougou. Chacun des deux camps doit non seulement reconnaître sa part de responsabilité dans l’échec du processus de paix de Ouagadougou, mais aussi et surtout, admettre le principe selon lequel « un processus de paix ne peut se résumer à de simples élections ». Tant et aussi longtemps que les deux camps protagonistes n’adhèreront pas à ce principe, il y a de très fortes chances que les violences prennent le dessus dans la crise ivoirienne. De même, toute médiation qui échouera à mettre d’accord les deux camps sur ce principe aura très peu de chance de réussir. C’est une question de réalisme.

 

En considérant plausible l’hypothèse de l’adhésion des deux camps au principe selon lequel « un processus de paix ne peut se résumer à de simples questions d’élections », alors il s’agira dans la seconde phase de rétablir la confiance entre les deux camps. Rétablir la confiance entre les deux camps consiste, dans un premier temps, à prévoir et organiser sous les auspices du panel de chefs d’État délégués par l’UA, en Côte d’Ivoire et à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, une série de rencontres entre Mr Alhassane Ouattara et Mr Laurent Gbagbo. Au cours de ces rencontres, Mr Alhassane Ouattara et Mr Laurent Gbagbo procéderont, sans aucune condition de départ, à des négociations en vue de redéfinir un nouveau processus de paix qui débloquera la crise et sauvera la Côte d’Ivoire d’une guerre civile totale. Les 3 principales directives du nouveau processus de paix qui ne devra pas excéder 10 mois seront :


  • 1-D’aller au bout du processus de réunification, de désarmement et de réintégration des forces et milices armées : le redéploiement de l’administration; la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national; la fin effective du contrôle politique, économique et militaire des Forces Nouvelles au nord du pays; et enfin, le désarmement et l’intégration des Forces Nouvelles et des milices pro-Gbagbo dans les forces de sécurité et de défense de la Côte d’Ivoire. Il faudra aussi rajouter désormais le retour des populations réfugiées.
  • 2-De procéder à l’élection d’une Assemblée constituante qui procédera à la révision de la Constitution ivoirienne : la révision de la Constitution aura principalement pour but, non seulement de doter la Côte d’Ivoire d’un régime politique adéquat à sa société, mais aussi, de déconcentrer le pouvoir, d’assurer l’indépendance politique des forces armées, et de favoriser une participation de tous les citoyens ivoiriens à la conduite de leur pays.
  • 3-D’organiser un partage du pouvoir entre les deux camps tout en confiant les organes et les ministères décisifs dans l’exécution du nouveau processus de paix à des personnalités consensuelles et neutres.

Ainsi, c’est seulement après avoir rempli ses trois principales directives au bout de 10 mois qu’une date sera fixée pour les élections présidentielles censées mettre un terme au nouveau processus de paix, et annoncer le retour de la Côte d’Ivoire à la vie démocratique normale.

À ce stade de la crise ivoirienne, c’est la feuille de route que la LDRG propose comme solution de sortie de crise pacifique. Mais nous reconnaissons que cette feuille de route requiert une grande humilité de la part des deux protagonistes, notamment de la part du candidat vainqueur au scrutin du 28 novembre 2010 et reconnu par la communauté internationale. C’est la raison pour laquelle la souplesse de la communauté internationale est fortement requise pour faciliter les pas des deux protagonistes vers la table du dialogue.

 

" Cela dit, la présence de l’ONU doit être effective et renforcée en Côte d’Ivoire jusqu’au dénouement total de la crise. Le Conseil de sécurité doit autoriser les forces de l’ONU à user de leurs armes dans certaines circonstances. L’ONU sera la garante de l’éventuel nouveau processus de paix, elle aura un rôle contraignant en cas de mauvaise foi constatée ou de non respect des engagements pris par l’un des deux camps "

 

Malgré que l’espoir d’une résolution pacifique de la crise ivoirienne s’évanoui de jour en jour, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée croît encore en la force du dialogue et en la capacité du peuple ivoirien à surmonter cette épreuve difficile de son histoire.

 

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG

Courriel : ligue50@gmail.com  

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest