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ligue3.1.jpgDepuis le scrutin présidentiel du 28 novembre 2010 opposant le Mr Alhassane Ouattara à Mr Laurent Gbagbo, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée suit avec grand intérêt l’évolution de la crise postélectorale née du refus du président sortant (Mr Laurent Gbagbo) de céder la place au président démocratiquement élu de la Côte d’Ivoire (Mr Alhassane Ouattara).

 

En apprenant ce lundi 11 avril 2011, quatre mois après le début de cette crise postélectorale, que Mr Laurent Gbagbo a finalement cédé de force la place au candidat élu et reconnu par la communauté internationale, c’est d’abord un sentiment de réjouissance qui raisonne chez les démocrates réformistes que nous sommes. Nous sommes très réjouis du fait que, après quatre mois de crise intense, la vérité des urnes ait finalement eu raison sur la réalité du terrain en Côte d’Ivoire. Nos félicitations vont au camp de Mr Alhassane Outtara, ainsi qu’à la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire qui a fait un travail remarquable. À présent, nous souhaitons que le peuple de la Côte d’Ivoire choisisse comme seule arme de réconciliation et de reconstruction l’amour du prochain et de la Côte d’Ivoire. Tous nos soutiens accompagnent le Président élu Alhassane Ouattara dans cette tâche ardue de réconciliation et de reconstruction.

 

Cela dit, dès le début de la crise ivoirienne au lendemain du scrutin du 28 novembre 2010, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée avait préconisé comme issu l’emploi du dialogue et le rejet de la force et de la violence. Ce ne fut pas le cas. Malgré la bienveillance de l’ONUCI, les violences postélectorales en Côte d’ivoire ont entraîné au moins un millier de morts et des centaines de milliers de refugiés. Certaines organisations humanitaires internationales ont qualifié ces violences postélectorales de crimes contre l’humanité. Quelque soit l’issue de la crise ivoirienne, nul ne peut aujourd’hui être fière de ce bilan catastrophique. Aurait-il été possible d’éviter ces crimes aux conséquences encore incalculables pour la Côte d’Ivoire? Aurait-il été possible de sauver des vies et aboutir à une sortie de crise pacifique? Bien évidemment que oui. Par le dialogue, par le dialogue et encore par le dialogue nous aurions pu. À un moment où à un autre, il va bien falloir le reconnaître : parce que la violence a pris le dessus, le processus de paix fut un échec en Côte d’Ivoire. Les raisons pour lesquelles la violence à pris le dessus sont certainement complexes et diverses, mais l’avenir nous en éclairera sans doute.

 

Pour les démocrates réformistes que nous sommes, il est encore très tôt de tirer les leçons du dénouement par le bas de la crise ivoirienne. En effet, ce dénouement par le bas pose des questions très importantes dont l’avenir proche révèlera les réponses : d’abord, quelle suite la communauté internationale et la Cour Pénale Internationale donneront par rapport aux responsabilités des crimes commis durant les violences postélectorales en Côte d’Ivoire? Puis, quelle politique de réconciliation nationale le Président élu mettra-t-il en œuvre? Et enfin, il y a suffisamment d’élections en vue sur le continent africain pour démontrer si, en termes de ferme implication de la communauté internationale en faveur de la démocratie, le cas ivoirien restera-t-il une exception ou deviendra-t-il une règle en Afrique?

 

Pour les démocrates réformistes que nous sommes, les réponses à ces questions sont d’une importance capitale car tout message contradictoire donné par la communauté internationale suite à ce dénouement par le bas de la crise ivoirienne provoquera une forte méfiance des opinions publiques africaines face à la force internationale. En effet, tout message contradictoire aura pour conséquence immédiate de nourrir et renforcer les sentiments nationalistes dévastateurs pour l’Afrique dans son ensemble.

 

Tout en honorant les innocentes victimes des violences postélectorales en Côte d’Ivoire, nous prions que la force de l’amour guide le peuple ivoirien dans son chemin de réconciliation et de reconstruction.

 

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest