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JAEMonsieur le Président,

 

La JAE est une jeune organisation panafricaine se voulant être une plate forme d’échanges et de propositions pour l’avenir et le bien être des peuples sur le continent africain.

 

Nous suivons avec beaucoup d’intérêt et de préoccupation les évènements politiques récents qui ont et continuent de secouer le continent africain.

 

Solidaires de la jeunesse ivoirienne prise en étau dans le conflit ivoirien, nous avons appelé à la paix et à la responsabilité des dirigeants ainsi que des organisations africaines impliquées dans la résolution de ce conflit.

 

Nous avons rappelé que l’option armée devrait  être jusqu’au bout évitée car ce pays n’avait que trop souffert des conflits, et vivement souhaité qu’une issue pacifique soit trouvée à la crise. Nous avons appelé la jeunesse ivoirienne à ne pas céder à la tentation de servir de milices armées et de tirer contre un propre frère sur le seul motif d’une divergence d’orientation politique.

 

Nous avons par la suite, monsieur le Président,  suivi avec beaucoup d’intérêt les vagues de révoltes ayant abouti à la libération des peuples tunisiens et égyptiens. Nous nous sommes réjouis de ce nouvel avenir qui s’ouvrait devant eux, tout en restant vigilants face à l’évolution de la situation, conscients que pour ces peuples tout est à refaire.

 

 

La vague de révolte a atteint la  Libye depuis quelques jours, et  les mots nous manquent pour décrire l’horreur  de la situation.

Les chaines de télévision du monde entier ont rediffusé les discours du colonel Kadhafi dont l’intention clairement annoncée était de provoquer un bain de sang

 

Ces menaces ont été mises à exécution. Les morts se décomptent par milliers, et le massacre se poursuit dans le non respect total  des règles humanitaires internationales pour les blessés qui sont parfois traqués jusque dans les hôpitaux.

 

Selon certains témoins les milices armées vident même les hôpitaux des poches de sang devant servir à soigner les blessés. Les familles de victimes ont peur de sortir enterrer leurs morts de peur d’être identifiées et de subir le même sort.

 

Monsieur le Président, depuis le début de ce conflit nous avons les yeux fixés sur l’Union Africaine dans l’attente de réactions. A ce jour,  hormis votre communiqué du 23 février 2011 faisant état de votre préoccupation et de votre appel à une  cessation immédiate des violences, nous n’avons eu vent d’aucune autre réaction.

 

Nous n’avons aucune résolution adoptée par le conseil de paix et de Sécurité de l’UA en dehors de celle du 22 Février 2011 où en plus de  sa préoccupation face à la situation en Libye, il faisait état de la mission d’urgence qui serait dépêchée sur le terrain pour évaluer la situation.

 

Monsieur le Président, notre culture africaine et les valeurs que nous prônons au sein de la JAE nous imposent le respect. Je vous demande donc de ne voir dans mes propos rien d’autre que l’expression de l’incompréhension de milliers de jeunes africains qui se demandent comme moi aujourd’hui :

 

-  «  Que font les chefs, d’états africain » ?

-  «  Que fait l’Union Africaine » ?

-  « JUSQU'A QUAND ? » 

 

-  Jusqu’à quand le colonel Kadhafi pourra penser qu’il est en droit de braver les droits humains fondamentaux, ainsi que les institutions internationales auxquelles la Libye appartient ?

 

-  Jusqu’à quand le Conseil de Paix et de Sécurité aura à observer la situation avant de décider de l’urgence d’une intervention armée pour protéger les civils Libyens ?

 

-   Jusqu’à quand nous jeunes africains, fiers de notre continent et désirant qu’il se prenne en main, attendrons que nos institutions soient les premières à intervenir sur les dossiers sensibles du continent ?

 

 

Nous avons pris acte de la résolution votée par le conseil de sécurité de l’ONU qui a fait état des premières sanctions contre la Libye, nous aurions souhaité que les premières sanctions viennent de L’Union Africaine.

 

Nous avons pris acte du discours du président des USA appelant à la démission de l’actuel président de la Libye,  nous aurions souhaité que ces déclarations viennent en premier des chefs d’états africains ou de la Présidence de la commission de l’Union Africaine.

 

 

Permettez-moi monsieur le Président, de terminer en paraphrasant le conseil de sécurité de l’ONU :« L’impunité n’est plus une option ».

 

Monsieur le Président, pouvons nous encore espérer aujourd’hui que la sauvegarde des vies humaines prenne priorité sur le respect d’un code diplomatique interdisant le droit d’ingérence ?

 

L’Afrique est un peuple, avec des frontières certes, mais un peuple. Et quand les nôtres, qui portent juste un nom différent en raison du territoire sur lequel ils habitent souffrent, alors c’est nous tous qui souffrons. Car libyens, éthiopiens, égyptiens, tunisiens, ivoiriens, soudanais ou autres, nous ne saurions êtres autre chose avant tout que des AFRICAINS.

 

 

Fait à Tours le 27 Février 2011

 

Pour la JAE/AYE

Delali Attiopou

Presidente

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest