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Pendant deux jours, les 16 et 17 novembre, des experts venus de tous les pays sont réunis à Alger dans le cadre du Forum global de lutte contre le terrorisme (FGLT). Ils débattront notamment de la menace d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui inquiète de plus en plus les pays du Sahel.

Deux mois après la chute de Mouammar Kaddafi, quelque 150 experts internationaux sont réunis dans la capitale algérienne afin de discuter de la menace terroriste. Les 16 et 17 novembre, le Forum global de lutte contre le terrorisme (FGLT) accueille des débats à huis clos au Palais des Nations dans la banlieue d'Alger, afin de répondre aux craintes exprimés par plusieurs pays, et notamment l’Algérie, quant à la menace grandissante du terrorisme au Sahel. Plusieurs thèmes seront abordés au cours de cette conférence coprésidée par les États-Unis et la Turquie, dont notamment la sécurité frontalière, la coopération entre polices, la lutte contre le financement du terrorisme, la coopération juridique

« Je pense qu'il est prématuré de dire que la menace a augmenté mais il est important d'être très prudent et d'agir ensemble (...) pour nous assurer que le niveau de la menace n'augmente pas », a estimé pour sa part Daniel Benjamin, le coordonnateur américain pour la lutte anti-terroriste au Département d'État. L’expert a tout de même reconnu que la prudence était de mise dans cette région ou Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a de fortes possibilités de regrouper des fonds et des combattants.
« Il faut être très prudent et œuvrer pour s'assurer que la menace ne s'accroisse pas »

Mokhtar Belmokhtar, un chef d’Aqmi, avait en effet déclaré récemment que ses hommes avaient « été les plus grands bénéficiaires des révolutions dans le monde arabe », précisant que « pour ce qui est de l'acquisition, par nous, de l'armement en Libye, c'est une chose tout à fait normale ».

Le 14 novembre à Alger, le chef du groupe de travail spécialisé américain sur les missiles sol-air portables (Manpads), Derrin Smith, avait lui estimé qu'il n'y a pas de « preuves, d'indications confirmées qu'il y a des Manpads libyens tombés entre les mains de malfaiteurs ou de groupes terroristes ».

Des déclarations qui pourraient déplaire à l’Algérie, qui appelle à une mobilisation forte de la communauté internationale. Rezzag Bara, le conseiller auprès du président de la République algérien, a en effet plaidé pour une aide extra-régionale au Sahel, « une région d’intérêt central pour toute la communauté internationale lorsqu’il s’agit de la lutte contre le terrorisme transnational ».

Liens Aqmi-Boko Haram

Autre question à l’ordre du jour, la menace Boko Haram, un groupe terroriste islamiste qui a revendiqué plusieurs attentats meurtriers au Nigeria. Les experts internationaux tentent de déterminer les liens entre ce groupe et les combattants d’Aqmi, qui utilisent les mêmes « méthodes » terroristes, notamment les enlèvements d’Occidentaux. « La progression rapide de Boko Haram (...) fournit une forte preuve (...) que des relations ont bel et bien lieu entre Boko Haram et Aqmi ou Al-Shabab (radicaux islamistes de Somalie) ou peut-être avec les deux à la fois », estime une récente étude du centre américain des études stratégiques Stratfor, organisme privé basé au Texas.

L’analyse est partagée par Manuel Lopez Blanco, l'envoyé spécial européen à cette conférence d'Alger et coordinateur de la stratégie de l'UE pour le Sahel. Aqmi et Boko Haram auraient le « même agenda » et une « coopération probable en matière d'entraînement, de facilitation de refuge et de déplacement de leurs éléments respectifs », selon ses propos rapportés par l’APS.

Outre cette première réunion du FGLT, Alger a accueilli les 7 et 8 septembre une conférence sur le partenariat, la sécurité et le développement au Sahel entre pays sahéliens et partenaires occidentaux. Depuis 2010, quatre pays (Algérie, Mali, Mauritanie, Niger) coopèrent sur la lutte antiterroriste dans le cadre du Comité des états-majors opérationnels conjoints (Cemoc), et coopèrent dans le renseignement.

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest