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GN_NUTS1_FRS.jpgLa Guinée, enfant malade de l'Afrique de l'Ouest, s'enfonce. Un coup d'État en décembre dernier, puis la tentative d'assassinat il y a dix jours contre le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, ont placé le pays au bord de l'abîme.

La médiation de crise, confiée il y a huit mois au président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, s'enlise. Les militaires au pouvoir à Conakry renâclent à faire les concessions réclamées. De son côté, l'opposition démocratique, menée notamment par les anciens premiers ministres Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo, rechigne à donner toute sa confiance à un ex-capitaine putschiste comme Compaoré. Le désaccord se noue autour de la possibilité pour les galonnés de se présenter à d'éventuelles élections présidentielles.

Dimanche, le groupe de con­tact international sur la Guinée,- qui regroupe la France, les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Union Africaine - s'est réuni en urgence à Ouagadougou. Sans l'avouer, les diplomates considèrent que le silence forcé de Dadis pourrait représenter une petite chance de remettre la Guinée sur la voie d'une transition démocratique. Michael Fitzgerald, le sous-secrétaire d'État adjoint américain pour l'Afrique, estime ainsi que le seul objectif de Moussa Dadis Camara était de se maintenir au pouvoir. Et de flatter le nouvel homme fort de Conakry. «Ce n'est pas l'impression que nous donne le général Konaté, même s'il est trop tôt pour pouvoir se faire réellement une opinion sur la question.»

Déclarations bellicistes

L'objectif affiché par la communauté internationale se veut modeste : stabiliser l'armée, minée par des rivalités internes, et organiser au plus vite un scrutin général. Dimanche , le groupe de contact a recommandé à nouveau «la mise en place rapide d'une nouvelle entité de transition» et l'envoi préventif à Conakry «d'une force de protection des civils et d'assistance humanitaire».

Les propositions internationales se sont heurtées à une violente fin de non-recevoir. Le colonel Moussa Keita, fidèle du chef de la junte, a affirmé que tout déploiement de troupes en Guinée serait vu «comme une déclaration de guerre». Face à ces déclarations bellicistes, la communauté internationale agite la menace de sanctions économiques plus dures. Sans certitude d'être entendue. Pékin, grand absent de la médiation et partenaire économique majeur de la Guinée, garde en effet le silence.

Tant en Europe qu'aux États-Unis, on s'inquiète d'un conflit en Guinée qui pourrait déstabiliser les pays frontaliers. La Côte d'Ivoire, mais surtout le Liberia et la Sierra Leone à peine sortis de sanglantes guerres civiles, ne sont pas à même de protéger leurs frontières. D'autres États voisins, comme la Guinée-Bissau, ne résisteraient sans doute pas mieux à un déchaînement de violences à leurs portes.

Source: http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/15/01003-20091215ARTFIG00022-guinee-la-communaute-internationale-sur-le-qui-vive-.php

Tag(s) : #Politique-Guinée