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mohamed-elbaradei.jpgAu lendemain de nouvelles manifestations au Caire et dans plusieurs villes, l'ancien patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, était en route vers l'Egypte, jeudi 27 janvier. Auparavant, il a réclamé le départ du président Hosni Moubarak. "Il sert le pays depuis trente ans et il est temps qu'il se retire", a lancé M. ElBaradei depuis Vienne, où il a passé plusieurs semaines. Dans un premier temps, Mohamed ElBaradei avait promis d'être "avec les manifestants", mais indiquait qu'il ne prendrait pas la tête du mouvement de contestation. Il s'est ensuite dit prêt à "mener la transition" politique si la population le lui demandait.

Mohamed ElBaradei ne dispose pas d'un parti reconnu ni de soutien solide au Parlement. Avec son mouvement, l'Association nationale pour le changement, il plaide pour des réformes démocratiques et sociales et pour des amendements constitutionnels limitant le pouvoir quasi pharaonique exercé par le président. Depuis son départ de l'AIEA, il tente de revenir dans le jeu politique égyptien en se posant comme une alternative à Hosni Moubarak.

Dans un entretien publié jeudi par l'hebdomadaire américain Newsweek, M. ElBaradei avait justifié son retour au Caire, parce qu'"il n'y a pas de choix"."Chaque jour, il devient plus difficile de travailler avec le gouvernement Moubarak, même pour une transition, et pour de nombreuses personnes avec qui vous parlez en Egypte, ce n'est désormais plus une option", a commenté l'ancien patron de l'AIEA. "Pour eux, la seule option est un nouveau départ".

Le président Moubarak n'a, pour le moment, pas fait de déclaration publique depuis le début du mouvement de contestation. Selon CNN, qui cite anonymement un haut responsable égytien, le gouvernement ne prévoit "pas de gros changement pour le moment".

NOUVELLES MANIFESTATIONS

Les autorités s'attendent à une mobilisation massive, vendredi, à l'appel de plusieurs mouvements de jeunes et partis d'opposition, dont les Frères musulmans. Le Mouvement du 6-Avril, fer de lance de la protestation, appelle à descendre dans la rue, jeudi et vendredi.

Si la situation était relativement calme jeudi au Caire, où les forces de police quadrillaient le centre-ville, des accrochages ont opposé dans l'après-midi plusieurs centaines de manifestants aux forces de l'ordre dans plusieurs villes du nord-est de l'Egypte. Selon des témoins, un manifestant a été tué par la police lors d'accrochages dans la localité de Cheikh Zouwayed, dans le nord du Sinaï.

Dans le port de Suez, des manifestants ont incendié un poste de police et une caserne de pompiers, après avoir lancé des cocktails Molotov sur la police, a constaté un photographe de l'AFP sur place. Les policiers anti-émeute ont eu recours aux gaz lacrymogènes, aux balles en caoutchouc et aux canons à eau pour les disperser. Des centaines de manifestants étaient réunis pour réclamer la libération des personnes arrêtées lors de violentes manifestations mardi et mercredi, environ 75 selon une source au sein des services de sécurité.

"La police garde un maximum de retenue mais lorsque se produisent des moyens d'expression illégitimes ou des destructions, elle intervient", a commenté jeudiMagdy Rady, porte-parole du gouvernement, pour justifier la "fermeté" employée à Suez face aux actes de vandalisme.

A Ismaïliya, le long du canal de Suez, des témoins ont fait état de tirs de gaz lacrymogène de la part des membres des services de sécurité à l'encontre des manifestants, qui ripostaient par des jets de pierres. Une dizaine de personnes ont été arrêtées avant le début de la manifestation, ont-ils ajouté.

Selon un bilan officiel, au moins six personnes, dont deux policiers, ont été tuées depuis mardi en Egypte et plus de 1 000 manifestants arrêtés.

Source: http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/01/27/egypte-elbaradei-demande-le-depart-de-moubarak_1471522_3218.html

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest